Affiché depuis des années en haut de page de l’Apple Store lorsqu’on veut acheter un Mac, l’onglet « Passer du PC au Mac » s’aligne plus que jamais à l’objectif revendiqué par Apple au travers de son MacBook Neo : rafler un maximum de jeunes utilisateurs de Windows pour les convertir durablement à son propre écosystème. Mais l’appareil a-t-il vraiment les moyens de cette ambition ? Voici quelques éléments de réponse.

Le petit MacBook Neo. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Le petit MacBook Neo. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Coloré, compact et animé par macOS, comme n’importe lequel de ses grands frères, le nouveau MacBook Neo est l’incarnation même du produit d’appel, une nouvelle porte d’entrée assumée dans l’environnement Apple. Ce nouveau MacBook Neo n’en est pas moins animé par une modeste puce d’iPhone : l’A18 Pro — un SoC nettement moins rapide que celui des autres MacBook, couplé qui plus est à seulement 8 Go de mémoire vive.

Cet arbitrage rigoriste, qui fait tousser bien des commentateurs, et auquel Apple ne nous avait jamais confrontés jusqu’à présent sur le Mac, a néanmoins une vertu : permettre à l’entreprise de livrer l’ordinateur portable le moins cher de son histoire. Le MacBook Neo s’avance en effet sur le marché français à 699 ou 799 euros en fonction de la configuration choisie. De quoi tailler des croupières (ou du moins essayer de le faire) aux nombreux modèles IdeaPad, Aspire, Vivobook ou encore Pavilion proposés par Lenovo, Acer, ASUS et HP pour ne citer qu’eux.

Mais à défaut de pouvoir rivaliser avec les derniers MacBook Air et MacBook Pro (désormais équipés de puces M5, M5 Pro ou M5 Max et d’un minimum de 16 Go de RAM), le nouveau MacBook Neo parvient-il tout de même à tenir la route face aux puces milieu de gamme d’AMD, Intel et Qualcomm équipant les PC portables abordables de la concurrence ? En attendant notre test complet de ce nouveau produit, voici un premier état des lieux de ce que nous propose Apple en la matière.

MacBook Neo, présentations…

Un iPhone 16 Pro réincarné en MacBook. En caricaturant un peu, c’est comme ça qu’on pourrait présenter le MacBook Neo. L’appareil embarque effectivement la même puce que l’iPhone haut de gamme de 2024, l’A18 Pro, mais avec un cœur GPU ayant été escamoté au passage.

En dépit de cette partie graphique légèrement castrée (5 cœurs GPU sur le MacBook Neo au lieu de 6 cœurs sur l’iPhone 16 Pro), la puce qui palpite à l’intérieur du petit Neo conserve les mêmes caractéristiques techniques que celle installée à bord des iPhone 16 Pro il y a presque deux ans. On y retrouve ainsi 6 cœurs CPU (2 cœurs de performance et 4 cœurs à haute efficacité énergétique), une prise en charge native du ray-tracing, un Neural Engine à 16 cœurs consacrés à l’IA et 8 Go de mémoire vive unifiée.

Apple MacBook Neo
Deux ports USB-C... dont un limité au standard USB 2.0. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Le coloris Jaune agrume. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic
Le clavier est proche de celui des MacBook Air. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Deux remarques pour planter un peu plus le décor :

  • Apple ne propose pas d’option 16 Go sur le MacBook Neo pour une raison technique liée à la conception même de l’A18 Pro, gravé en 3 nm par un certain TSMC… qui s’est également chargé du « packaging » de ce processeur. Dans le détail, les 8 Go de mémoire vive sont fixés directement au-dessus du SoC à l'aide du dispositif d’empilement 3D Integrated Fan-Out Package on Package (InFO-PoP) de TSMC. Cet empilement 3D permet d'obtenir un module hypercompact. Les 8 Go de mémoire LPDDR5X n’occupent ainsi pas plus que les 100 mm² de surface de la puce. Un avantage indéniable il y a deux ans pour l’iPhone, où chaque millimètre carré compte, qui se transforme aujourd’hui en inconvénient pour le MacBook Neo. Ce dernier se contente par conséquent d’une faible quantité de RAM en 2026, tout en se privant de toute perspective d’évolution.
  • Côté bande-passante mémoire, le MacBook Neo n’est pas à la fête non plus. En la matière, Apple assure le service minimal avec 60 Go/s seulement au compteur. Pour vous donner quelques points de repère, le nouveau MacBook Air M5 monte à 153 Go/s, tandis que le MacBook Air M4 affichait l’an dernier 120 Go/s. Pour retrouver une bande-passante mémoire équivalente à celle de l’A18 Pro installée sur notre MacBook Neo, il faut donc remonter en 2020 et au lancement du MacBook Air M1, qui affichait alors un peu plus de 68 Go/s.
Le MacBook Neo, de face. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Comme n’importe lequel des MacBook Air, le MacBook Neo a par contre un énorme avantage sur les nombreux modèles entrée / milieu de gamme de la concurrence. Il est en effet dénué de système de dissipation actif et fonctionne donc dans le silence le plus absolu. Une approche « fanless » que les modèles Windows vendus à moins de 800 euros sont malheureusement loin de pouvoir répliquer. Même le Surface Laptop de 13 pouces, l’un des principaux rivaux du MacBook Neo pourtant équipé d’une puce ARM Snapdragon X Plus, ne peut se défaire d’un ventilateur intégré.

Quelles performances pour le petit modèle abordable d’Apple ?

Ce que l'on peut dire à l'issue de notre première salve de tests lancée sur le petit MacBook Neo, c'est que sans faire de miracle, l'appareil s'avère globalement bien plus réactif que ce que nous aurions imaginé au départ.

S'il nous faudra une durée d'essai un peu plus longue pour nous faire une opinion complète sur ce que nous propose ici Apple (nous avons reçu le MacBook Neo en fin de matinée ce 10 mars), force est d'admettre que l'optimisation forcenée de macOS permet d'extirper autant de performances que possible de ce couple A18 Pro / 8 Go de LPDDR5X. Les seuls ralentissements que nous avons pu observer sont intervenus de manière très ponctuelle lorsque nous avons branché un Studio Display (en définition 4K) à notre MacBook Neo.

Les résultats comparatifs sur Cinebench R24. © Clubic
Résultats Cinebench R24
Résultats Cinebench R26

Ce que l'on constate en benchmark, cependant, c'est que les résultats de l'A18 Pro en multi-core sont loin d'inquiéter la concurrence. Sur Cinebench R24, que nous utilisons depuis des années comme outil de référence pour évaluer les performances de tous les modèles testés sur Clubic, l'ancienne puce de l'iPhone 16 Pro est moitié moins rapide qu'un simple Snapdragon X Plus X1P-42-100, lancé par Qualcomm en septembre 2024. Sur ce même terrain, la puce d'Apple est aussi devancée par les puces Meteor Lake et Lunar Lake d'Intel, ainsi que par les solutions Krackan Point d'AMD. Rien d'étonnant ici, l'A18 Pro est limitée à 6 cœurs CPU, contre un minimum de 8 cœurs pour l'ensemble des autres puces testées et recensées dans le tableau ci-dessus.

Sur le plan des performances single-core, toujours sur le même outil, le bilan est d'ailleurs nettement plus positif. L'Apple 18 Pro de notre MacBook Neo surclasse alors sans broncher l'Apple M1, l'Apple M2 et même l'Apple M3, ainsi que la totalité des puces milieu de gamme lancées en 2023-2024 par AMD, Intel et Qualcomm. Ces SoC, massivement utilisés par les PC portables à moins de 800 euros actuellement disponibles dans le commerce, sont tout bonnement balayés par le Petit Poucet d'Apple et sa puce d'iPhone.

Les résultats sur Shadow of the Tomb Raider. © Clubic
Résultats du NPU sur Geekbench AI
Résultats du GPU sur Geekbench 6
Résultats du CPU sur Geekbench 6
Résultats du SSD de 256 Go. © Clubic

En revanche, les performances graphiques de l'appareil ne resteront pas dans les mémoires. On sent qu'Apple vise ici les jeux 3D peu gourmands et / ou les titres minimalistes de son catalogue Apple Arcade. Ne vous attendez pas à grand-chose de plus sur ce terrain. Si vous voulez vraiment jouer sur le MacBook Neo, ce sera surtout à travers une offre de Cloud Gaming comme GeForce Now. Pour preuve, en calcul local, sur Shadow of the Tomb Raider, nous enregistrons en effet des résultats très modestes, comparables à ceux du Snapdragon X (X1-26-100) de l'ASUS ZenBook A14. En Full HD+, avec les réglages moyens et le filtrage anisotropique x2, nous ne dépassions pas les 18 FPS en moyenne.

Autre bémol : le SSD. Ici, Apple renoue avec ses vieux démons en nous limitant à des vitesses de transferts mollassonnes : 1466 Mo/s en écriture et 1581 Mo/s en lecture. Les SSD M2 PCIe Gen 4 logés dans les PC portables de la concurrence feront mieux, c'est certain… et c'est bien dommage.

Le logo Apple est « mat » sur ce modèle. © Nathan Le Gohlisse pour Clubic

Résolument taillés pour la bureautique, le multimédia, et a priori pas grand-chose d'autre, le MacBook Neo et sa puce A18 Pro délivrent un niveau de performances suffisant pour tenir la cadence sur les tâches du quotidien et les usages les plus courants. L'objectif n'est pas d'impressionner, car personne ne le sera, mais de remplir les fonctions basiques d'un ordinateur portable aux finitions léchées, qui fait d'ailleurs bonne impression sur tout le reste… mais ça, nous y reviendrons dans le test complet de l'appareil, à venir dans les prochains jours sur Clubic.

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