Apple a lancé son Mac le moins cher depuis des années avec une puce d'iPhone sous le capot. Les premiers benchmarks viennent de tomber. Et ils racontent exactement ce qu'Apple a préféré taire lors de l'annonce.

Depuis l'annonce du MacBook Neo, une question restait en suspens : qu'est-ce que ça donne vraiment ? Apple avait communiqué sur des performances « jusqu'à 50% supérieures pour les tâches courantes » face à un PC équipé d'un Intel Core Ultra 5. Une comparaison flatteuse, et surtout soigneusement choisie. Pour comprendre ce que vaut réellement la machine, il faut regarder là où Apple préfère ne pas regarder : face au reste de sa propre gamme.
Des chiffres qui replacent le Neo à sa juste valeur
Les premiers scores Geekbench, rapportés par nosn confrères de MacRumors, donnent une image précise. Le MacBook Neo obtient 3 461 points en monocœur, 8 668 en multicœur et 31 286 en score Metal. Des résultats parfaitement prévisibles : la puce A18 Pro embarquée est la même que celle de l'iPhone 16 Pro, à un détail technique près. Le GPU du Neo compte cinq cœurs au lieu de six. Ce choix explique son léger recul sur la partie graphique face au téléphone, qui lui affiche 32 575 points.
La comparaison la plus instructive reste celle avec le MacBook Air M1, ce Mac de 2020 encore présent dans de nombreux foyers français (et au sein de la rédaction de Clubic). En monocœur, le Neo l'écrase nettement : 3 461 contre 2 346 points. Mais en multicœur, les deux machines font pratiquement jeu égal, aux alentours de 8 500 points. Et sur le score Metal, le M1 fait même légèrement mieux avec 33 148 points contre 31 286.
Face au MacBook Air M4, le fossé est sans ambiguïté. Le M4 affiche 14 730 points en multicœur, soit près de 70% de plus que le Neo . Pour le montage vidéo, les exports lourds ou la production musicale, la différence se ressentira.
Ce que ces benchmarks révèlent de la stratégie Apple
Apple ne compare jamais le MacBook Neo aux autres Mac dans ses communications. Ce n'est pas un oubli. La marque a construit son argumentaire autour des PC Windows à moins de 700 euros, un terrain où l'A18 Pro n'a pas de concurrence sérieuse. Sur ce segment précis, les promesses tiennent.
Ce que ces chiffres confirment surtout, c'est l'adéquation entre les performances monocœur et l'usage quotidien visé. Navigation web, bureautique, vidéo en ligne : ce sont précisément les tâches où la vitesse d'un seul cœur prime, et là, le Neo frôle les niveaux des puces M3 et M4. Pour quelqu'un qui ouvre des onglets, rédige des documents et regarde des séries, les 8 Go de RAM unifiée feront le travail.
Ce qui manque, c'est la marge pour les usages exigeants. Montage vidéo, rendu 3D, production audio : le Neo n'est pas taillé pour ça, et il ne le prétend pas. À 699 euros, Apple cible des acheteurs qui n'ont probablement jamais entendu parler de Geekbench. Et c'est précisément pour ça que le plan risque de fonctionner.
Apple n'a pas construit le Mac le plus puissant. Il a construit celui que tout le monde peut enfin s'offrir, et c'était peut-être bien plus difficile à réussir avec son pédigrée.