Longtemps critiquée pour certains artefacts visuels face à la concurrence, la technologie d'upscaling de Sony s'offre une évolution majeure. Le constructeur japonais déploie une version améliorée du PSSR sur PS5 Pro, inaugurée dès aujourd'hui par le très attendu Resident Evil Requiem.

©Capcom
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C'est une étape cruciale pour la crédibilité technique de la PS5 Pro. Depuis son lancement, la machine de mi-génération de Sony mise énormément sur son architecture d'apprentissage automatique, le PlayStation Spectral Super Resolution (PSSR), pour justifier son positionnement tarifaire élevé. Si la promesse de la 4K à 60 images par seconde a souvent été tenue, la qualité d'image pure souffrait parfois de la comparaison avec le DLSS de NVIDIA, notamment en raison de problèmes de scintillement et d'instabilité temporelle sur certains titres.

En ce 27 février 2026, Sony semble vouloir rectifier le tir de manière significative. Comme l'indiquent plusieurs sources concordantes, dont une communication officielle sur le PlayStation Blog, une version révisée et optimisée de l'algorithme PSSR (probablement dérivée du FSR4 d'AMD dans le cadre du projet Amethyst) est désormais disponible pour les développeurs. Cette mise à jour ne nécessite pas une révision du firmware de la console elle-même, mais s'intègre via les correctifs des jeux. C'est Capcom qui ouvre le bal avec Resident Evil Requiem, devenant ainsi le premier titre à exploiter cette itération 2.0 de la technologie d'upscaling maison.

Une réponse technique aux critiques persistantes

L'arrivée de cette mise à jour n'est pas anodine. Depuis la sortie de la console, les analyses techniques, notamment celles de Digital Foundry souvent relayées sur Reddit, avaient pointé du doigt des faiblesses récurrentes du PSSR. Contrairement au DLSS qui excelle dans la reconstruction d'image, la solution de Sony peinait parfois à gérer les éléments fins en mouvement, créant un effet de bruit numérique ou de « shimmering » (scintillement) désagréable sur les textures complexes.

Selon les informations relayées par IGN et le blog officiel PlayStation, cette nouvelle mouture du PSSR se concentre spécifiquement sur la stabilité de l'image. L'algorithme a été réentraîné pour mieux interpréter les vecteurs de mouvement et réduire les artefacts de reconstruction. L'objectif affiché est clair : offrir une image plus « propre », débarrassée du grain artificiel qui pouvait parfois gâcher l'expérience sur les grands écrans 4K, et se rapprocher des standards établis par les cartes graphiques PC haut de gamme.

Resident Evil Requiem comme vitrine technologique

Le choix de Resident Evil Requiem comme premier ambassadeur de cette technologie est stratégique. Le moteur RE Engine de Capcom a toujours été un modèle d'optimisation (si on oublie Monster Hunter Wilds), et la franchise sert régulièrement de banc d'essai pour les nouvelles technologies visuelles. D'après Insider Gaming, le patch « Day One » du jeu intègre spécifiquement les bibliothèques PSSR mises à jour. Les premiers retours évoquent une netteté accrue et, surtout, une disparition quasi totale des effets de moiré sur les grillages et la végétation, des éléments qui mettaient historiquement l'ancien PSSR en difficulté.

Cette collaboration étroite entre Sony et Capcom démontre la volonté du constructeur de reprendre la main sur la narration technique. Il ne s'agit plus seulement d'afficher une définition élevée, mais de garantir une cohérence visuelle sans faille. Si le jeu tourne toujours sur une base de résolution interne inférieure à la 4K native, le travail de reconstruction de l'IA devrait désormais être indiscernable à l'œil nu pour la majorité des joueurs, validant ainsi la promesse initiale de la PS5 Pro.

Un déploiement progressif attendu en mars

Si Resident Evil Requiem tire le premier, il ne restera pas l'unique bénéficiaire de cette avancée très longtemps. Sony a confirmé qu'une vague de mises à jour pour d'autres titres majeurs de la ludothèque PS5 Pro est prévue courant mars. Les développeurs tiers ont désormais accès à ce SDK amélioré, et plusieurs studios travailleraient déjà à l'implémentation de ce correctif dans leurs productions existantes.

Il reste cependant une inconnue : la facilité d'intégration pour les jeux déjà sortis. Si l'application de ce nouveau PSSR semble aisée pour les titres en fin de développement, le processus de mise à jour pour les jeux plus anciens pourrait demander des ressources supplémentaires aux studios. Néanmoins, pour les possesseurs de la console « Pro », c'est une excellente nouvelle qui suggère que leur machine va continuer de se bonifier avec le temps, à la manière des mises à jour de pilotes sur PC.

Avec cette mise à jour du PSSR, Sony prouve que la PS5 Pro est une plateforme évolutive dont le potentiel n'est pas figé par son matériel, mais bien extensible par le logiciel. Reste à voir si cette nouvelle version parviendra enfin à égaler la finesse du DLSS sur tous les types de scènes.

Sony PlayStation 5 Pro
  • Améliorations graphiques significatives
  • Technologie PSSR efficace quand bien implémentée
  • Efficacité énergétique
8 / 10