L'alarme a sonné fort du côté de chez Google. Trois personnes auraient subtilisé des secrets industriels importants du géant américain.

© Serhii Yevdokymov / Shutterstock
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Dérober des secrets industriels est une des activités majeures de la guerre de l'ombre que peuvent se mener les différents États et leurs services secrets. Une activité si intense qu'elle fait aussi beaucoup de dégâts entre alliés, comme le rappelait l'ancien secrétaire à la Défense américain Robert Gates en 2014, quand il expliquait que la France était, juste derrière la Chine, le pays qui subtilisait le plus de secrets industriels américains. Mais on peut au moins être sûr que dans ce nouveau dossier, Washington ne pourra pas nous accuser.

Trois suspects iraniens auraient volé des secrets portant sur sa puce Google Tensor

Trois Iraniens viennent d'être inculpés en Californie pour le vol de secrets industriels relatifs à la puce Google Tensor, installée sous le capot des smartphones Pixel de Google.

Sont d'abord sur la selette deux soeurs, toutes deux ingénieurs : Samaneh Ghandali (41 ans) et Soroor Ghandali (32 ans). La première, qui a travaillé chez Google, est accusée d'avoir transmis près de 300 documents, dont des secrets commerciaux, à un service de communication extérieur aux États-Unis. Sa soeur, qui a été en stage chez Google, aurait elle fait transité 34 documents supplémentaires par le même canal.

Le troisième accusé est l'époux de la grande soeur, Mohammadjavad Khosravi (40 ans), qui n'a lui jamais travaillé pour Google, malgré de nombreuses tentatives de s'y faire recruter. Il est suspecté d'avoir aidé les soeurs à transmettre les documents, et à détruire les preuves. Les trois encourent une peine qui pourrait atteindre les 20 ans de prison.

© Google
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Les trois accusés travaillaient-ils pour l'Iran ?

« Les accusés ont […] exfiltré des documents confidentiels et sensibles, notamment des secrets commerciaux liés à la sécurité des processeurs, à la cryptographie et à d'autres technologies, de Google et d'autres entreprises technologiques vers des tiers non autorisés et des emplacements personnels » a indiqué un communiqué du département de la Justice des États-Unis.

Si l'Iran n'est pas accusé directement de cette manoeuvre, les procureurs expliquent que les suspects ont fait transité les informations vers des appareils professionnels, mais aussi d'autres situés en Iran. Le pays avec lequel les États-Unis vivent aujourd'hui une crise de grande ampleur, avec le rassemblement d'une armada américaine au large du pays comme on n'en avait plus vu au Moyen-Orient depuis l'invasion de l'Irak en 2003, est donc bien dans le viseur des autorités. Quelle sera la suite ?