Live Japon : NTIC, logistique et mobilité

31 janvier 2009 à 15h41
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Les surnommées "nouvelles technologies de l'information de la communication" (NTIC) ont ceci de formidable qu'elles permettent de tout faire ou presque de chez soi sans bouger (lèche-vitrine, réunions et autres activités en ligne), ou bien, à l'inverse, d'effectuer depuis l'extérieur des tâches que l'on ne pouvait auparavant que réaliser à demeure (téléphoner, surveiller sa maison, mettre des appareils en marche et autres fonctions domotiques). Le lien entre les NTIC et les déplacements est de ce fait le plus notoire. Il est en outre de plus en plus exploité à des fins diverses comme le prouvent plusieurs applications sortant des sentiers battus apparues récemment au Japon.

Le pneumaticien japonais Bridgestone, principal concurrent mondial du français Michelin, a par exemple lancé un site internet communautaire destiné aux possesseurs nippons de ses vélos (très réputés au Japon) équipés d'un compteur horaire, kilométrique et calorique.

Les cyclistes peuvent ainsi archiver sur internet les données recueillies sur le terrain par cet ustensile, afin de visualiser (en chiffres et graphiques) leurs exploits au fil du temps et surtout faire la course ou échanger des bons plans avec d'autres individus équipés à l'identique.
"Communiquer sur le sujet avec d'autres permet de se motiver mutuellement ou de s'encourager pour faire de l'exercice afin de perdre du poids", assure Bridgestone. Sans compter évidemment, que "faire du vélo ne consomme pas d'essence, ce qui est une bonne chose pour l'environnement".
Pour utiliser ce service, gratuit, il faut au préalable s'inscrire, créer son profil et télécharger une application qui permet de récupérer les données du compteur (via un câble USB) et les adresser automatiquement au serveur.

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En fonction des critères et limitations choisis par chacun, le site crée un classement des meilleurs coureurs (nombre de kilomètres effectués en un mois) et des plus écolos d'entre eux (cumul de points appelés "lifu"). En effet, le site offre "un lifu" pour chaque tranche de 4,3 kilomètres parcourue. Le calcul est le suivant: 4,3km effectués en voiture, cela équivaut en moyenne à 1 kg de CO2 émis dans l'air. Si l'on fait le même trajet à bicyclette, on peut donc considérer qu'on a contribué à réduire les rejets polluants d'autant, ce qui nous vaut un bon point (un "lifu").

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Le site communautaire de Bridgestone permet aussi d'établir des circuits à conseiller à ses camarades cyclistes et pourquoi pas, de les retrouver sur le terrain pour pédaler ensemble. Le deuxième opérateur de télécommunications mobiles nippon, KDDI, propose à peu près le même type d'application sur ses mobiles dédiés, pour les cyclistes, piétons et adeptes du jogging. Appelé "Run and Walk", ce service est encore plus perfectionné puisqu'il assure un suivi par GPS. Les pas sont rythmés par un guide vocal et entraînés par un accompagnement musical. Les données peuvent de la même façon être archivées en lignes, pour établir des graphiques, mesurer ses progrés et comparer avec les autres. KDDI offre une palette complémentaires d'applications ("Karada manager" notamment) afin d'évaluer son état corporel et mental, ce qui par les temps qui courent n'est pas un gadget.

Toutes ces sympathiques innovations, bonnes pour la santé de chacun et la planète de tous, s'inscrivent dans une tendance plus générale de promotion des activités physiques pour lutter contre la prise de bedaine due à une hygiène de vie plus ou moins convenable.

Après Konami, le fabricant de jouets, et son podomètre à relier à un ordinateur pour conserver le nombre de kilomètres arpentés chaque jour, Yamaha, plus connu pour ses instruments de musique classique ou électronique est lui aussi entré dans la danse récemment. Il propose un baladeur pour jogger, BODiBEAT, entre autres doté d'un chronomètre, d'un compteur kilométrique et d'un autre pour comptabiliser les calories brûlées. Il est aussi pourvu d'un mode de sélection automatique des morceaux en fonction du rythme de la marche en puisant dans une discothèque préenregistrée en mémoire ou dans la liste de morceaux ajoutés par le détenteur de l'objet. L'ensemble des informations est géré avec un logiciel spécial pour PC qui permet de prévoir en amont une play-list pour cadencer sa marche en fonction des indications données par le logiciel pour chaque morceau dont la teneur est spécifiquement analysée.

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Nintendo n'est pas en reste qui va par exemple lancer en avril un service de suivi de condition physique ("Wii-Fit kara check channel") basé sur la console de jeu vidéo de salon Wii associée à l'espèce de balance Wii-Board et au logiciel Wii-Fit. Cette nouvelle offre se fera en coopération avec les groupes d'électronique nippons NEC, Panasonic et Hitachi et sera proposée aux services médicaux d'entreprises et aux autres instances sociales.

Ces derniers pourront souscrire un abonnement global pour leurs patients ou salariés qui bénéficieront ainsi chacun d'un suivi individuel en utilisant non seulement leur Wii mais aussi leur console de poche DS associée quant à elle à un podomètre. Les données collectées par les consoles de jeu seront transférée via internet aux médecins qui pourront donner des conseils personnalisés et tirer la sonnette d'alarme si le patient montre des signes inquiétants (prise de poids rapide, activité physique insuffisante, etc.).

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NEC a pour sa part prévu d'enrichir ce service d'autres informations recueillies grâce au téléphone portable, via sa propre application de santé qui permet notamment de suivre quotidiennement son alimentation ainsi que sa consommation d'alcool et de tabac. Pour certains Japonais adeptes des beuveries entre collègues, ce n'est pas de la coquetterie.

Ceux-là ont toutefois généralement la sagesse de ne pas conduire. Ceci dit, avec les nouvelles technologies "rouler bourré" va finir pas ne plus être dangereux puisqu'on est en train d'imaginer au Japon des systèmes de conduite automatique.

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Des expérimentations vont notamment prochainement être conduites qui permettront notamment à un camion-maître, avec chauffeur, de guider deux autres camions-esclaves à sa suite, ces derniers étant dépourvus de conducteur. On a déjà vu ce genre de système en test avec des bus à l'Exposition universelle d'Aichi en 2005. Le tout s'appuie aussi sur des dispositifs de transmission intégrés dans les infrastructures routières. Ces innovations exigeront toutefois encore plusieurs années avant d'être mises en route.

A brève échéance en revanche, les automobilistes japonais devraient disposer de nouveaux outils d'alerte pour renforcer leur vigilance ou les remettre dans le droit chemin.

Nissan et des gestionnaires d'autoroutes sont en effet en train de développer un système qui avertira le conducteur s'il s'engage en contre-sens sur une autoroute, comme cela se produit de plus en plus souvent dans les embranchements complexes des innombrables voies rapides qui traversent les villes nippones ou les relient entre elles. Un signal sonore et visuel sera diffusé dans l'habitacle via l'autoradio/GPS/ordinateur de bord.

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De son côté, Panasonic a présenté mercredi 28 janvier un autre dispositif qui prévient vocalement le conducteur des embûches à venir et lui délivre diverses informations au fil du parcours ("vous entrez dans une zone payante", "attention ça bouchonne à 200 mètres devant", "le prix de votre trajet est tant", "il y a une voiture qui arrive de la rocade", etc.). Le tout est émis le long des routes par des bornes qui emploient une version optimisée de la technologie de transmission DSRC (communication dédiée de courte portée). Cette dernière, dans sa variante de base, est déjà largement utilisée comme mode de dialogue à identification par radiofréquences entre les péages autoroutiers et un terminal de paiement de bord, pour régler sans s'arrêter. Environ les trois quarts des passages sont ainsi acquittés au Japon, ce qui a notamment permis de supprimer les embouteillages aux portes d'accès au périphérique payant de Tokyo.

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Un dernier exemple pour la route: un outil pour retrouver un mouflet perdu dans un gigantesque centre commercial. Cette innovation est signée du numéro un des télécoms mobiles au Japon, NTT Docomo. Il vient tout juste de mettre en place ce dispositif qui a toutes chances de faire des émules dans l'archipel. Le système permet de localiser les gamins qui ont la fâcheuse tendance à se paumer dans les travées sans fin des hypermarchés. A partir de ce dimanche 1er février, le deuxième groupe de grande distribution Aeon, partenaire pour l'occasion de NTT Docomo, distribue à l'entrée d'un de ses centres commerciaux, une sorte d'étiquette électronique (sous forme de caneton jaune) à prendre au cou des enfants et dont la localisation peut être suivie par les parents depuis leur téléphone portable via un site internet mobile dédié.

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Il leur suffit pour cela de se connecter audit site et de saisir le numéro d'identification de l'étiquette ainsi qu'un mot de passe associé. La surface du premier centre commercial ainsi équipé (220.000 m2) est divisée en une trentaines d'aires de repérage des moufflets égarés. La position de l'enfant recherché est indiquée sur un plan des lieux, avec étage et emplacement dans celui-ci. Pour ce service, NTT Docomo n'emploie pas le positionnement par GPS (inutilisable au coeur des bâtiments), mais une technologie qui permet (sans doute par triangulation même s'il ne le précise pas) de situer un point par rapport à des antennes intérieures dont les coordonnées, fixes, sont connues.

Le centre commercial en question déplore parait-il chaque jour jusqu'à plusieurs dizaines d'appels au secours de parents terrorisés parce que leur rejeton leur a échappé. Au Japon, il ne risque pas trop de se faire enlever, mais mieux vaut quand même savoir où il se trouve.

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Notons que, comme nous vous l'avions expliquer dans un précédent "Live Japon", divers autres services sur téléphones portables et internet existent également au Japon pour pister les gamins sur le chemin de l'école ou suivre leurs pérégrinations diverses dans les réseaux de transport en commun. Ces applications ne sont pas perçues comme liberticides ici, pour des raisons culturelles notamment, et parce que le risque permanent de tremblement de terre ou autre catastrophe incite les parents à vouloir savoir où sont leurs petits protégés et ces derniers à comprendre cette nécessité, à se sentir même rassurés. Pour plus d'explications sur ces aspects, voir "Les Japonais", essai publié aux éditions Tallandier.

PS: la chronique de cette semaine aurait pu être une revue de détails de l'ampleur des répercussions de la récession économique internationale sur les fleurons de l'électronique nippons, mais cela attendra quelques jours de plus, que tous aient fini de nous avouer dans quelle situation apocalyptique ils se trouvent. Les annonces de résultats financiers viennent juste de commencer, et c'est hélas déjà un carnage accompagné de dizaines de milliers de suppressions d'emplois. On y reviendra la semaine prochaine.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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