"SaaS : révolution en marche pour les clients et les éditeurs", une tribune de Jamal Labed

18 septembre 2018 à 14h34
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Popularisée pendant l'ère internet de la fin des années 90, la notion d'ASP (Application Service Provider) a aujourd'hui quasiment disparu au profit de l'appellation SaaS (Software as a Service), créant une certaine confusion chez les clients. On aurait pourtant tort d'y voir une simple querelle sémantique ou marketing dont l'industrie informatique est si friande. Evolution du modèle ASP traditionnel, le SaaS représente en effet une véritable révolution pour les clients et un changement complet de paradigme pour les éditeurs de logiciels.

De l'ASP au SaaS :

Avec le développement de l'internet haut débit, l'ASP permettait d'abord de partager des applications mono-fonction à distance en mutualisant des serveurs, avec un modèle économique de location rompant avec celui connu de l'acquisition de licence. Toutefois la promesse de l'hébergement (ou hosting) apparaissait trop mince aux clients face à leurs réticences en matière de sécurité, de confidentialité, mais aussi face aux contraintes d'interopérabilité avec des applications internes. De ce fait, l'ASP traditionnel n'a pas donné lieu à l'explosion du marché attendue. Ainsi d'après IDC, l'ASP ne représenterait aujourd'hui en France qu'un peu plus de 20% du marché des applications externalisées.

Maturité aidant, l'ASP a toutefois su se réinventer en Software as a Service (SaaS), véritable offre de service pertinente pour les clients. En premier lieu les solutions SaaS sont aujourd'hui capables d'adresser un ou plusieurs processus métier complets, dans des domaines aussi divers que le CRM, les ERP, la sécurité, le stockage ou les applications collaboratives. Elles adressent des besoins fonctionnels plus larges en intégrant nativement des solutions issues de plusieurs fournisseurs. Deuxième point : le SaaS intègre des possibilités de paramétrage de haut niveau et des solutions crédibles permettant d'intégrer les applications externalisées aux logiciels internes de l'entreprise (via les Web Services par exemple). Enfin dans certains cas, les offres SaaS proposent des services complémentaires augmentant significativement la valeur ajoutée pour les clients : reporting automatique, alertes, tierce maintenance applicative en ligne, etc.

SaaS : les raisons d'un succès

Le SaaS est devenu aujourd'hui une réalité tangible dans les entreprises. Au-delà du succès médiatique d'un Salesforce.com, le marché du SaaS représente un chiffre d'affaires de 122 M€ en France (source IDC) et de 5,7 milliards de dollars dans le monde en 2007 (source Gartner). D'après le Gartner Group ce marché devrait même doubler d'ici à 2011.

Au-delà de ces indicateurs macro-économiques, quatre raisons nous semblent pouvoir expliquer le succès présent et à venir du SaaS :

La première tient à la réduction très sensible des délais de déploiement des applications. Les solutions SaaS permettent en effet de réaliser des économies de temps considérables dans les phases de paramétrage (de par leur aspect pré-packagé) et d'intégration technique (mise à disposition des ressources matérielles et humaines pour l'installation des applications au sein de l'entreprise). Le mode SaaS favorise en outre des mises en place progressives (par module fonctionnel ou processus) en obtenant des succès rapides garants de la bonne fin des projets.

La seconde raison du succès du SaaS est liée à la valeur ajoutée supplémentaire amenée par ces solutions. Alors que beaucoup de clients se plaignent du faible taux d'utilisation des applications déployées, les offres SaaS permettent de tirer meilleur parti de ces applications. Ergonomie simplifiée, meilleur compromis couverture fonctionnelle / facilité d'utilisation, possibilités étendues de paramètrage, sécurité renforcée, réversibilité, autant de facteurs différenciant offerts par les solutions en mode SaaS. En outre, les éditeurs de solutions SaaS proposent fréquemment des fonctionnalités supplémentaires capitalisant sur son savoir-faire métier. C'est le cas en particulier des fonctionnalités de reporting automatique (KPI, dashboarding) ou de l'envoi d'alertes qui permettent au client de mieux exploiter, sans investissements coûteux, les données contenues dans les applications.

En troisième lieu, le mode SaaS permet au client de mieux maîtriser les coûts induits d'une application. On sait en effet que les coûts initiaux d'acquisition et de déploiement représentent rarement plus du tiers du coût complet (TCO ou Total Cost of Ownership) d'une application sur une période de 5 à 7 ans. 2/3 de ce coût complet sont en effet liés aux coûts de maintenance et d'évolution ultérieure. Le modèle locatif proposé par le SaaS permet aux entreprises de mieux maîtriser les coûts cachés, car il intègre le plus souvent les évolutions de version et leurs coûts induits, dans la mesure où les mises à jour de version sont transparentes pour le client, et que le support est optimisé pour l'éditeur qui peut reproduire et réparer
plus facilement un dysfonctionnement éventuel en accédant en ligne à l'application défectueuse.

Enfin le mode SaaS entraîne une implication plus forte et plus permanente de l'éditeur dans sa relation avec le client. De fournisseur ponctuel présent dans les phases commerciales, parfois d'implémentation et de maintenance, l'éditeur se mue en prestataire de service responsable, tenu par des engagements de qualité, de disponibilité, de sécurité et d'évolution du produit dans le temps. Il est encouragé dans ce modèle vertueux par un nouveau business model plus récurrent et rentable, qui va dans le sens de ce que recherche le client, à savoir une relation de partenariat à long terme.

Jamal Labed, directeur des opérations de Staff&Line
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