Pensés pour les créateurs de contenu, les Boyamic 2 viennent titiller les micros sans-fil de DJI, devenus en quelques années une référence incontestable. Les modèles de Boya, moins chers, peuvent-ils rivaliser avec la référence du marché ? Nous les avons testés en conditions réelles, et voici notre verdict.

DJI occupe aujourd’hui une position presque dominante dans le secteur du micro sans fil. Si vous regardez régulièrement des vidéos sur YouTube, il y a de fortes chances que vous ayez déjà aperçu un DJI Mic. Le constructeur, connu aussi bien pour ses drones que pour ses caméras mobiles, est devenu la figure de proue du secteur. Pourtant, certaines marques aimeraient bien se faire une petite place sur ce marché, à commencer par Boya.
Le constructeur chinois spécialiste de l’audio lance à son tour le Boyamic 2, un micro sans fil pensé pour un usage nomade. Plutôt que de tester ces appareils à la rédaction, nous avons préféré les essayer en conditions réelles, et nous les avons emmenés dans nos valises sur plusieurs événements. Sont-ils à la hauteur des DJI Mic, malgré un prix légèrement inférieur ?
- Nombreux accessoires
- Bonne réduction de bruit
- Autonomie très satisfaisante
- Deux micros dans le kit
- Un son un peu étouffé
- Interface du récepteur complexe
- Réduction de bruit parfois trop présente
- Concept 4-en-1 réellement pratique
- Format léger et compact
- Très simple à utiliser
- Réduction de bruit efficace
- Autonomie solide avec boîtier
- Prix attractif
- Performances de captation limitées en mode canon et table
- Polyvalence au détriment de la spécialisation
- Directivité peu maîtrisée en mode canon
Comme une impression de déjà-vu
Si vous connaissez les DJI Mic, l’ouverture des Boyamic 2 ne vous fera pas lever un sourcil. Le constructeur n’a pas cherché à réinventer la roue et propose un produit qui ressemble plus que fidèlement à son concurrent. La version que nous a fournie le constructeur contient deux micros et un récepteur à brancher sur son smartphone pour enregistrer l’audio. Un adaptateur USB-C est également inclus pour faciliter la connexion au téléphone. L’accessoire est fixé magnétiquement dans l’étui de transport, et s’attache assez facilement sur le récepteur, une fois que l’on a pris le coup de main.
Les micros sont accompagnés d’un aimant, à glisser sous un vêtement pour faire tenir l’appareil à travers un pull ou un T-Shirt, ou en utilisant la fixation pour le pincer sur le col d’une veste ou d’un jean. Boya propose également deux bonnettes dans la boîte pour limiter le bruit du vent lors d’un tournage en extérieur. La marque ne s’arrête pas en si bon chemin et inclut aussi deux micros lavaliers, un câble de recharge USB-C, un câble jack et une housse pour le transport. Boya livre ici un kit très complet qui couvre à peu près tous les besoins en matière de prise de son.
Une fois rangés (magnétiquement, eux aussi) dans la boîte, les micros et le récepteur sont automatiquement chargés par le boîtier. Pour recharger ce dernier, un port USB-C est disponible à l’arrière de l’accessoire.
Une qualité audio correcte mais qui manque de profondeur
C’est avec les Boyamic 2 que j’ai tourné quelques-unes des vidéos lors du dernier CES 2026, l’occasion idéale de tester ces micros dans les pires conditions qui soient. Les allées des halls d’exposition de Las Vegas sont des endroits bruyants, où la musique et le brouhaha ne s’arrêtent jamais. Et ce n’est pas mieux en extérieur, avec un flot ininterrompu de passants, de voitures, et le vent qui peut se faire rapidement sentir en plein mois de janvier.
J’ai donc activé le micro sans vraiment beaucoup toucher aux réglages, sauf à remonter un peu le gain pour obtenir un rendu proche de mes attentes. J’ai surtout activé le système de réduction par IA, la fonction vedette de ce produit qui devait me permettre de profiter d’une prise de son sans nuisances sonores, ni bruits de foule qui couvraient ma voix lors de mes enregistrements.
Le résultat est meilleur que prévu. Au niveau intermédiaire, celui activé par défaut avec une réduction de 15 dB, les Boyamic 2 proposent un son effectivement débarrassé de la plupart des bruits de fond, mais pas entièrement. Dans le cadre de mes vidéos, ce n’est pas un mal, c’est toujours plus naturel d’entendre un peu l’ambiance sur place plutôt qu’une voix qui semble enregistrée dans un studio. Les micros disposent d’un mode plus agressif, qui supprime jusqu’à 40 dB. Parfait pour les environnements très bruyants, pas forcément le plus adapté pour un lieu plus calme.
Concernant le rendu audio, je suis plus sceptique. Le son offert par les Boyamic 2 manque de profondeur et semble en permanence légèrement étouffé, comme si l’on se trouvait enfermé dans une armoire. Les paroles restent compréhensibles tout de même, mais sur ce plan, les DJI Mic s’en sortent un peu mieux avec des voix plus intelligibles. On vous laisse juge avec cette vidéo.
Un tour dans les réglages est INDISPENSABLE pour tirer le meilleur des micros. Si vous filmez avec l’application Appareil Photo de votre smartphone, ou un logiciel de vidéo comme BlackMagic Cam, la gestion des micros n’est pas la même et vous devrez impérativement modifier les niveaux de gain. Cela va vous prendre quelques dizaines de minutes, et de nombreux tests, mais cela améliore franchement la qualité.
Il est possible d’enregistrer en 32-bit/48 kHz et uniquement en local sur les 8 Go de stockage intégrés. La piste audio est conservée sur le transmetteur, il suffit de le brancher à son ordinateur pour la récupérer et l’intégrer au montage. Les puristes apprécieront, mais je n’entends pas vraiment de réelle différence avec l’enregistrement standard à 24-bit/48 kHz notamment pour réaliser des vlogs ou des vidéos courtes pour les réseaux sociaux. Il n’empêche, ces Boyamic 2 sont suffisamment polyvalents pour s’adapter à tous types de tournage, et de situation.
Utilisation : une interface tactile qui manque cruellement de répondant
Le récepteur dispose d’un écran OLED tactile, qui affiche les informations d’enregistrement en temps réel, comme le niveau pour vérifier rapidement si le son sature durant le tournage, ainsi que le niveau de batterie et le niveau de gain. Lors d’un enregistrement, il est automatiquement verrouillé pour éviter toute mauvaise manipulation, ce qui peut toujours arriver lors d’un tournage (c’est du vécu).
Je suis bien plus sceptique concernant les différents menus et la navigation générale. Que c'est compliqué d’accéder au menu du micro, puis à celui du récepteur, surtout quand le constructeur ne propose aucune documentation dans la boîte. J’ai passé un temps infini à comprendre où se situaient les nombreuses options, comment les valider, le tout en tâtonnant sur le minuscule écran pour arriver enfin à une configuration correcte. Un geste tactile vers le haut ouvre le menu général. Un geste vers la droite ouvre celui du micro, une fois connecté. Mais seulement quand les commandes sont déverrouillées en appuyant sur le bouton d’allumage. Un vrai casse-tête.
Je comprends qu’il est difficile de faire mieux sur une surface qui n’est plus grande qu’un ongle, mais un petit guide de démarrage rapide ne serait pas de trop, au moins pour apprendre les fonctions de base.
Fort heureusement, Boya n’a pas oublié un bouton physique et rotatif qui permet de modifier à la volée les niveaux, et une autre touche pour activer le mode de réduction de bruit, on peut donc s’en sortir à l’extérieur sans avoir à se replonger dans les menus.
Si vous n’avez vraiment pas envie de vous arracher les ongles dans l’interface, Boya propose une application mobile qui permet de configurer les micros depuis l’écran de votre smartphone, ainsi que de les mettre à jour. C’est beaucoup plus efficace, je vous la conseille vivement, même si elle n’est proposée qu’en anglais.
Autonomie : une journée de tournage sans se presser
Les Boyamic 2, selon le constructeur, disposent d’une autonomie de 10 heures en enregistrement local, et jusqu’à 15 heures en enregistrement direct 24-bit/48 kHz.
Lors de mes sessions de tournage, je n’ai jamais eu besoin de retirer le micro de mon col et de le replacer dans son étui pour la recharge. L’appareil tient parfaitement la route et c’est seulement le soir venu qu’il montre quelques signes de faiblesse. C'est tout ce qu’on demande à ce type de micro, sachant qu’un deuxième est fourni en cas de besoin et prêt à partir.
Concernant la recharge, c'est un peu long, avec deux heures nécessaires pour passer de 0 à 100 %. Le boîtier de charge lui réclame 2h30 sur une prise USB-C ou un adaptateur secteur afin de faire le plein.
Boya Magic : le pari séduisant du micro "tout-en-un"
En plus des Boya Mic 2, la marque nous a aussi fait parvenir les Boya Magic, un produit que j'étais impatient de tester tant le concept fait rêver sur le papier ! En effet, l’idée est particulièrement séduisante : un micro sans fil modulable capable d’endosser plusieurs rôles : micro-cravate, micro à main, micro de table ou encore micro "canon" à placer sur un APN. Le principe est simple : deux émetteurs (les deux micros-cravate) viennent s’insérer dans un module cylindrique pour changer de forme et d’usage.
Dans les faits, cette polyvalence répond à un vrai besoin, notamment pour des usages terrain. Pour qui cherche à alléger son sac, limiter le matériel ou gagner en rapidité de mise en place, le Boya Magic coche beaucoup de cases. Compact, simple à utiliser, proposé à un tarif accessible (entre 110 et 200 € selon les versions), il s’accompagne en plus de fonctions modernes comme un limiteur numérique, une réduction de bruit par IA efficace et une autonomie confortable (environ 30h au total avec le boitier).
Mais cette promesse de polyvalence a un revers. Le Boya Magic donne le meilleur de lui-même à courte distance. Il se montre en effet particulièrement convaincant en micro-cravate et tout à fait correct en micro main. En revanche, ses modes micro de table et surtout micro "canon" peinent à convaincre : la captation manque de précision et reste loin des performances offertes par des microphones dédiés. Autrement dit, les Boya Magic dépannent dans ces cas de figure… mais ne remplacent pas un équipement spécialisé.
Au final, le Boya Magic séduit par son approche et son excellent rapport qualité/prix, mais illustre aussi les limites du "tout-en-un" : une solution pratique et cohérente pour la mobilité, plus qu’un véritable couteau suisse irréprochable.
Boyamic 2 et Boya Magic : l'avis de Clubic
Les BoyaMic 2 sont une bonne surprise. Le constructeur livre ici un kit particulièrement complet, pensé pour les créateurs de contenus qui veulent une solution simple et efficace pour enregistrer leur voix en déplacement. Entre les deux micros fournis, les lavaliers, les bonnettes et le boîtier de recharge, il y a tout ce qu’il faut pour couvrir la plupart des situations, du vlog à l’interview. L’autonomie tient sans difficulté une journée de tournage et la réduction de bruit par IA s’en sort honorablement, même dans des environnements agités.
Tout n’est pas parfait pour autant. La qualité audio reste correcte, mais manque un peu de profondeur et de clarté face aux DJI Mic, qui conservent un avantage sur ce terrain. L’interface tactile du récepteur est également loin d’être idéale : la navigation dans les menus manque de logique et demande un vrai temps d’adaptation. Sans l’application mobile, la configuration des micros peut rapidement devenir un exercice de patience.
Au final, les BoyaMic 2 ressemblent à une alternative très sérieuse aux micros sans fil de DJI, surtout si l’on tient compte de leur prix plus accessible. Ils ne détrônent pas encore la référence du marché, mais offrent un ensemble solide, polyvalent et parfaitement adapté aux créateurs de contenus nomades. Pour ceux qui cherchent un kit complet sans se ruiner, Boya signe ici une proposition franchement intéressante.
- Nombreux accessoires
- Bonne réduction de bruit
- Autonomie très satisfaisante
- Deux micros dans le kit
- Un son un peu étouffé
- Interface du récepteur complexe
- Réduction de bruit parfois trop présente
Le Boya Magic séduit immédiatement par son concept malin et sa polyvalence. C’est un micro pensé pour simplifier la vie avec son format "4-en-1", sa mise en place rapide, et les usages multiples qu'il autorise. Sur le terrain, il remplit bien sa mission en cravate et reste pertinent en micro main.
Cette approche "tout-en-un" implique toutefois des compromis. Dès que l’on sort de ces usages principaux, notamment en mode table ou canon, les limites apparaissent. Le Boya Magic dépanne, mais ne remplace pas du matériel dédié.
Autrement dit, il s'agit d'une solution cohérente pour la mobilité et la simplicité, qui séduit aussi grâce à son tarif, mais qui ne se destine pas à des usages audio plus exigeants.
- Concept 4-en-1 réellement pratique
- Format léger et compact
- Très simple à utiliser
- Réduction de bruit efficace
- Autonomie solide avec boîtier
- Prix attractif
- Performances de captation limitées en mode canon et table
- Polyvalence au détriment de la spécialisation
- Directivité peu maîtrisée en mode canon