Un mois avec la Garmin Forerunner 15

Lise Famelart
07 octobre 2014 à 11h28
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Une montre permettant de courir intelligemment, on connaissait. Une montre qui entend accompagner le sportif amateur dans sa course mais aussi au quotidien, c'est plus original. Au-delà de la promesse marketing, voyons ce que la Garmin 15 a vraiment à offrir.

J'ai gardé la Garmin 15 au poignet pendant un mois. Dernière-née des entrée de gamme de la marque, elle est trouvable au tarif plutôt modeste de 179 euros, moniteur de fréquence cardiaque compris.

Ce modèle rejoint la mode du quantified self en proposant à ses utilisateurs un suivi quotidien, en plus d'un accompagnement de la course. Si cette montre se destine plus particulièrement aux sportifs occasionnels (ceux qui font un footing deux à trois fois par semaines), elle n'en propose pas moins toute une panoplie de fonctionnalités.

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Un design assez mastoc



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Il faut le reconnaitre, côté design Garmin ne fait pas vraiment dans l'épuré. Le cadran est assez gros, les lignes manquent d'élégance. Le bracelet est plutôt court et ne conviendra pas aux poignets épais. Précisons tout de même, à la décharge de Garmin, que nous avons testé ici un modèle homme. De plus, les pièces d'attache sont en plastique plutôt qu'en métal, ce qui peut susciter une crainte quant à la solidité de la montre. Malgré tout, au bout d'un mois le bracelet tient toujours en place. Ce choix est sans doute dû à un souci de légèreté. Et de ce côté, Garmin a tout bon puisque l'objet n'est pas plus lourd au poignet qu'une montre normale.

Au lancement, je dois renseigner mon poids, ma taille, mon sexe et mon âge afin de calculer par la suite le nombre de calories dépensées. La navigation passe par seulement trois boutons, le quatrième servant au rétroéclairage. Elle est très intuitive et agréable.

Qu'est-ce que ça donne en course ?



Après environ une heure de chargement grâce à l'adaptateur fourni, la montre est à bloc. Ni une ni deux, je mets mes baskets et je file dans un parc pour voir ce que vaut la bête. Point positif : un gros bouton rouge permet de lancer directement une session de course. Plusieurs paramètres de course sont disponibles : il est possible de détecter les pauses pour interrompre le chronomètre, mettre en place des intervalles de course et de marche, et définir des objectifs physiques. Je peux configurer la montre en amont pour qu'elle m'alerte lorsque mon rythme cardiaque devient inquiétant, et même délimiter ma propre zone de fréquence cardiaque. J'ai pris le temps de régler tout ça avant la course, histoire de n'avoir qu'à lancer le chrono au parc. Mais ce n'est pas si simple : avant que je puisse partir en petite foulée, la montre doit détecter le moniteur de fréquence cardiaque qui me saucissonne la taille.

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Parlons-en de ce moniteur : un bandeau élastique muni d'un capteur en plastique au centre, à placer juste en-dessous de la poitrine. Les matières sont agréables à porter et ne grattent pas (même avec la transpiration). Le problème se situe plutôt au niveau de la tenue de l'engin. Je le règle au minimum pour être sûre qu'il tienne, je peux alors à peine respirer. Lorsque je le desserre, il glisse et je dois le remonter toutes les deux minutes, chose insupportable en course. Il faut donc accepter d'avoir la taille un peu compressée. Dommage lorsqu'on sait que la montre Tom-Tom Runner Cardio par exemple, est dotée d'un moniteur directement intégré au bracelet, qui permet d'éviter ces désagréments. La ceinture a cependant le mérite d'apporter des données extrêmement précises.

Et maintenant, je peux partir ? Toujours pas ! La montre doit capter le signal GPS pour être en mesure de calculer mon nombre de kilomètres parcourus. J'attends patiemment, deux minutes, trois minutes... La barre de progression avance et recule de façon complétement irrégulière. Je m'écarte des grands arbres du parc : c'est déjà mieux. Le GPS met beaucoup de temps à me situer, mais je peux par la suite courir à côté des arbres sans rencontrer de bug.

C'est parti ! Un coup d'œil régulier sur la montre m'indique depuis combien de temps je cours et la distance que j'ai parcourue. Honnêtement, je ne suis pas du genre à décoller les yeux du bitume lorsque je fais du jogging. C'est donc un plaisir de constater que la montre émet un signal sonore à chaque kilomètre franchi. Je peux faire défiler les données pour avoir accès au nombre de battements de cœur par minute.

Je finis ma course en enlevant précipitamment le moniteur cardiaque et en retrouvant le plaisir de respirer. C'est le moment du débriefing : une fois mes données enregistrées, je peux y accéder facilement via l'historique de la montre. Je retrouve le temps et la distance parcourue, et je découvre le nombre de calories dépensé, le nombre de battements de cœur par minute et le kilométrage par heure que j'ai atteint. La mémoire ne dépasse pas les sept courses enregistrées. Au-delà de ce chiffre, les données les plus anciennes sont supprimées.

Et au quotidien ?



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Mais Garmin se vante également de proposer un "suivi des activités". La montre peut donc être portée toute la journée afin de quantifier les déplacements. De fait, elle a une très bonne autonomie : j'ai pu la garder au poignet pendant deux semaines, en courant régulièrement, avant de la recharger. Un podomètre m'indique le nombre de pas en temps réel que j'ai effectué. Une mesure biaisée puisque cette fonctionnalité s'appuie sur le GPS, qui ne fonctionne pas correctement en intérieur. De fait, Garmin conseille l'achat d'un accéléromètre à accrocher aux lacets de la chaussure, pour mesurer un entraînement dans un stade. Je ne peux donc pas faire totalement confiance aux données de déplacement fournies quotidiennement.

L'objet se donne pour mission de me faire bouger plus : un nombre de pas idéal est fixé, légèrement supérieur à celui réalisé la veille. Au fil de la journée, une barre de progression m'indique dans quelle mesure je suis proche de ce but. Là encore, cette fonctionnalité n'a pas vraiment de sens. Si j'ai passé tout mon dimanche sur mon canapé, je vais largement dépasser mon objectif le lundi, sans avoir beaucoup marché pour autant. Enfin, la montre analyse mes déplacements et m'exhorte à bouger si je reste inactive pendant plus d'une heure. Je lis dans la notice qu'"une position assise pendant des périodes de temps prolongées peut affecter nettement le métabolisme". Il est alors conseillé d'aller marcher quelques minutes. Je me vois mal aller faire le tour de l'open space en plein milieu d'une réunion, juste parce que ma montre m'a dit de bouger. C'est donc une bonne chose de pouvoir désactiver l'alarme de cette fonctionnalité. La mesure des données quotidiennes s'arrête là : la Garmin 15 ne propose pas d'assurer un suivi du sommeil.

Une montre connectée ?



C'est pas tout ça, mais Garmin se vante de rassembler une "communauté sportive en ligne gratuite", et il me tarde de la découvrir. L'application et le logiciel Garmin Connect permettent apparemment de recueillir mes données. Mais l'application ne reconnait pas la montre. C'est normal : la Garmin 15 n'est pas équipée du bluetooth, ce n'est donc pas un objet "connecté" à proprement parler. Pour enregistrer mes données sur un autre support, je dois brancher la montre à mon ordinateur, qui effectuera ensuite la synchronisation avec l'application. Une manœuvre un peu contraignante qui peine à devenir systématique dans mes habitudes de course.

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Une fois la montre synchronisée au logiciel, je suis automatiquement redirigée sur la version navigateur du service. Son design en « tuiles » rappelle l'interface de Windows 8. Il est relativement intuitif même si cette avalanche d'informations sur une même page est un peu difficile à gérer.

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Toutes mes données sont affichées avec précision : mes historiques de pas, mes courses et leur parcours sur une carte, mes progressions... Je découvre même que des badges m'ont été attribués. J'en ai par exemple reçu un pour les 50 000 pas atteints, ou encore parce que j'ai couru sur plus de deux kilomètres. Ce système me donne envie de dépasser mes limites pour décrocher les autres trophées virtuels. Une fonction très développée d'enregistrement des parcours de course est disponible. J'ai ainsi accès aux trajets de mes anciennes courses, mais aussi aux parcours que les autres utilisateurs ont accepté de partager. C'est intéressant pour trouver un nouvel endroit où courir, mais l'utilité s'arrête là : la Garmin 15 ne propose pas d'enregistrer la course directement sur son interface, contrairement à d'autres montres plus chères de la marque.

Le site a une vraie utilité puisqu'il permet en plus de gérer un calendrier des entraînements. Plus qu'un compte-rendu des données, c'est surtout un tableau de bord de gestion du sport. Côté application, celle-ci se met automatiquement à jour une fois que la montre a été synchronisée à l'ordinateur. Concrètement, elle ressemble beaucoup à l'interface navigateur, à la différence que peu d'actions sont réalisables dessus. Elle me permet surtout de consulter mes progressions, au quotidien comme en course. De même que la version navigateur, elle est très facile à prendre en main. Je peux choisir quelles données je souhaite afficher sur la page d'accueil, afin de pouvoir vérifier les informations les plus importantes en un coup d'œil.

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Est-ce vraiment plus pratique qu'une simple application de running ?



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Soucieuse de comparer la montre de running avec d'autres objets de quantification de la course, j'ai couru en même temps avec Nike Running. Evidemment, le smartphone n'est pas pensé pour ça en premier lieu : il est lourd dans la poche et je ne vais quand même pas le tenir dans la main. Comme je n'ai rien payé pour cette application, je me suis questionnée sur la qualité de ses services. J'ai couru deux jours de suite sur le même parcours, avec la Garmin 15 au poignet et l'application Nike Running dans la poche. La montre et l'application m'ont toutes deux affiché le même nombre de kilomètres à l'arrivée. Le second jour seulement, Nike Running indiquait un mètre de moins, ce qui laisse supposer que l'application a une légère marge d'erreur. Mais dans l'ensemble les deux GPS sont de qualité à peu près égale.

L'intérêt d'une application, c'est surtout de pouvoir conserver toutes mes données automatiquement. Là où la montre doit être connectée à l'ordinateur pour sauvegarder le contenu de sa mémoire de sept courses, l'application enregistre les données dès le chronomètre coupé.

Bilan de l'expérience



La Garmin 15 a donc été une bonne alliée dans ma progression sportive. J'ai pu mettre à profit les données précises qu'elle m'a fournies pour dépasser intelligemment mes limites. Au quotidien par contre, ses fonctions de mesure de soi ont été tellement inutiles (car biaisées) qu'elles sont rapidement devenues sans intérêt pour moi. Le prix me semble donc excessif, surtout pour la version sans moniteur cardiaque. Elle propose finalement autant de fonctionnalités que la Polar RS300X par exemple, pour 40 euros de plus.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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