La cour d'appel de Paris confirme la position de Veolia, qui veut et peut toujours s'offrir Suez

12 février 2021 à 12h40
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La justice a tranché. Veolia peut conserver sa participation dans Suez, aujourd'hui à hauteur de 29,9%. Et ainsi légitimer sa tentative d'OPA, devenue plus qu'hostile.

L'étau se resserre autour de Suez. Jeudi 11 février, la cour d'appel de Paris a débouté l'ex-Lyonnaise des eaux, qui contestait depuis le mois de septembre l'assaut lancé par Veolia, son concurrent. Désormais, Suez n'a plus d'autre choix que d'ouvrir le dialogue. Dans la foulée, l'entreprise s'est dit dans un communiqué être « favorable » à une médiation, de quoi reprendre les discussions avec le géant de la gestion de l'eau et du traitement des déchets. Un boulevard pour Veolia ? Ça y ressemblerait presque.

Les parts rachetées à Engie assurées, Veolia peut avancer dans sa démarche

Le temps et surtout ce dossier nous ont appris que Veolia ne devait pas crier victoire trop vite, car les positions entre les deux groupes sont encore trop éloignées pour aboutir à la naissance du fameux « champion mondial de la transformation écologique ». D'autant plus que Suez a encore certains atouts dans sa manche. Mais les pistes s'amenuisent, nous allons y revenir.

En attendant, Veolia peut se féliciter d'avoir remporté une manche importante. La cour d'appel de Paris a en effet rejeté le recours de Suez, porté contre la décision de l'Autorité des marchés financiers (AMF) du 24 septembre dernier. Le gendarme boursier s'était prononcé en faveur de Veolia en indiquant que le groupe dirigé par Antoine Frérot avait acquis les parts d'Engie (les 29,9% possédés aujourd'hui) dans les règles et hors période de pré-offre. Si tel avait été le cas, Veolia n'aurait juridiquement pas pu racheter les parts d'Engie.

« Cette acquisition a ouvert la voie à une OPA sur le reste du capital que Veolia ne détient pas », rappelle la société, qui désormais sûre de son fait, peut continuer de travailler à une fusion. Car il ne faut pas oublier une précédente décision du Tribunal de commerce de Nanterre, en date du 3 février 2021, qui avait permis à Veolia de recouvrer ses droits d'actionnaire, ce qui lui avait ensuite permis de déposer son OPA hostile de 8 milliards d'euros. Et si le TC de Nanterre avait désapprouvé l'OPA devenue hostile ce dimanche 7 février, dès lundi, l'AMF avait pris à contre-pied la décision en annonçant que l'offre a bien été déposée dans les règles.

La médiation pour ne pas perdre la face ?

Alors que les planètes s'alignent pour Veolia, Suez n'a plus que deux solutions : limiter la casse par la médiation, dit vulgairement, ou trouver une autre alternative. L'entreprise a reçu le soutien du ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui opposé à une OPA hostile, a justement proposé aux deux groupes de privilégier une médiation, afin qu'un terrain d'entente puisse être trouvé.

Suez a confirmé, jeudi, accueillir favorablement « le principe d'une médiation dans le cadre de la tentative d'offre publique de Veolia ». Son directeur général, Bertrand Camus, avait déjà proposé ce mécanisme la semaine précédente, mais sans succès. Suez promet de faire des propositions cohérentes visant « à promouvoir son intérêt social, ses actionnaires, ses salariés et l'ensemble de ses parties prenantes ». Un nouveau wagon devrait donc s'accrocher au train Veolia-Suez dans les prochains jours.

Qu'en pense-t-on chez Clubic ?

L'histoire sans fin continue. Bon, nous sommes taquins, évidemment qu'une telle approche ne peut aboutir en quelques jours ni semaines. Mais toujours est-il que ce que nous annoncions déjà en 2020 est en train de se profiler. Peu à peu, les obstacles tombent et Veolia se dirige lentement mais sûrement vers une opération très favorable.

Les solutions s'amenuisent du côté de Suez. Les fonds Ardian et GIP, agissant un peu comme des chevaliers blancs (ce mécanisme qui en Bourse permet de solliciter un tiers visant à éviter une prise de contrôle non consentie), ne sont pas parvenus à faire pencher la balance. Une offre de surenchère était bien attendue, mais elle tarde à venir.

Reste l'ultime solution de la poison pill, la pilule empoisonnée. Le but ? Insérer des clauses, augmenter le capital ou émettre de nouveaux titres, pour dissuader l'entreprise attaquante. Mais il est peu probable que Suez en arrive à cette extrémité, le groupe ne se disant pas en difficulté.

Modifié le 12/02/2021 à 12h59
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