MWC 2012 : U. Lappalainen, VP chez Nokia, revient sur les accords avec Microsoft

Guillaume Belfiore
Rédacteur en chef adjoint - Logiciels & Services
01 mars 2012 à 16h43
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Nokia a dévoilé au Mobile World Congress plusieurs téléphones sous Windows Phone, Symbian et S40. Comment se positionneront ces terminaux ? Quels marché cibleront-ils ? Nous avons rencontré Ukko Lappalainen, vice-président du département « smart devices » chez Nokia, qui revient sur les stratégies du groupe.

Pourriez-vous revenir sur la manière dont votre partenariat avec Microsoft diffère des contrats avec les autres constructeurs ?

Ukko Lappalainen : Ce qui le rend unique c'est que Nokia n'est pas dépendant de Microsoft, c'est une dépendance mutuelle. Ce que les gens ont bien compris c'est que nous utilisons le système Windows Phone. Maintenant ce qui est peut-être moins clair c'est que Microsoft utilise les contenus et les cartes de Nokia, pas seulement dans Windows Phone mais également dans ses autres produits.

Par ailleurs les autres fabricants qui travaillent avec Windows Phone font cela en plus d'autres activités avec d'autres systèmes. Dès le début, Nokia a dit que Windows Phone serait son principal système pour les smartphones.

Et donc pourquoi avoir choisi Windows Phone plutôt qu'Android qui avait déjà fait ses preuves ?

U.L : Il nous fallait décider si nous préférerions continuer notre développement interne ou plutôt signer un partenariat. Pour ce dernier, il était clair qu'il nous fallait choisir entre Android et Windows Phone.

Avec Android nous aurions été un acteur parmi plusieurs. Et puis nous avions un élément différenciant avec nos cartes NAVTEQ et toute cette technologie de géo-localisation qui faisait pencher la dynamique vers Microsoft puisque nous pouvions continuer à investir dans ce domaine tout en continuant à en tirer profit. Enfin Microsoft avait tout particulièrement besoin de Nokia pour le succès de leur OS

Et donc un an plus tard, où en sommes-nous ?

U.L : Nous sommes très contents. Nous travaillons très étroitement avec Microsoft pour accélérer chacune des prises de décision. Chacune des équipes, qu'il s'agisse de l'ingénierie ou du marketing travaillent ensemble. Cela nous a permis d'élargir notre gamme, d'être présents dans 31 pays et puis nous allons attaquer le marché chinois. Nous y sommes déjà très présents avec Symbian mais cela va nous permettre de rattraper le haut de gamme.

Donc oui, un an après nous sommes très contents.

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Aujourd'hui nous avons S40, Symbian, Windows Phone et vous avez récemment acheté SmarterPhone. Comment allez-vous organisé ces différents OS ?

U.L : Clairement pour ce qui est du smartphone, la plateforme principale pour Nokia pour l'avenir c'est Windows Phone. Même si nous avons annoncé une innovation très importante au sein de Symbian, il ne faut pas oublier que nous avons dit et continuons à dire que l'avenir pour nous sur le smartphone c'est Windows Phone.

Mais votre engagement envers Symbian reste-t-il sérieux ?

U.L : Oui c'est sérieux mais c'est surtout pour continuer à couvrir les marchés au sein desquels Windows Phone n'est pas encore établi. Par exemple dans les pays arabes nous n'aurons pas encore une offre disponible. Un amateur de photographie pourra par exemple utiliser Symbian avec le 808 Pure View. Donc sur le smartphone nous sommes en période de transition vers Lumia.

Jusqu'en 2016, c'est ca ?

U.L : Oui c'est ca mais en réalité pour les nouveaux produits cela est déjà en train de se produire. En 2016, ce sera plutôt la fin de vie.

Ensuite, pour ce qui est du bas de gamme, il faut que le featurephone soit plus "intelligent". Pour rester compétitif il faut intégrer davantage de fonctionnalités de smartphone. C'est le cas de nos terminaux de Series 40 sur lesquels nous avons intégré des écrans tactiles, un meilleur navigateur avec la compression des pages, une nouvelle application de réseaux communautaires, une quarantaine de jeux gratuits et sur le Asha 302 il y a désormais les emails avec Exchange de Microsoft.

Smarterphone, c'est une petite société d'une quinzaine de personnes qui va nous permettre de continuer à optimiser S40.

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Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné avec MeeGo ?

U.L : Même si techniquement et technologiquement MeeGo était une plateforme intéressante et bien au point, il faut bien plus pour faire un écosystème. Il faut un support de plusieurs partenaires, il faut un support des opérateurs, il faut un support des développeurs d'applications. Selon nous, entre iOS, Android, MeeGo, Windows ou Symbian, une consolidation était nécessaire. Il y avait trop d'acteurs sur le marché et il nous semblait mieux de signer un partenariat.

Et que pensez vous du rapprochement de Samsung et Intel sur Tizen ?

U.L : Je ne connais pas bien les détails mais à la base pour Intel, Meego n'était pas seulement un système d'exploitation pour le mobile, c'était un OS multiplateforme pour les ordinateurs portables ou en tant qu'embarqué au sein des voitures. Donc je pense qu'Intel a souhaité continuer sur cette voie. Mais je n'ai pas regardé dans les détails donc je ne saurais pas vous dire quelle est la promesse.

Linux reste une opportunité dans l'industrie en général. Pour le mobile nous avons tranché notre choix mais nous avons annoncé récemment que la version 1.2 de MeeGo était disponible auprès des détenteurs d'un N9. Nous faisons des choix d'entreprise mais nous ne laissons par pour autant tomber les consommateurs, c'est un peu comme avec Symbian.

Android est souvent critiqué parce qu'il y a une fragmentation. Avec Tango puis Apollo, vous n'avez pas peur de reproduire ce schéma ?

U.L : Il faut reconnaitre que dans notre histoire nous avons eu trop de produits et le choix pour le consommateur n'a pas été facile. Aujourd'hui nous avons une gamme logique et simple. Ce n'est pas par hasard si pour nos Windows phone nous utilisons le même design avec une autre taille. Avant cela nous avions parfois 60 produits différents en vente simultanément.

Nous avons développé l'OS du Lumia 610 en partenariat avec Microsoft et pour y arriver nous avons dû tester toutes les applications pour voir leur comportement et les optimisations éventuelles à fournir. Donc nous sommes sûr à 100% que le 610 offre une bonne expérience. En revanche, l'OS est bien entendu plus optimisé sur un produit haut de gamme avec un écran plus grand et de meilleures performances.

Je vous remercie.

Guillaume Belfiore

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Je suis rédacteur en chef adjoint de Clubic, et plus précisément, je suis responsable du développement éditorial sur la partie Logiciels et Services Web.

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