Microsoft Windows : 20 ans d'histoire

05 novembre 2009 à 17h42
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Micro-Soft met un pied dans les IBM PC

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Lorsque Bill Gates démarre sa carrière, il y a plusieurs dizaines d'années de cela, il le fait en développant des appareils pour compter le nombre de véhicules empruntant tel ou tel axe de circulation. Mais en fondant Micro-Soft, le nom initial de la firme de Redmond, Bill Gates abandonne rapidement les compteurs pour se focaliser sur le développement et la commercialisation de logiciels, Micro-Soft ayant été fondé en 1975, avec pour but la vente d'un langage de programmation informatique : le BASIC.

Bien vite, Micro-Soft s'attèle cependant à une autre tâche ; le développement de systèmes d'exploitation. Développement n'est d'ailleurs pas le mot approprié, du moins en ce qui concerne le début de l'activité de Micro-Soft en la matière, puisque William Henry Gates, IIIème du nom, rachète, au terme de diverses péripéties, l'intégralité des droits de QDOS (ou Quick DOS) à son développeur, Tim Patterson. Cela afin de répondre à la demande d'IBM qui recherchait un système d'exploitation PC pour équiper ses nouvelles machines. Après avoir été porté par Tim Patterson lui-même pour le monde x86 des PC, QDOS devient... MS-DOS, DOS signifiant Disk Operating System, un acronyme bien vite détourné et déformé en Dirty Operating System.

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Mais le coup de génie de Micro-Soft c'est de vendre son logiciel à IBM non pas à un prix fixe, comme cela se faisait couramment à l'époque, mais de réclamer un pourcentage sur chacune des ventes de PC équipés de MS-DOS. Un modèle économique est né et il fera la fortune de Micro-Soft et de ses actionnaires. Soulignons au passage que ce modèle économique est aujourd'hui encore d'actualité.

De MS-DOS à Windows

Avec MS-DOS, Microsoft propose un système d'exploitation fonctionnant intégralement et exclusivement en ligne de commandes. Point n'est ici question d'interface graphique, tout se faisant au clavier avec des commandes aussi absconses que REN, CLS, DIR, MD, CD ou encore PARK (un vestige qui permettait de parquer les têtes du disque dur avant un éventuel transport du PC) pour n'en citer que quelques unes. L'informatique étant à cette époque tout à fait balbutiante, DOS est dès le départ architecturé et conçu pour gérer 640 Ko de mémoire vive, une quantité qui posera vite de nombreux problèmes puisque tout octet supérieur aux 640 Ko est considéré comme de la mémoire paginée, alors qu'au-delà du mégaoctet, la capacité mémoire est décrite comme étendue (on verra qu'avec les premières versions de Windows, la gestion de la mémoire sera un vrai talon d'Achille).

Pour chaque zone mémoire, il faut recourir à un gestionnaire de mémoire alors que la mémoire paginée demeure une zone système interdite à l'écriture. Au fil des versions de DOS, la gestion mémoire deviendra un véritable casse tête, puisque les 640 premiers kilo-octets se voient régulièrement amputés d'espace vital par les processeurs Intel étaient dotées d'un bus d'adresse 20 bits soit 1 Mo.

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Installation de MS-DOS ici dans sa version 6.22


MS-DOS c'est aussi une gestion préhistorique des pilotes : le système n'intégrant aucun pilote par défaut, sauf peut-être celui du clavier (et encore pas son layout), il faut charger un à un et manuellement les pilotes pour bénéficier par exemple de la prise en charge de la souris, de la reconnaissance du lecteur CD-ROM ou encore du clavier français. Oui, MS-DOS était par défaut conçu pour les claviers américains : un petit détour en ligne de commandes était donc nécessaire pour la reconnaissance de nos claviers AZERTY. Heureusement, Microsoft proposait à l'utilisateur de créer des fichiers de configuration automatique : le fameux Autoexec.bat, pour l'exécution automatique à chaque démarrage d'applications, et Config.sys pour le chargement des pilotes et l'optimisation de la mémoire (entre autres).

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MS-DOS au quotidien : à gauche le prompt et le listing d'un répertoire, et édition Autoexec.bat


Songez qu'à l'époque du MS-DOS 3.3, le système d'exploitation tenait sur une seule disquette de 720 Ko et qu'il était amorçable directement depuis la disquette en question. Une simple disquette permettait en principe de démarrer n'importe quel ordinateur, au détail près du format de la disquette en question. Et à l'époque du DOS les noms de fichiers ne pouvaient pas dépasser huit caractères avec une extension fixe sur trois lettres ! Autant de contraintes qui faisaient de ce système un programme fort peu convivial et franchement difficile d'accès pour le néophyte. Au fil des ans, et des versions, MS-DOS s'est quelque peu enrichi pour se doter notamment d'un Shell, c'est-à-dire un navigateur de fichiers plein écran fonctionnant avec la souris, alors que dans ses dernières incarnations, MS-DOS proposait un module de compression des données sur le disque dur afin de gagner en place et d'éviter de racheter un nouveau disque : il s'agissait de DoubleSpace, mais suite à un procès, perdu pour violation de brevets, le logiciel s'est transformé dans DOS 6.22 en DriveSpace. Un module qui rendait pour l'époque de précieux services, à ceci près qu'il n'était compatible qu'avec les systèmes Microsoft : impossible par exemple d'installer OS/2 sur un volume compressé par DriveSpace.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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