Les 1er et 2 novembre, des utilisateurs ukrainiens puis russes ont reçu sur leur téléphone des alertes annonçant des frappes nucléaires. Les deux pays ont écarté ces messages, sans désigner de responsable.

© Tomas Ragina / Shutterstock
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Air Alert, l’application qui prévient des millions d’Ukrainiens en cas de frappe, a été piratée dimanche soir. Quelques heures plus tard, c’est l'application du ministère russe des Situations d’urgence qui était visée à son tour.

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Du push d’Air Alert aux chaînes Max : le trajet des fausses alertes

Côté ukrainien, les utilisateurs d’Air Alert ont reçu des avertissements de risques radiologiques et chimiques, ainsi que d’affrontements dans les rues de Kyiv. L’un des messages, rédigé en russe, disait en substance : "Salut ! Il va y avoir une alerte nucléaire sur toute l’Ukraine. Pas d’inquiétude, l’Oreshnik est en route." L'Oreshnik est un missile balistique hypersonique russe. L'armée de l’air ukrainienne a démenti ces alertes et dénoncé une ingérence hostile. Le Centre de lutte contre la désinformation a demandé de ne pas cliquer sur des liens tiers et de ne pas relayer d’informations non vérifiées. L’application a été temporairement coupée, le temps de rétablir le service.

En Russie, les notifications sont arrivées dans les premières heures de lundi 2 novembre. Elles annonçaient que des ogives nucléaires avaient été lancées vers toutes les régions du pays, transportées par des systèmes P1-SUN. Ce sont des drones intercepteurs de conception ukrainienne, pilotés à distance grâce à une caméra embarquée (on parle de drones FPV). L’entreprise SkyFall les a développés pour abattre des drones de type Shahed et des missiles de croisière. Les utilisateurs devaient stocker trois semaines de nourriture et se réfugier dans des sous-sols. Le ministère a évoqué une attaque massive contre son application.

Les fausses alertes ne se sont pas limitées à l’application. Elles se sont aussi affichées sur des chaînes régionales du ministère sur Max, la messagerie soutenue par l’État russe, à Saint-Pétersbourg, dans la région de Moscou et dans plusieurs autres régions, dont Belgorod, Nijni Novgorod, Sverdlovsk et Tioumen. Un message similaire est apparu sur la chaîne Telegram du quartier général opérationnel de Belgorod. Rappelons que Moscou cherche à orienter sa population vers MAX, une messagerie nationale sans aucun chiffrement des communications. Cette fois, la fausse alerte est passée par un canal officiel de ce service.

Le ministère russe parle d’une vulnérabilité (une faille exploitable par un tiers) dans son application mobile et dit travailler à la corriger. Il assure que la situation est sous contrôle et invite à ne se fier qu’aux sources officielles. Reste la question de l’auteur : l'Armée de l’air ukrainienne n’a nommé personne. Futurism y voit la piste d’un acteur extérieur au conflit, puisque les deux camps sont touchés, tout en admettant que rien n’est exclu.

Source : Kyiv Post et Futurism