Île-de-France Mobilités a voté le renouvellement de près de 300 caméras de vidéoprotection dans dix gares du RER B nord. Un investissement de 5 millions d’euros, pour une installation prévue d’ici le premier semestre 2027.

Sur le RER B, la vidéoprotection passe à la révision générale, puisque près de 300 caméras vont être remplacées dans dix gares situées sur les deux branches nord de la ligne, comme on l'a appris ce vendredi. Votée le 15 octobre 2026 par le conseil d'administration d'Île-de-France Mobilités, l'opération coûtera 5 millions d'euros, pour une installation attendue d'ici le premier semestre 2027. Elle achève la modernisation des gares du RER B nord engagée avant les JO de Paris 2024, alors que les futurs trains de la ligne s’apprêtent eux aussi à embarquer davantage de caméras.
Le RER B renouvelle ses caméras de surveillance dans dix gares du nord
Pour renforcer la sécurité sur le RER B, Île-de-France Mobilités va donc remplacer près de 300 caméras de vidéoprotection dans les gares du nord de la ligne. Le chantier vise les tronçons qui filent vers Roissy et Mitry–Claye, entre Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne. Dix gares sont concernées : Aulnay-sous-Bois, Le Blanc-Mesnil, La Courneuve–Aubervilliers, Drancy, Mitry–Claye, Sevran–Beaudottes, Sevran–Livry, Vert-Galant, Villeparisis–Mitry-le-Neuf et Villepinte. Concrètement, l’opération comporte deux volets. Les caméras déjà en place dans ces gares seront remplacées par du matériel neuf. Des caméras supplémentaires seront aussi ajoutées là où c’est nécessaire, pour réduire les zones mal filmées et améliorer la couverture de l’ensemble des espaces. Île-de-France Mobilités réglera seule la totalité de la facture.
Ces dix gares étaient les dernières de la liste. Peu avant les Jeux olympiques, La Plaine Stade de France, Parc des Expositions, Le Bourget et les deux gares de l'aéroport Charles-de-Gaulle avaient déjà vu leurs caméras changer. Une fois ce chantier terminé, l'ensemble des gares du RER B nord aura ainsi été traité, selon Île-de-France Mobilités. Sur cette portion de ligne, l'insécurité nourrit depuis des années les témoignages d'usagers et les questions de parlementaires.
Pourquoi tant d'attention, d'ailleurs ? Parce que le RER B transporte environ un million de voyageurs chaque jour et enchaîne les lieux à forte affluence, comme l'aéroport Charles-de-Gaulle au bout de l'une de ses branches, Orly en correspondance avec Orlyval, la Gare du Nord ou Saint-Michel–Notre-Dame en plein Paris. Une ligne très touristique, donc, mais aussi un trajet du quotidien pour une foule de Franciliens, qui l'aimeraient sans mauvaises surprises.

Des quais aux rames, les caméras gagnent du terrain
Rapportées à l'ensemble du réseau francilien, ces 300 caméras pèsent assez peu, finalement. On en dénombre déjà plus de 80 000, dont 500 ajoutées pour les Jeux de Paris. Île-de-France Mobilités revendique plus de 300 millions d'euros investis chaque année et 3 000 agents en patrouille. Car une caméra seule ne suffit pas. Certes, elle permet de repérer une situation à risque et de donner l'alerte, mais il revient ensuite aux équipes de sûreté de la RATP et de la SNCF, aux polices nationale et municipales, à la gendarmerie ou à la sécurité privée d'intervenir au plus vite.
Les trains ne sont pas en reste. Les rames MI79 rénovées comptent déjà six caméras par voiture, et les MI84 remises à neuf en ont également reçu. Leur remplaçant, le MI20, attendu en service commercial fin 2028, montera d'un cran avec 44 caméras par rame, soit 50 % de plus qu'aujourd'hui selon les annonces. Il disposera aussi d'un système capable de transmettre les images en direct. Les quais et voitures avancent ainsi vers une couverture de plus en plus dense.
Mais que deviendront toutes ces images ? Testée pendant les JO de Paris, la vidéosurveillance algorithmique a vu une première prolongation censurée par le Conseil constitutionnel en 2025. Elle a finalement été relancée jusqu'à fin 2027 pour les grands événements. Une proposition de loi sénatoriale veut aller plus loin et l'autoriser dans les transports du quotidien. Rien n'indique que les caméras du RER B soient concernées, mais le débat est plus que jamais ouvert.