Samsung dévoile ses Galaxy Tab S12+ et Tab S12 Ultra, deux tablettes haut de gamme plus fines, plus puissantes et plus que jamais tournées vers l’intelligence artificielle. Cette rationalisation de la gamme suffira-t-elle à justifier des tarifs qui flirtent désormais avec ceux d’un ordinateur portable ?

Samsung profite de l’automne pour renouveler sa gamme de tablettes premium. Ce 30 septembre, le constructeur coréen lève le voile sur la gamme Galaxy Tab S12, et pour cette nouvelle génération, le mot d’ordre est clair : rationaliser. Seuls deux modèles font leur entrée au catalogue, la Galaxy Tab S12+ et la Galaxy Tab S12 Ultra, le fleuron destiné aux usages les plus intensifs, intelligence artificielle en tête. La Galaxy Tab S11 de 11 pouces reste de son côté au catalogue pour ceux qui cherchent un format plus compact. Écrans démesurés, châssis ultrafins, nouvelle puce MediaTek et avalanche de fonctions IA : Samsung n’a rien laissé au hasard. Nous avons pu prendre en main les deux appareils avant leur annonce. Faisons ensemble le tour du propriétaire.
Deux écrans XXL dans des châssis qui passent sous la barre des 5,5 mm
Commençons par les écrans, et Samsung ne fait pas dans la dentelle avec deux dalles à la taille particulièrement généreuse. La Galaxy Tab S12+ propose une diagonale de 12,6 pouces, tandis que la Galaxy Tab S12 Ultra joue la carte de la démesure avec un écran de 14,6 pouces, identique à la Tab S11 Ultra. Les deux tablettes s’appuient sur une dalle Dynamic AMOLED 2X, capable de grimper jusqu’à 1 600 nits en pic de luminosité, pour une luminosité moyenne de 1 000 nits. De quoi envisager sereinement une séance de travail en terrasse. Les bordures, elles, ne sont pas logées à la même enseigne : 5,2 mm sur l’Ultra, contre 7,7 mm sur le modèle Plus. Il fallait bien créer un effet de gamme pour justifier la différence de prix.
Côté design, les deux tablettes semblent sorties du même moule, mais quelques détails les distinguent. La Galaxy Tab S12+ affiche une épaisseur de 5,3 mm pour 553 grammes, quand le modèle Ultra fait mieux avec seulement 5,1 mm, malgré sa diagonale supérieure. Surtout, la grande sœur ne pèse que 692 grammes. Un chiffre qui, rapporté à la surface d’affichage, a de quoi surprendre. Les deux modèles sont par ailleurs certifiés IP68 et embarquent quatre haut-parleurs.
Même si la taille de l’écran de la Tab S12 Ultra paraît démesurée, la prise en main reste excellente. L’appareil est très agréable à tenir, le poids est correctement réparti et les tranches restent suffisamment arrondies pour ne pas rendre la préhension de l’ardoise désagréable. Et les dalles sont splendides de définition et de contraste, même si c’était déjà le cas l’année dernière. À première vue, impossible de constater une réelle progression, il faudra un essai plus long pour en analyser les vraies différences. Verdict au moment du test.
Une puce MediaTek Dimensity 9500 et une couche logicielle taillée pour l'IA
Sous le capot, Samsung confie les commandes à la puce MediaTek Dimensity 9500, gravée en 3 nm et refroidie par une chambre à vapeur 3D. Les gains annoncés par le constructeur sont substantiels : 48 % sur la partie CPU, 67 % sur le GPU, et surtout 141 % sur le NPU, le cœur chargé des calculs d’intelligence artificielle. Ce dernier chiffre en dit long sur les priorités de Samsung. L’autonomie profite de batteries confortables : 11 600 mAh pour l’Ultra, annoncée pour 23 heures de lecture vidéo, et 10 600 mAh pour la Tab S12+, créditée de 21 heures, le tout avec une recharge à 45 W. Seule l’Ultra profite en revanche du Wi-Fi 7, la Tab S12+ se contentant du Wi-Fi 6E.
Toute cette puissance sert un objectif assumé : faire de la tablette un véritable poste de travail. Le mode multifenêtre permet d’afficher jusqu’à trois applications simultanément, et la fonction Now Nudge ambitionne d’anticiper vos besoins, l’IA suggérant une action avant d’ouvrir automatiquement l’application concernée en multifenêtre. Les agents IA dynamiques permettent quant à eux d’invoquer le modèle de langage de son choix via un bouton ou un mot d’activation. Seuls trois agents sont proposés : Gemini, Perplexity et l’increvable Bixby. D’autres pourraient arriver dans les prochains mois selon les équipes du constructeur. Samsung DeX, le mode PC pour travailler comme sur l’écran d’un ordinateur, facilite enfin le passage d'un bureau à l’autre lorsqu’il est activé.
Le constructeur soigne aussi le volet logiciel et fait la part belle aux éditeurs tiers. Six mois d’abonnement à Google AI Pro sont offerts à l’achat, et Photoshop est préinstallé (et tournait comme un charme durant nos quelques minutes d’utilisation), accompagné de quatre mois gratuits. Notability, LumaFusion pour le montage vidéo et Notion font également partie du voyage. Et Samsung promet sept générations de mises à jour, un argument de poids pour une machine vendue à ce prix.
Des tarifs qui franchissent désormais le cap des 1 300 euros
Les Galaxy Tab S12+ et Tab S12 Ultra seront disponibles à partir du 7 octobre. La Tab S12+ démarre à 1 319 euros, tandis que la Tab S12 Ultra est proposée à 1 539 euros dans sa configuration 12 Go de RAM et 512 Go de stockage, en coloris Anthracite ou Argent. C’est très cher, même si la marque met en avant la variété de sa gamme et des modèles bien plus accessibles pour les particuliers.
Les accessoires, indispensables pour exploiter pleinement le potentiel de ces tablettes, alourdissent sensiblement la note. Pour la Tab S12+, il faudra compter 99 euros pour la Book Cover, 179 euros pour la Book Cover Slim et 329 euros pour le Pro Keyboard en aluminium, semblable au Magic Keyboard de l’iPad d’Apple. Les mêmes accessoires existent pour l’Ultra, à des tarifs légèrement supérieurs.
Samsung a réglé l'équation du matériel : écran, finesse, puissance, tout y est. Il lui reste celles du prix et du logiciel. À 1 648 euros minimum avec clavier, la Tab S12+ ne se juge plus face à l'iPad mais face à un PC portable. Android, lui, doit encore démontrer qu'il est autre chose qu'un grand smartphone.