Suno lance v6, une nouvelle génération de modèles pour générer de la musique par IA. Mais pour la première fois, ces derniers s'appuient sur des données concédées sous licence par Warner Music Group, BMG et Believe, plutôt que sur du contenu récupéré sans autorisation.

Nous rapportions dès juillet 2024 les poursuites engagées par plusieurs majors du disque contre Suno pour violation des droits d'auteur. Deux ans plus tard, l'un de ces litiges débouche sur un partenariat commercial et sur la première famille de modèles conçue avec l'accord de l'industrie musicale.
Trois modèles pour trois usages
La gamme v6 compte trois versions. v6, réservée aux abonnés Pro et Premier, vise un rendu régulier pour qui sait déjà ce qu'il veut. v6-wild, réservée aux mêmes abonnés, part davantage à l'aventure et sert surtout à trouver des idées à retravailler ensuite dans v6. v6-mini, gratuite, mise sur la rapidité, avec un rendu plus simple et des défauts plus visibles. Jack Brody, directeur produit de Suno, explique que les trois modèles ont été entraînés "à partir de zéro", sur un jeu de données distinct des versions précédentes, mêlant contenus sous licence et données utilisateurs. Il n'a pas détaillé la part de chacun, ni confirmé que l'ensemble des données d'entraînement provient désormais de sources autorisées.
Concrètement, v6 permet de modifier une partie d'un morceau en langage courant, sans tout régénérer, ou de changer une seule parole ou un seul instrument. Le modèle sait aussi combiner des éléments piochés dans plusieurs créations d'un même utilisateur, par exemple une voix tirée d'un morceau et une batterie tirée d'un autre, et isoler un extrait pour en tirer un nouveau rythme. Les requêtes ne se limitent plus au texte : une image, une vidéo ou un fichier audio peuvent aussi servir de point de départ.
Selon The Verge Suno V6 apporterait une réelle amélioration dans la reconnaissance des genres, y compris des styles peu courants comme le hyperpop ou le krautrock. En revanche, le modèle reste incapable de reproduire les défauts d'une interprétation humaine. Des demandes explicites de voix monocorde, d'absence de batterie ou de piano volontairement désaccordé n'ont donné aucun résultat conforme lors de ces tests. Les voix générées comportent même davantage d'artefacts sonores perceptibles que sur la version précédente.
L'accord avec Warner Music Group découle du règlement d'une plainte déposée par plusieurs majors du disque en 2024 pour contrefaçon à grande échelle. Il donne aux artistes participants un contrôle sur l'usage de leur voix et de leurs morceaux, ainsi qu'une part des revenus générés. Une fuite de données a par ailleurs révélé en 2026 que les anciens modèles avaient été entraînés sur des contenus aspirés sans autorisation depuis YouTube, Deezer et d'autres plateformes, des versions que l'entreprise retire à mesure que v6 se déploie.
