Revolut lance dès ce lundi en France son offre marchés privés, avec Apollo, Ares, Hamilton Lane et Partners Group comme partenaires. La néobanque britannique permet à ses clients d'investir dans le private equity, le crédit privé et les infrastructures.

Longtemps réservés aux investisseurs fortunés et aux institutionnels, le capital-investissement, le crédit privé et les infrastructures s'invitent désormais dans la poche de monsieur et madame Tout-le-Monde. La banque en ligne Revolut, forte de ses 75 millions de clients dans le monde, dont 8 millions en France, a annoncé lundi 27 juillet s'être associée aux Américains Apollo, Ares, Hamilton Lane et au Suisse Partners Group pour proposer ces produits directement depuis son application. Une offre encadrée par la réglementation européenne ELTIF 2.0, disponible dès aujourd'hui dans une vingtaine de pays, France comprise.
Des marchés privés enfin accessibles au grand public français sur Revolut
Jusqu'à présent, miser sur le private equity, autrement dit prendre des parts dans des entreprises non cotées en bourse, le crédit privé ou les infrastructures, supposait de disposer souvent de plus de 100 000 euros et de s'armer de patience face à des formalités dignes d'un parcours du combattant. Ces classes d'actifs, réputées performantes sur le long terme mais austères à l'entrée, restaient donc la chasse gardée des fonds de pension, des fonds souverains et des investisseurs institutionnels les plus aguerris.
Pour changer ça, Revolut a signé des accords de distribution avec quatre poids lourds de la gestion d'actifs, Apollo, Ares, Hamilton Lane et Partners Group, qui pèsent ensemble plus de 2 800 milliards de dollars sous gestion. Voilà comment une sélection de fonds soigneusement triés atterrit directement dans l'application, en parallèle des circuits institutionnels traditionnels et de leurs certaines lourdeurs administratives. Attention toutefois, car cet accès facilité n'est pas synonyme de gratuité. Des frais de gestion et des commissions de performance s'appliquent, comme sur n'importe quel fonds d'investissement classique.
Rassurez-vous, ces fonds ne débarquent pas sur l'appli au petit bonheur la chance. En fait, chaque produit passe par le filtre interne de Revolut, qui épluche la stratégie d'investissement, l'historique de performance et la capacité du gestionnaire à encaisser les tempêtes économiques. De quoi calmer un peu le vertige avant de plonger dans l'univers, forcément plus opaque, des actifs illiquides. Rolandas Juteika, responsable de la gestion de patrimoine et du trading pour l'Espace économique européen chez Revolut, constate que les marchés privés ont longtemps manqué aux portefeuilles des particuliers, « non pas par manque d'intérêt, mais par manque d'accès ». C'est désormais corrigé.
Revolut et son ambition de devenir banque principale
Sur le plan technique maintenant, notons que ces fonds s'inscrivent dans le cadre européen ELTIF 2.0 (European Long-Term Investment Fund, soit fonds européen d'investissement à long terme), conçu pour démocratiser l'accès aux investissements de long terme. Contrairement aux véhicules classiques qui immobilisent le capital pendant plusieurs années sans y toucher, la formule retenue par Revolut fonctionne en continu et propose des fenêtres de rachat à intervalles réguliers, sans pour autant garantir une sortie immédiate.
Reste que la prudence s'impose, car ces placements demeurent par nature peu liquides, les rachats ne sont jamais garantis et peuvent être restreints ou suspendus selon les conditions propres à chaque fonds. Revolut le précise noir sur blanc, ces produits s'adressent à des investisseurs capables d'immobiliser leur argent plusieurs années, pas à ceux en quête de liquidités rapides.

Revolut a fait de la France l'un de ses principaux marchés. La néobanque attend toujours son agrément bancaire auprès de l'ACPR pour proposer crédit immobilier ou Livret A. En attendant, l'acteur britannique étoffe son offre d'investissement, déjà bien garnie avec actions, ETF, fonds monétaires, obligations et Robo-Advisor, et continue de grignoter, mois après mois, la place de banque principale des Français.