Qwant devient le moteur de recherche par défaut de Waterfox. Un petit accord à l’échelle du web, mais un choix somme toute logique, entre deux acteurs qui revendiquent une navigation plus indépendante et plus respectueuse des données personnelles.

Qwant et Waterfox s’allient pour défendre une recherche web plus indépendante. © Alexandre Boero / Clubic
Qwant et Waterfox s’allient pour défendre une recherche web plus indépendante. © Alexandre Boero / Clubic

À partir du 9 juillet 2026, les utilisateurs et utilisatrices de Waterfox qui n’ont pas choisi eux-mêmes un autre moteur de recherche passeront par Qwant par défaut. Le changement ne fera pas trembler Google Search ni Microsoft Bing, mais il tombe juste pour deux acteurs qui défendent, chacun à leur manière, un web moins dépendant des géants de la recherche et de la publicité en ligne.

Waterfox trouve un moteur à son image

Waterfox n’est pas un navigateur grand public au sens où peuvent l’être Chrome ou Edge. Né en 2011 comme fork de Firefox, il s’adresse plutôt aux internautes désireux de garder la main sur leurs réglages, leur confidentialité et leur environnement de navigation. Bref, un public de niche, mais fidèle, et attentif à ce qui se passe sous le capot.

Cette identité s’est encore affirmée ces derniers mois, lorsque son fondateur, Alex Kontos, a critiqué la place grandissante de l’intelligence artificielle dans Firefox. Son reproche portait moins sur l’existence de ces fonctions que sur leur manque de transparence et leur difficulté d’audit. Pour Waterfox, un navigateur doit rester un outil que l’on comprend, pas une interface qui interprète les usages à la place de l’internaute.

Waterfox pouvait donc difficilement choisir un moteur plus raccord avec son discours. Qwant met en avant l’absence de profilage publicitaire, le respect des données personnelles et une recherche moins dépendante des grands acteurs états-uniens. Le partenariat permet aussi au navigateur de soutenir son développement par la recherche, sans adosser son modèle à l’exploitation commerciale des données personnelles.

Un pas de plus vers une recherche plus indépendante

À lui seul, cet accord avec Waterfox ne va évidemment pas bouleverser le marché de la navigation. Il offre toutefois à Qwant un relais de distribution supplémentaire. Or, dans la recherche en ligne, les choix par défaut pèsent lourd. Ils génèrent du trafic, instaurent des habitudes et donnent aux moteurs alternatifs une chance d’être utilisés autrement que par conviction militante. Petit partenariat, donc, mais symbole utile.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, ces derniers mois, que Qwant gagne sa place par défaut quelque part. Début juin, le moteur français avait déjà été retenu pour remplacer Google sur certains postes internes du Parlement européen. Une décision inscrite dans un mouvement plus large de souveraineté numérique, alors que les institutions européennes cherchent à réduire leur dépendance aux grands fournisseurs extra-européens.

Mais pour qu’une recherche indépendante existe vraiment, il ne suffit pas d’apparaître dans les paramètres d’un navigateur. C’est aussi pour cela que Qwant travaille avec Ecosia au sein de la coentreprise European Search Perspective, chargée de développer une technologie de recherche et un index web européens. Le moteur français entend ainsi réduire progressivement sa dépendance historique à Microsoft Bing, tout en construisant une infrastructure capable d’alimenter ses propres services, ceux d’Ecosia et, à terme, d’autres acteurs européens.

Qwant
  • Interface riche et conviviale
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8 / 10