On en parlait déjà en janvier : le QDEL, aussi appelé EL-QD, NanoLED ou QD-LED selon les acteurs, est la technologie que beaucoup auraient aimé voir derrière le terme QLED dès le départ. Des quantum dots qui émettent leur propre lumière sous l'effet d'un courant électrique, sans rétroéclairage LED ni couche OLED. Une promesse autoémissive, inorganique, et potentiellement plus durable que l'OLED. La théorie est solide, et dans la pratique, Samsung avance.

Au SID Display Week 2026, qui s'est tenu du 5 au 7 mai à Los Angeles, Samsung Display a présenté ses derniers prototypes EL-QD ou, plus simplement "QDEL". Et les chiffres partagés montrent une vraie progression avec une dalle de 18 pouces qui atteint désormais 500 cd/m², soit une hausse de 25 % par rapport à 2025. Le panneau de 6,5 pouces culmine à 400 cd/m², en hausse de 33 %. La présentation a même été distinguée comme "SID Distinguished Paper", une reconnaissance qui n'est pas anodine.
QDEL, l'après OLED ?
Ce n'est pas la première fois que Samsung annonce "l'après-OLED". En 2020, c'était le QNED — Quantum Nano Emitting Diode — qui devait révolutionner l'affichage avec des Nanorod LED en nitrure de gallium. Des investissements et une ligne pilote étaient alors évoqués pour 2021, avant que le projet ne soit repoussé puis mis en retrait. La technologie a ensuite disparu des radars avant de refaire parler d'elle récemment. Le QDEL mérite donc d'être suivi avec intérêt, mais aussi avec la mémoire de ces faux départs.
Ce qui change cette fois, c'est l'ampleur des engagements industriels autour de la technologie. En août dernier, le gouvernement sud-coréen annonçait un investissement de 346 millions de dollars d'ici 2032 pour développer le microLED et le QD-LED, avec une estimation du marché à 32 milliards de dollars en 2035. Ce n'est plus seulement Samsung qui mise sur cette voie, c'est un pari national.
500 nits, c'est bien, mais est-ce suffisant ?
Pour autant, les prototypes présentés à Los Angeles restent encore loin d’un produit commercial. La dalle EL-QD de 18 pouces atteint désormais 500 cd/m², un niveau encourageant pour une technologie expérimentale, mais encore éloigné des performances annoncées par les meilleures dalles autoémissives actuelles. Au même salon, LG Display mettait par exemple en avant un panneau Tandem OLED annoncé jusqu’à 4 500 cd/m², avec une réflectance de 0,3 %. La comparaison doit toutefois être prise avec prudence : on ne parle ni de la même maturité industrielle, ni du même format, ni nécessairement des mêmes conditions de mesure.
Surtout, Samsung Display n’observe pas l’OLED de loin. Le groupe produit déjà des dalles QD-OLED pour téléviseurs et moniteurs, avec une technologie autoémissive bien installée sur le marché premium. Le QDEL ne doit donc pas être lu comme une alternative immédiate à l’OLED, mais plutôt comme une piste de plus long terme, susceptible de prolonger la logique des quantum dots en allant plus loin que le QD-OLED actuel.
L’OLED garde l’avantage du concret
Le contraste avec LG Display au même salon reste intéressant, mais il ne résume pas toute la situation. D’un côté, LG continue de faire évoluer son WOLED, notamment avec ses structures Tandem destinées aux téléviseurs, aux moniteurs, aux PC portables, à l’automobile ou encore à la robotique. De l’autre, Samsung Display poursuit deux trajectoires en parallèle : le QD-OLED, déjà commercialisé, et le QDEL, encore au stade du prototype.
En 2026, l’OLED reste donc la technologie autoémissive la plus mature et la plus crédible commercialement, qu’il s’agisse du WOLED de LG Display ou du QD-OLED de Samsung Display. Le QDEL, lui, progresse à chaque salon de façon mesurable, reconnue par la communauté scientifique et soutenue par des investissements publics significatifs. Ce n’est plus une chimère de laboratoire, mais il est encore loin d'équiper nos produits du quotidien.
Source : Samsung