Fini les scans d'iris et les codes PIN en réalité virtuelle. Un logiciel détecte les micro-vibrations de votre boîte crânienne pour vous authentifier. Et il n'a besoin d'aucun capteur supplémentaire.

Taper un mot de passe avec des manettes VR est une corvée. Le scan rétinien coûte cher à intégrer. Des chercheurs de l'université Rutgers, aux États-Unis, proposent une troisième voie radicalement différente. Leur système, baptisé VitalID, exploite une donnée biométrique inédite : les vibrations que cœur et respiration propagent à travers le crâne.
VitalID : quand votre squelette devient votre identifiant
Le principe tient en une phrase. Chaque battement de cœur et chaque cycle respiratoire envoient des vibrations qui remontent le long du cou jusqu'au crâne. Comme chaque boîte crânienne possède une forme, une épaisseur et une densité osseuse uniques, ces vibrations se propagent différemment d'une personne à l'autre. Les tissus mous du visage ajoutent une couche de singularité supplémentaire. Résultat : chaque porteur de casque VR produit une signature vibratoire aussi personnelle qu'une empreinte digitale. Les capteurs de mouvement déjà intégrés aux casques XR du commerce suffisent à capter ces micro-vibrations. L'équipe, dirigée par la professeure Yingying Chen, a développé un filtre logiciel qui isole les signaux vitaux du bruit parasite des mouvements de tête. Aucun matériel supplémentaire n'est requis. Seul le logiciel fait le travail.
Les chiffres sont solides. Sur 52 utilisateurs testés pendant dix mois avec deux casques XR du commerce, VitalID a identifié l'utilisateur légitime dans plus de 95 % des cas. Le système a rejeté les imposteurs à plus de 98 %. L'étude, présentée à la conférence ACM CCS 2025 à Taipei, a reçu un Distinguished Paper Award. L'authentification fonctionne en continu et en arrière-plan. Le casque vérifie en permanence que la bonne personne le porte, sans interrompre l'expérience immersive. L'usurpation semble particulièrement difficile. On peut imiter le rythme respiratoire de quelqu'un, pas les propriétés biomécaniques de son crâne. Pour l'heure, VitalID reste un prototype. Rutgers a déposé un brevet provisoire et cherche des partenaires industriels… Prions pour que ce ne soit pas Meta !