Epic Games promet de réaliser un très gros travail cette année afin que le client de sa boutique soit plus réactif, plus complet et plus agréable.

. ©Epic Games
. ©Epic Games

Principal concurrent de la plateforme Steam, l'Epic Games Store est apprécié du fait des nombreux jeux qu'il distribue gratuitement… un par semaine depuis plus de sept ans avec, même, un jeu par jour durant les fêtes de fin d'année. Mais le service doit aussi faire avec un client à la limite de l'indigence.

« Appelons un chat un chat, notre lanceur est nul »

Lancé en décembre 2018, l'Epic Games Store s'est construit autour du succès de Fortnite, jeu emblématique. Soucieux de proposer une alternative à Steam – et sans doute un peu jaloux de son succès – Epic Games proposait SA solution.

Forcément, les débuts ont été un peu délicats avec une application globalement très instable, un manque de fonctionnalités évidents et un catalogue rachitique… en même temps, l'Epic Games Store était d'emblée comparé à Steam, plateforme près de quinze plus âgée/expérimentée. Problème, avec les années, l'Epic Games Store n'a réellement progressé que sur certains points : la bibliothèque de jeux… et le chiffre d'affaires !

Ce dernier point est la preuve que la communauté PC pouvait tout à fait accepter une autre plateforme majeure en plus de Steam même s'il faut reconnaître que le jeu gratuit hebdomadaire a bien aidé. Aujourd'hui, au cours d'une entrevue avec nos confrères d'Eurogamer, le vice president de l'Epic Games Store est revenu sur pas mal de points, sans langue de bois.

En premier lieu, Steve Allison a ainsi reconnu les problèmes du lanceur Epic Games Store, un logiciel qui est « nul. Appelons un chat un chat, il est vraiment lent » avant d'ajouter : « l'application effectue des requêtes à nos services back-end pour actualiser la page à chaque clic, et selon votre connexion, vous devrez patienter quelques secondes ».

Toute la partie « sociale » du client Epic Games est particulièrement décriée. ©Epic Games
Toute la partie « sociale » du client Epic Games est particulièrement décriée. ©Epic Games

Les promesses de lendemains qui chantent

Rarement un éditeur s'est montré aussi critique vis-à-vis de son propre outil et Steve Allison ne mâche pas ses mots en précisant : « Nous avons beaucoup de choses à corriger. […] Cela fait des années que nous devons y remédier ».

Une franchise tout à son honneur alors que le vice-président explique un peu le pourquoi du comment : « Nous nous sommes surtout concentrés sur les outils de développement et tout ce que nous faisons dans ce domaine ». Dans l'absolu, ce n'est pas une mauvaise chose et a permis à l'Epic Games Store de prendre sa place sur un marché qui n'est pas simple.

Aujourd'hui, il est plus que temps de passer à autre chose et de revenir sur le lanceur, un soft qui sert de portée d'entrée des usagers. « L'année dernière, nous avons enfin commencé à consacrer davantage de ressources à l'expérience de jeu, à tout ce dont nos joueurs avaient besoin, qu'ils souhaitaient, et sur quoi les critiques nous reprochent, à juste titre ».

Parfaitement conscient des critiques formulées à l'encontre du lanceur Epic Games Store, Steve Allison précise que la « boutique ne propose aucun aspect social, contrairement à d'autres plateformes, même sur consoles, qui permettent de communiquer avec ses amis. Nous avons tout simplement supprimé cette fonctionnalité pendant la pandémie de Covid et ne l'avons jamais réintégrée ».

Eurogame explique qu'Epic Games va « intégrer des espaces communautaires à sa plateforme, ajoutant avatars, profils de joueurs et messagerie privée au chat textuel multiplateforme ». Steve Allison a aussi expliqué qu'en mai arriveront de nouvelles options, le chat vocal et les événements indépendants des jeux.

Steve Allison, vice-président de l'Epic Games Store, ne mâche pas ses mots. ©Epic Games

Une bibliothèque plus riche, plus mondiale

D'autres nouveautés sont attendues un peu plus tard dans l'année et on parle déjà du « lancement d'une bibliothèque multiplateforme accompagnée de nouvelles fonctionnalités de gestion de bibliothèque » à l'automne.

Autre élément intéressant – au moins pour les utilisateurs d'iPhone – il est question du lancement de l'Epic Games Store sur iOS au Japon en mars et au Brésil en juin. Enfin, Steve Allison a précisé qu'une « sorte de forum » pour les usagers moins versés dans « l'instantané » sera intégrée et proposée en version test « plus tard cette année ». À l'automne peut-être ?

Ces nouveautés, dont nous attendons de voir la qualité pour nous prononcer, vont plutôt dans le bon sens bien sûr, mais Eurogamer souligne logiquement que l'on ne comprend pas bien pourquoi une société aussi importante qu'Epic Games ait pu attendre aussi longtemps pour lancer ce chantier ? Steve Allison explique que les travaux ont seulement débuté en novembre dernier.

Il faut savoir que l'Epic Games Store a connu un succès – Steve Allison ne s'en plaint pas – extrêmement rapide. Poussés par la réussite de Fortnite, mais aussi par la politique de jeux gratuits, ce sont autour de 30 millions d'utilisateurs qui se sont pressés sur la boutique au cours des 14 premiers mois. L'entreprise a été contrainte de se focaliser sur les développeurs.

« Ils ne voulaient pas se retrouver avec une infrastructure où nous devions tout gérer manuellement. […] Nous avons donc mis l'accent sur cet aspect » alors que les développeurs ont été attirés par la promesse de bien meilleurs retours que sur Steam : rappelons que la plateforme de Valve prend une commission de 30 % quand l'Epic Games Store se contente de 12 %. Steam doit d'ailleurs affronter une action collective massive au Royaume-Uni.

Steve Allison fait donc amende honorable en précisant que « toutes les critiques sont justifiées » et cite le Reddit r/fuckepic, on ne peut plus virulent, en espérant que « d'ici deux ans, nous n'aurons plus besoin de cette discussion » avant de conclure « les joueurs seront ravis lorsque ces fonctionnalités seront disponibles et nous devons absolument les implémenter au plus vite ».

Source : Eurogamer