.XXX : l'extension dédiée au X désormais accessible à tous

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Le 08 décembre 2011
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Après la période de pré-réservation qui suit habituellement le lancement d'une nouvelle extension, les noms de domaine en .XXX, destinés aux sites à caractère pornographique, sont désormais accessibles à tous, entreprises comme particuliers.

Validée en mars dernier, l'extension .XXX a été l'objet d'une période de pré-réservation, pendant laquelle seuls les entreprises et les titulaires de marques pouvaient solliciter des noms de domaine. Depuis le 6 décembre, elle est ouverte à tous, entreprises comme particuliers. Objet de longues discussions au sein l'Icann, l'organisme en charge de la gestion des noms de domaine, cette extension intervient principalement pour permettre d'identifier aisément sur Internet les contenus dits « pour adultes », même si son utilisation ne revêt aucun caractère obligatoire pour les sites à caractère pornographique. Elle est commercialisée par un registre unique, ICM Registry, qui centralise donc toutes les demandes émanant des bureaux d'enregistrement.

Au sein de l'industrie concernée, la proposition ne fait pas l'unanimité. Manwin, qui entre autres sites édite le fameux portail Youporn, a par exemple été jusqu'à déposer une plainte à l'encontre de l'Icann et d'ICM en novembre dernier. Il dénonçait alors le monopole de fait accordé à ICM, ainsi que les conditions tarifaires associées : pour Manwin, le registre s'est permis de fixer des prix élevés dans la mesure où il savait que les sociétés concernées n'auraient d'autre choix que de protéger leur marque en déposant un domaine en .xxx.

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Bien qu'ICM rejette en bloc ces accusations, impossible de nier les enjeux financiers liés au déploiement du triple X. « Plus de 80 000 dossiers ont été déposés pendant la période de préreservation », nous indiquait fin novembre Stéphane Van Gelder, membre de l'Icann, où il préside le GNSO (Generic Names Supporting Organization), et directeur général d'Indom. « C'est huit fois plus que ce qu'attendait le registre, et cela représente environ 14 millions de dollars de chiffre d'affaires ».

Les recettes devraient considérablement grimper dans les jours à venir. Pendant que les amateurs commencent à écumer les noms de domaine à succès potentiel (navrés pour ceux qui voulaient dtc.xxx), marques et organisations diverses veillent également sur leurs intérêts. Aux Etats-Unis se pose, par exemple et par médias interposés, la question de savoir si une université doit acheter son nom en .XXX pour se prémunir d'un éventuel parasitage...

En attendant, on rappelle du côté d'ICM que le .XXX s'inscrit dans une démarche de sécurité, en soulignant que les sites associés seront scannés quotidiennement afin de vérifier l'absence de menaces (malwares). En catégorisant précisément les sites pour adultes, elle permet par ailleurs de renforcer les démarches de protection de l'enfance, puisqu'il sera aisé pour un logiciel de contrôle parental d'interdire l'accès à toute adresse portant cette extension. Corollaire : elle simplifie également les éventuelles tentatives de filtrage à l'échelle d'un opérateur ou d'un pays, ce qui convient tout à fait à l'Inde.

Au delà de toutes ces considérations, reste à savoir quel accueil réserveront le public et l'industrie du charme à cette forme de label pour sites pornographiques. Si l'extension peut jouer un rôle rassurant pour le consommateur, tous les éditeurs ne voudront pas jouer le jeu. « Une bonne partie du secteur ne veut pas être labellisé de la sorte, c'est une industrie où l'on a besoin d'être discret », reconnait Stéphane Van Gelder. « Pour autant, un éditeur sérieux devrait se demander s'il n'a pas intérêt à profiter des avantages qu'apporte le label ». L'amateur de contenus X, lui, aura de toute façon le choix.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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