Les salariés de l’usine Bosch de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, sont en grève illimitée depuis mardi. Lors d’un référendum, 60 % des votants ont demandé l’arrêt de la vente du site, faute de repreneur jugé fiable.

Une grève illimitée a débuté le mardi 27 octobre 2026 à l’usine Bosch de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, où une majorité de salariés a cessé le travail. Le mouvement fait suite à un référendum interne, lors duquel 60 % des 198 votants ont réclamé l’arrêt de la vente du site, qui produit notamment des colonnes de direction (la pièce qui relie le volant au reste du système de direction), engagée par l’équipementier automobile allemand en juin 2025. En cause, des repreneurs que les syndicats jugent insuffisamment fiables, rapporte France 3 Centre-Val de Loire.
Les salariés de l’usine de Vendôme lancent une grève illimitée pour bloquer la vente de leur site
Le lundi 26 octobre fut mouvementé du côté de Vendôme, où les salariés ont été consultés par référendum sur l'avenir de leur site. Sur les 198 votants, une grande partie a réclamé l'arrêt du processus de vente. Un résultat nourri à la fois par l'usure et l'agacement. Les salariés disent être « menés en bateau » depuis des mois par une direction qui ne leur inspire plus confiance. Dès mardi, la majorité d'entre eux s'est mise en grève illimitée, un mouvement que les syndicats jugent tenable.
Le fond du problème, ce sont les candidats au rachat. Benoît Freudenreich (CFDT) et Patrick Pigoreau (CGT) assurent qu'ils n'étaient pas opposés à l'idée d'un repreneur au départ. Mais une fois les dossiers étudiés avec l'aide d'un cabinet d'expertise, le constat fut amer. Les garanties sur l'emploi ne sont pas toujours au rendez-vous, ou se résument à de belles promesses.
Le couperet est tombé la semaine dernière, avec la visite d'un nouveau repreneur. D'après les syndicats, elle aurait eu lieu à la demande du géant Stellantis, le client qui pèse le plus lourd dans la production du site. Sans retour à leur demande de plan de relance, les salariés ont d'abord débrayé, c'est-à-dire cessé le travail pour une courte durée. Bosch France dément d'ailleurs que Stellantis soit à l'origine de cette visite. Selon l'entreprise, le candidat avait simplement besoin de revenir sur place avant de retravailler son projet de relance.
Bosch maintient le cap jusqu'au verdict de décembre
La direction, elle, n'entend pas céder si facilement. Elle rappelle que 40 % des votants ne souhaitent pas arrêter la vente et que tout le monde n'a pas voté, à commencer par les intérimaires. Les syndicats écartent cet argument, puisque selon eux, ces intérimaires ne font pas vraiment partie de l'entreprise, car rattachés à une agence d'intérim. Bosch dit respecter le droit de grève, mais prévient qu'un mouvement prolongé pourrait fragiliser la confiance des clients et des repreneurs potentiels.
Selon Bosch France, les discussions sont pourtant en bonne voie. Les projets des différents candidats seront présentés le 3 décembre, et une décision sur la reprise est attendue une grosse dizaine de jours plus tard, le 15 décembre. D'un côté, on a donc une direction décidée à mener la vente à son terme. De l'autre, une majorité de votants qui refuse de signer un chèque en blanc. Les semaines à venir s'annoncent tendues.
Le site de Vendôme est assez symptomatique de ce que subit l'entreprise. Bousculé par une électrification plus lente que prévu et par la montée des concurrents chinois, le premier équipementier automobile mondial réduit peu à peu ses effectifs et revoit son organisation. Il a par exemple annoncé l'an dernier quelque 13 000 suppressions de postes d'ici 2030, en majorité en Allemagne. Le 22 octobre, il a ajouté la transformation de sa branche Mobility allemande et de trois unités de services en filiales distinctes, une réorganisation qui touchera pas moins de 62 500 salariés outre-Rhin à partir d'août 2027.