Revolut Bank S.A. vient d’obtenir son agrément bancaire de plein exercice en France, à l’issue d’une évaluation conjointe menée par l’ACPR et la Banque centrale européenne. Un feu vert qui arrive plus vite que prévu, et qui ouvre la voie à de nouveaux services pour les 8 millions de clients français de la néobanque.

Jusqu’ici, Revolut opérait en France en tant qu’établissement de crédit agréé en Lituanie, via le mécanisme de libre prestation de services propre à l’Union européenne. Un statut qui n’empêchait pas la néobanque de proposer un IBAN français à ses utilisateurs, mais qui la plaçait sous la supervision directe du régulateur lituanien plutôt que de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Cette configuration touche désormais à sa fin : en obtenant son propre agrément bancaire français, Revolut change de statut juridique, avec à la clé de nouveaux services jusqu’ici hors de portée pour ses clients hexagonaux.
Un calendrier plus rapide que prévu
Ce dénouement n’avait rien d’acquis à court terme. Encore au printemps dernier, la dirigeante de Revolut pour l’Europe de l’Ouest, Béatrice Cossa-Dumurgier, se montrait prudente sur l’échéance, refusant de confirmer une obtention dès 2026 et affirmant ne pas vouloir presser les autorités. Un principe de précaution qui se comprend au regard du précédent britannique : Revolut avait dû patienter près de trois ans avant de décrocher sa licence bancaire au Royaume-Uni, obtenue en mars dernier seulement après un long parcours d’obstacles réglementaires.
Le dossier français semble donc avoir avancé à un rythme sensiblement plus soutenu. Entre l’annonce du dépôt de la demande d’agrément et l’obtention effective du feu vert de la BCE, moins d’un an et demi se sera écoulé, un délai particulièrement court pour ce type de procédure, qui implique une évaluation approfondie de la solidité financière, de la gouvernance et des dispositifs de conformité de l’établissement.
Crédit immobilier, épargne réglementée : ce qui pourrait changer concrètement
Sur le plan pratique, concrètement, ce nouvel agrément ouvre la porte à des produits que Revolut ne pouvait pas proposer jusqu’ici en France. Le crédit immobilier en fait partie : un client pourra, à terme, financer l’achat de son appartement directement via Revolut, plutôt que de devoir passer par une banque tierce comme c’est le cas aujourd’hui. Même logique du côté de l’épargne : le Plan d’épargne en actions, ce placement qui permet d’investir en Bourse tout en bénéficiant d’une fiscalité allégée après cinq ans de détention, fait partie des produits déjà évoqués par la néobanque comme un chantier à venir, aux côtés d’autres solutions d’épargne réglementée jusqu’ici hors de portée.
Autre changement concret, quoique moins visible au quotidien : en cas de défaillance de l’établissement, les dépôts des clients français seront désormais couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution, le mécanisme français plafonné à 100 000 euros par personne, plutôt que par son équivalent lituanien. Un filet de sécurité identique sur le papier, mais géré directement par les autorités françaises.
Pour l’heure, Revolut n’a précisé aucun calendrier de déploiement concret pour ces nouveaux services, se contentant d’annoncer une bascule progressive de sa clientèle française vers cette nouvelle entité. Mais le signal envoyé est clair : après une décennie passée à bâtir son succès sur l’agilité d’une fintech, Revolut assume désormais pleinement les habits, et les responsabilités, d'une banque comme les autres.
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