L'application Photos avale les JPEG et les PNG sans broncher. Pour tout le reste, il faut installer des extensions, parfois payantes, et croiser les doigts. ImageGlass ouvre plus de 90 formats sans rien demander.

Le parc des formats d'images s'est élargi bien plus vite que les visionneuses censées les afficher. Windows 11 gère le HEIC des photos d'iPhone au prix d'une extension gratuite doublée d'une seconde, payante, pour le codec HEVC. Il a ajouté le JPEG XL avec la version 24H2, là encore via une extension du Microsoft Store, sans que l'application Photos sache pour autant afficher ces fichiers. ImageGlass, projet open source lancé en 2010 par le développeur Duong Dieu Phap, prend le problème par l'autre bout.
Plus de 90 formats, avec le moteur d'ImageMagick derrière
La couverture de formats ne tient pas à un empilement de bricolages, mais au moteur de décodage utilisé. ImageGlass s'appuie sur Magick.NET, la déclinaison .NET d'ImageMagick, la boîte à outils qui fait tourner une bonne partie du traitement d'images du web. Un format d'image sans décodeur adapté, c'est une prise électrique étrangère sans adaptateur : le courant existe, il n'arrive simplement pas jusqu'à l'appareil. ImageGlass arrive avec la valise d'adaptateurs déjà remplie.
Concrètement, la liste couvre les classiques (JPEG, PNG, GIF animé, BMP, TIFF) et les modernes (WEBP, AVIF, HEIC, JPEG XL, SVG), plus les formats de travail comme le PSD et les fichiers RAW des appareils photo. L'affichage profite de l'accélération matérielle depuis la version 9. La mise à jour 9.6 du 31 juillet 2026 a relevé la limite du cache d'images à 9 000 pixels, ce qui évite de toucher aux réglages sur un dossier de photos haute résolution.

L'interface reste celle d'une visionneuse, pas d'un éditeur : barre de miniatures, modes de zoom, diaporama, mode sans cadre, thème sombre, barre d'outils personnalisable et un outil de recadrage pour les retouches minimales.
Un code sous GPL v3, un EULA au-dessus, une version Store payante
Le modèle économique demande une seconde d'attention, parce qu'il n'est pas binaire. Le code source d'ImageGlass est publié sous licence GNU GPL v3. Par-dessus, un contrat de licence distingue deux distributions. ImageGlass Classic se télécharge gratuitement depuis le site officiel et s'utilise aussi bien à titre personnel qu'en entreprise (avec un enregistrement facultatif dans ce second cas). ImageGlass Store, la version payante du Microsoft Store, finance le projet et apporte les mises à jour automatiques.
Le suivi ne souffre pas d'ambiguïté : environ 13 900 étoiles sur GitHub et une branche 9 désormais en maintenance. Une version 10 est en phase finale de test, qui ouvre le logiciel à macOS et Linux tout en introduisant un système de greffons. Le développeur alerte en revanche sur un point qui mérite d'être répété : des faux profils GitHub et des domaines proches du sien diffusent des versions vérolées présentées comme des « correctifs portables ». Le téléchargement passe par la fiche ou par le site officiel, jamais par un miroir trouvé au hasard d'une recherche.
Windows sait donc décoder le JPEG XL depuis la 24H2, et son application Photos n'a visiblement pas été prévenue.
- Plus de 90 formats
- Interface claire et personnalisable
- Navigation rapide entre images