Meta préparerait le lancement d’une activité cloud destinée à vendre sa puissance de calcul en intelligence artificielle excédentaire, selon Bloomberg. L’action du groupe a gagné plus de 9 % mercredi à Wall Street, quand CoreWeave perdait jusqu’à 14 % et Nebius jusqu'à 17 %. Mark Zuckerberg avait déjà abordé cette piste devant ses actionnaires en mai.

Toujours plus pour Mark Zuckerberg. Le groupe californien développerait actuellement une offre pour commercialiser l’accès à sa capacité de calcul et à ses modèles d’intelligence artificielle, face aux concurrents déjà établis comme Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud, selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg. Une première offre ressemblerait à Bedrock, la plateforme d’Amazon Web Services qui héberge plusieurs modèles accessibles aux entreprises clientes, avec un accès à Muse Spark, le modèle développé par les Meta Superintelligence Labs, moyennant paiement. Sur le second volet, Meta louerait de la puissance de calcul brute, à la manière des entreprises dites « neocloud » comme CoreWeave.
À l’annonce de ces informations mercredi, l’action Meta a gagné 9,3 % pour atteindre 566 euros vers 10h04 à New York, sa plus forte progression intrajournalière depuis avril. CoreWeave a perdu jusqu’à 14 % de sa valeur, et Nebius Group, groupe néerlandais coté à New York, jusqu'à 17 %.
Meta Compute prépare deux formules de vente
Meta pilote ces deux pistes au sein de Meta Compute, l’initiative interne que le groupe a lancée en janvier pour ses centres de données et ses projets d’intelligence artificielle.
Mark Zuckerberg, big boss de Meta, avait laissé la porte ouverte à cette hypothèse fin mai, lors d’une conférence avec les actionnaires du groupe. « C'est clairement une option sur la table », avait-il déclaré. Le dirigeant avait alors précisé que des entreprises extérieures le sollicitaient presque chaque semaine pour obtenir l’accès à une offre de type API, ou pour acheter directement de la capacité de calcul à un tarif supérieur à son coût d'’acquisition.
Pour financer ses propres ambitions en intelligence artificielle, Meta a engagé des centaines de milliards d’euros dans des centres de données et des puces spécialisées. Le groupe construit notamment un centre de données évalué à 9,2 milliards d'euros dans le Mississippi, et prévoit de dépenser entre 115 et 133 milliards d'euros au total cette année. Meta conçoit également ses propres puces avec Broadcom, et loue de la capacité de calcul auprès de CoreWeave, de Google et d’Oracle pour répondre à ses besoins immédiats.
Les investisseurs propulsent l’action Meta
Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud totalisent aujourd’hui plusieurs dizaines de milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque trimestre. Meta a promis d’investir 552 milliards d'euros aux États-Unis d’ici 2028 pour bâtir son infrastructure d’intelligence artificielle.
Meta propose aujourd'hui Muse Spark gratuitement sur Facebook, WhatsApp, Instagram et sur l’application autonome Meta AI. Seuls les abonnés payants accèdent aux limites plus élevées de génération d’images et au raisonnement le plus poussé du modèle.
L'’entreprise n’a pas encore ouvert son infrastructure à des clients extérieurs. Mark Zuckerberg affirme que Meta a aujourd'hui besoin de l’ensemble de sa capacité de calcul pour ses propres projets d'intelligence artificielle. Le dirigeant pourrait revoir cette position si le groupe estime, à l’avenir, disposer d’un surplus de calcul.
Source : Bloomberg (accès payant)