À compter de ce vendredi 1er mai, un nouveau département français, déjà le quatrième, sanctionne l'usage du téléphone avec la suspension immédiate du permis de conduire, sans passer par la case tribunal.

Depuis ce vendredi matin, un quatrième département a décidé de ne plus se contenter des 135 euros d'amende et des trois points perdus, pour sanctionner la pratique interdite du téléphone au volant. Le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne et les Landes, qui étaient les pionniers d'une mesure portée par les préfets locaux, sont désormais rejoints par la Charente-Maritime. Sur place, les autorités ont pris soin d'avertir les conducteurs piégés avec l'entrée en vigueur de la mesure.
Des chiffres accablants, qui justifient la mesure de suspension immédiate du permis
En Charente-Maritime, la préfecture indique que le téléphone est impliqué dans 15 % des accidents mortels du département, soit 7 morts sur 45. Et si téléphoner au volant multiplie déjà par 3 le risque d'accident, lire un simple SMS fait bondir ce chiffre à 23. Une statistique qui ne laisse personne indifférent sur le danger du smartphone.
Pour lutter contre cette accidentalité qui résiste aux campagnes de prévention et aux contrôles renforcés, le préfet de Charente-Maritime, Brice Blondel, a agi conjointement avec les procureurs de la République de Saintes et La Rochelle. Ensemble, ils ont activé un levier jusqu'ici rarement utilisé, celui de la suspension administrative du permis, prévue à l'article L. 224-7 du code de la route.
Avant de sévir, une phase de pédagogie a rythmé tout le mois d'avril. Chaque conducteur verbalisé pour usage du téléphone au volant s'est vu remettre une lettre d'avertissement signée du préfet en personne, indiquant que les sanctions habituelles s'appliquaient encore… jusqu'à ce vendredi 1er mai.
Suspension jusqu'à six mois et 200 euros d'amende, le détail des nouvelles règles qui entrent en vigueur
Manipuler son téléphone en conduisant peut donc entraîner une suspension immédiate du permis, pour une durée pouvant aller jusqu'à six mois, en Charente-Maritime. Mesure administrative oblige, elle peut être prononcée sur-le-champ, sans attendre de jugement pénal.
Sur le plan pénal d'ailleurs, les contrevenants s'exposent aussi à une contribution citoyenne de 200 euros, versée directement à une association d'aide aux victimes d'accidents. Un montant volontairement supérieur à l'amende forfaitaire classique de 135 euros, pour que la sanction soit un petit peu plus dissuasive.
La Charente-Maritime rejoint ainsi les trois premiers départements à avoir mis en place la suspension immédiate du permis, après les Landes en novembre dernier, le Lot-et-Garonne en février 2026, et le Pas-de-Calais dans la foulée. Plusieurs centaines de permis ont ainsi été retirés grâce à ce système.