Suite à la fermeture des serveurs de son jeu de course en ligne The Crew, le géant Ubisoft n’a pas provoqué seulement la grogne des joueurs, mais aussi celle d'une célèbre association de consommateurs.

Lancé en 2014, le jeu The Crew a été désactivé par Ubisoft en 2024. ©Ubisoft
Lancé en 2014, le jeu The Crew a été désactivé par Ubisoft en 2024. ©Ubisoft

Lancé en 2014, le jeu vidéo The Crew reposait, comme tant d’autres depuis, sur une connexion réseau permanente, indispensable à son bon fonctionnement. En avril 2024, Ubisoft a procédé à la fermeture des serveurs, de quoi rendre le jeu totalement inutilisable, y compris en solo. Une atteinte aux droits essentiels des consommateurs, selon UFC-Que Choisir , qui a décidé ce mardi 31 mars d’assigner l’éditeur en justice.

L’affaire The Crew dans le viseur de l’UFC-Que Choisir

Selon la célèbre association, en coupant net l’accès des joueurs à The Crew, Ubisoft a suscité une vive controverse autour du respect des droits des consommateurs.

L’éditeur s’appuie en effet sur ses conditions générales pour affirmer que les utilisateurs n’achètent pas réellement le jeu, mais uniquement « une licence d’utilisation », celle-ci étant susceptible d’être retirée à tout moment. Une position jugée difficilement acceptable par de nombreux joueurs.

En assignant Ubisoft en justice, UFC-Que Choisir demande « la suppression de certaines clauses abusives des conditions contractuelles d’Ubisoft et l’arrêt de pratiques commerciales qu’elle considère comme trompeuses au préjudice des consommateurs. »

Une volonté de combattre les dérives du secteur vidéoludique dans son ensemble

En plus de diverses clauses purement contractuelles, UFC-Que Choisir rappelle que les joueurs n’ont jamais été loyalement informés sur le caractère éventuellement temporaire de l’accès au jeu qu’ils achetaient en s’offrant The Crew.

« Ubisoft a en effet laissé croire aux joueurs qu’ils bénéficiaient d’un droit d’usage non conditionné alors que l’utilisation du jeu était en réalité subordonnée à un service en ligne (serveur) dont l’éditeur a finalement interrompu l’accès à sa discrétion, rendant de facto le jeu inutilisable », indique l’association.

Avec cette action en justice, l’UFC-Que Choisir poursuit plusieurs objectifs clairs, notamment mettre un terme à des pratiques jugées préjudiciables et obtenir la suppression des clauses contestées. À cela s'ajoute le fait de faire reconnaître le préjudice porté à l’intérêt collectif des consommateurs.

L’association espère ainsi décrocher une décision de référence, susceptible de mieux encadrer les obligations des éditeurs de jeux vidéo dans leur ensemble. Rappelons que depuis 2014, de plus en plus de jeux exigent une connexion permanente à Internet pour fonctionner pleinement, ce qui permet aux éditeurs de désactiver à distance, sans justification ni solution alternative, des jeux pourtant légitimement acquis par les consommateurs.

La préservation du patrimoine vidéoludique est également au cœur des débats, avec la disparition progressive (ces derniers mois encore) de jeux devenus subitement inaccessibles, faute de serveurs actifs.

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