TSMC affiche complet jusqu'en 2028 pour sa production en 2 nanomètres. Le fondeur coréen pourrait enfin récupérer des contrats qui lui échappaient depuis des années.

Le carnet de commandes du géant taïwanais de la fabrication de semi-conducteurs est déjà saturé. NVIDIA, Apple, AMD et Qualcomm ont réservé l'intégralité des capacités de production 2 nm de TSMC pour les trois prochaines années. Ces entreprises ont sécurisé leurs volumes en amont pour garantir leur accès au processus de gravure le plus avancé du marché. Problème : TSMC ne pourra pas construire de nouvelles lignes de production assez vite pour absorber la demande à court terme. Une fenêtre s'ouvre donc pour le fondeur sud-coréen, qui a massivement investi dans le 2 nm et qui apparaît aujourd'hui comme l’unique alternative crédible.
TSMC saturé, les clients contraints de chercher ailleurs
Les plus gros acteurs du secteur ont verrouillé leurs approvisionnements chez TSMC jusqu'en 2028. Apple, Qualcomm, AMD et NVIDIA se partagent les créneaux disponibles, ne laissant aucune place pour de nouveaux entrants ou des commandes supplémentaires. Le Taïwanais continue d'étendre ses installations, mais les délais de construction ne lui permettront pas de répondre aux besoins immédiats, comme relayé par SamMobile.
Sans surprise, cette saturation contraint les clients potentiels à chercher ailleurs. Or, le marché des fonderies capables de graver en 2nm se limite actuellement à deux acteurs : TSMC et Samsung Foundry. Pas d'alternative tierce, pas d'issue de secours. Les entreprises qui ne trouvent pas de place chez le leader doivent alors se tourner vers la Corée du Sud, et plus principalement vers la firme étoilée.
Samsung peut-elle vraiment profiter du blocage chez TSMC ?
Le fondeur coréen ne représente que 10% du marché mondial des fonderies face aux 72% de TSMC. Un écart colossal, hérité notamment des déboires rencontrés avec la technologie 3 nm, qui avait déçu en termes de rendement et de fiabilité. Les clients avaient alors massivement privilégié TSMC.
Le 2 nm pourrait toutefois rebattre les cartes. Les rendements du procédé développé par Samsung sont désormais jugés satisfaisants, un signal encourageant pour regagner la confiance des industriels. Reste bien entendu à confirmer cette dynamique dans le temps. Les investissements engagés doivent encore se traduire par une production stable et maîtrisée à grande échelle. Si le groupe parvient à démontrer cette régularité, une partie des commandes aujourd’hui captives chez TSMC pourrait progressivement être redirigée vers ses lignes de production. Les prochains mois seront de toute évidence déterminants pour concrétiser (ou non) ce basculement.
Source : SamMobile