Pour son prochain grand saut dans l’électrique avec sa Luce à venir, le constructeur italien Ferrari a-t-il jeté un œil nostalgique vers le Japon mécanique du siècle dernier, en particulier du côté d’un certain Mazda ?

Avec le concept Luce, la marque italienne Ferrari va explorer une esthétique radicale qui rompt avec les courbes organiques de ses dernières productions. Ce projet, dont on a pu récemment découvrir l'intérieur imaginé par les anciens de chez Apple Jony Ive et Marc Newson, préfigure l’ère « zéro émission » du constructeur basé à Maranello.
Mazda peut-il éteindre la lumière chez Ferrari ?
Le nom choisi par le constructeur ? Luce, tout simplement « lumière » en italien. Sauf que le constructeur japonais Mazda a tout récemment jeté un froid sur la future voiture électrique italienne, en renouvelant la protection de ce nom qu’il utilisait déjà sur une berline produite entre 1966 et 1991. C’est ce que rapporte le magazine spécialisé AutoMoto.
Aussi, la Ferrari Luce pourrait bien devoir changer d’identité avant même sa présentation officielle en mai prochain. Un vrai coup de théâtre qui rappelle les galères d’Alfa Romeo récemment, qui avait été contraint de renommer sa Milano en Junior, en réponse alors à diverses polémiques politiques et légales.
Ne l’appelez pas « Luce », mais… « Ferrari Luce » !
En 2017, Mazda jouait d’ailleurs sur la fibre nostalgique en dévoilant le concept Vision Coupe, un exercice de style alors directement inspiré de la Luce Rotary Coupe de 1969. Un clin d’œil assumé à son héritage, que le constructeur japonais semble aujourd’hui vouloir prolonger. Début mars, Mazda a en effet procédé au renouvellement de l’appellation « Luce » auprès de l’office des brevets nippon.
Un timing loin d’être anodin, et une initiative qui pourrait venir perturber les plans de Ferrari, alors que la marque italienne s’apprête à lever le voile sur son tout premier modèle 100 % électrique. En toile de fond, une question de taille : la possibilité, ou non, d’exploiter commercialement le nom « Luce », désormais potentiellement verrouillé sur certains marchés.
Du côté de Maranello, on affiche toutefois une certaine sérénité. Ferrari précise détenir les droits sur la dénomination complète « Ferrari Luce » au niveau international, estimant qu’« il n’existe pas de droits actifs de tiers en conflit avec les nôtres ». Une position ferme, qui laisse entendre que le constructeur ne compte pas revoir sa copie à ce stade.
Reste que le feuilleton est loin d’être terminé. Il faudra attendre la présentation officielle, toujours programmée pour la fin du mois de mai, pour savoir si le premier véhicule zéro émission de Ferrari conservera effectivement cette appellation. D’ici là, le dossier « Luce » s’impose déjà comme un point de tension pour le moins inattendu entre les deux constructeurs.