Vous entendez ce bruit ? C'est le son des bouchons de champagne qui sautent chez les fabricants de PC après un quatrième trimestre explosif. Mais ne vous y habituez pas : la gueule de bois de 2026 s'annonce déjà, et elle risque d'être particulièrement violente pour votre portefeuille.

Pour comprendre l'euphorie ambiante, il faut regarder les chiffres rapportés par l'IDC : le marché du PC ne va pas seulement bien, il flambe. Avec une croissance insolente de 9,6% sur les trois derniers mois de 2025, le secteur a écoulé 76,4 millions de machines, bouclant l'année sur une hausse globale de 8,1%. Une performance que l'on n'avait plus vue depuis l'ère pandémique. Pourtant, derrière ces graphiques qui montent vers le ciel, se cache une réalité bien moins rose pour l'année qui démarre. Ce n'est pas une simple reprise, c'est une course contre la montre avant l'impact.
Lenovo et HP raflent la mise, Apple fait du surplace
Si vous cherchez les grands gagnants de cette frénésie d'achat, regardez du côté de la Chine et des États-Unis. Lenovo conforte sa place de numéro un mondial avec une arrogance statistique presque indécente : 19,3 millions d'unités vendues et une croissance de 14,4%. HP n'est pas en reste et signe une progression à deux chiffres (+12,1%), profitant à plein du renouvellement massif des parcs informatiques en entreprise.
Ce rush s'explique par un calendrier brutal : la fin du support de Windows 10 en octobre dernier a forcé la main aux retardataires. Les DSI du monde entier ont dû sortir le carnet de chèques pour remplacer des flottes entières devenues obsolètes du jour au lendemain. Même Dell, pourtant plus conservateur, tire son épingle du jeu avec 11,7 millions de PC livrés. En revanche, la firme de Cupertino fait grise mine. Avec un maigre +0,2%, Apple semble avoir atteint un plafond de verre, ses Mac peinant à séduire au-delà de sa base fidèle dans ce climat d'urgence utilitaire, mais cela pourrait changer avec ses projets sur l'entrée-de-gamme.
Pourquoi 2026 va faire mal au portefeuille
Ne nous voilons pas la face : ce pic de 2025 n'était pas naturel. Il a été dopé par une combinaison toxique de peur et de spéculation. Les constructeurs et les revendeurs ont massivement stocké des machines en fin d'année, anticipant des hausses de taxes douanières et, surtout, une pénurie de composants critique. Comme nous l'analysions récemment, la tension sur la mémoire vive est devenue un problème central. La demande vorace des centres de données pour l'IA assèche les stocks de RAM, et cette pénurie de RAM a des conséquences directes sur le marché du PC : les prix des barrettes et des SSD s'envolent.
L'IDC prévient déjà que 2026 sera « extrêmement volatile ». Les fabricants, coincés par ces coûts de production en hausse, n'auront d'autre choix que de répercuter la facture sur le consommateur final ou de rogner sur les fiches techniques. C'est la fin de l'abondance. De plus, le secteur fait face à un effet de saturation classique. Une grande partie des acheteurs potentiels s'étant équipés en urgence l'an dernier, la demande va mécaniquement s'effondrer. C'est exactement le scénario que nous redoutions pour le secteur du jeu vidéo, où le marché du gaming PC attendait ce pic avant une chute brutale. Si vous avez acheté votre machine en 2025, félicitations, vous avez probablement fait l'affaire de la décennie ; pour les autres, préparez-vous à payer plus cher pour moins bien.
Source : Tech Spot