SNEP : musique numérique à la traine, Hadopi attendue

01 juin 2018 à 15h36
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Pour le SNEP, qui représente les intérêts des éditeurs de musique en France, le constat du premier semestre 2008 est sans appel : avec des ventes de disques toujours en baisse, et un secteur de la musique numérique qui ne parvient absolument pas à compenser le déclin du marché physique, il devient de plus en plus urgent de définir un cadre précis venant régir les échanges de biens culturels sur Internet et... enrayer une fois pour toute le piratage, toujours considéré comme la principale source des maux du secteur.

- 12,2% sur un an

Le marché de gros de la musique enregistrée connait, pour le premier semestre 2008, une baisse de 12,2% pour atteindre 279 millions d'euros. Les ventes de musique sur supports physiques (CD, singles et vidéos musicales) connaissent sans surprise une baisse plus importante, évaluée à 17,7%. Les singles sont les plus touchés par la crise, avec un chiffre d'affaires en baisse de 45,2% sur un an.

Du côté des ventes numériques en revanche, la croissance est toujours au rendez-vous, mais avec 36 millions d'euros de recettes sur les six premiers mois de 2008, on peine à compenser l'érosion des ventes de disque. Le numérique enregistre toutefois une progression de 56,9% sur un an, bien plus marquée en France qu'au niveau mondial, pour lequel la hausse n'est que de 15%.

La téléphonie mobile représente le gros des ventes, avec 20,3 millions d'euros de chiffre d'affaires, devant les téléchargements à l'acte sur Internet (12,4 M€) et les offres de type streaming et abonnement qui, avec 3,3 millions d'euros, enregistrent toutefois une croissance de 370% sur un an.

De la valeur de la musique...

Toute la profession caresse l'espoir de voir repartir à la hausse les ventes de CD, mais l'on commence à admettre ouvertement que l'essor du numérique entraine de nouveaux modes de consommation de la musique, une tendance contre laquelle il serait stérile de lutter. La fin des combats d'arrière-garde ? Si les canaux de distribution se multiplient, il importe toutefois pour le SNEP de ne pas perdre de vue la question, primordiale aux yeux des producteurs, de la valeur de la musique.

« Rien ne dit qu'une forme d'exploitation prendra le pas sur les autres à l'avenir. Il faut donc s'habituer à ce que les sources de revenus se multiplient », explique Christophe Lameignère, président du SNEP, pour qui les offres d'abonnement illimité, ou les sites d'écoute gratuite financés par la publicité posent un problème de taille : la baisse, dans des proportions importantes, de la valeur unitaire d'un morceau de musique. Le problème du secteur serait donc double : il importe d'attirer les consommateurs vers les nombreuses offres légales disponibles, mais aussi de réfléchir à la façon dont ces offres peuvent correctement valoriser la musique.

« Internet est le seul endroit où la consommation de biens culturels n'est pas organisée », commente Christophe Lameignère. La branche française de l'IFPI, qui appelait déjà de ses voeux la loi « Création et Internet » en avril dernier, continue à y placer ses espoirs : endiguer le piratage, c'est forcer les consommateurs à se tourner vers les offres légales, et donc stabiliser ces dernières autour de modèles permettant aux éditeurs de renouer avec la croissance.

Hadopi : première lecture avant Noël

Au coeur d'une rentrée parlementaire mouvementée, difficile pour les deux chambres de se consacrer à l'épineux dossier de la loi « Création et Internet », autrement appelée loi Hadopi, du nom de l'Autorité qu'elle est censée instituer. Initialement prévue pour le mois de septembre ou d'octobre, la première lecture pourrait finalement n'avoir lieu qu'en fin d'année, repoussant la promulgation de la loi au printemps 2009. « L'engagement du président de la République sur ce dossier est intact », rappelle Hervé Rony, directeur général du SNEP. Les difficultés seraient donc d'ordre « technique, mais pas politique ».

Quoi qu'en dise le SNEP, le caractère éminemment politique du dossier est incontestable, en témoigne les virulentes réactions au concept de riposte graduée aussi bien en Europe qu'en France. On se souviendra également des débats houleux qui avaient accompagné la réflexion autour des dossiers licence globale et loi DADVSI. Une façon d'aplanir ces difficultés serait-elle de procéder à la première lecture au cours d'une de ses sinistres soirées de décembre, où la majorité des députés préfère aux bancs froids de l'Assemblée la chaleur d'un bon fauteuil ?

« On retrouvera la santé pour une raison simple : la musique est indispensable à la société », conclut sur une note d'optimisme Christophe Lameignère. Les maisons de disque le sont-elles également ? D'aucuns estiment que le marché de la musique serait bien plus vivant s'il n'était pas figé dans le carcan des modèles de distribution actuels. D'autres rappellent que s'il tourne pour beaucoup autour de la musique dite « enregistrée », le marché de s'y limite certainement pas.
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