Après Alibaba, la Chine continue de s'attaquer à l'empire de Jack Ma en régulant la Fintech Ant Group

29 décembre 2020 à 18h55
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Jack Ma © Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com
Jack Ma, le fondateur d'Alibaba, à Paris en 2019 (© Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com)

L'entreprise financière de Jack Ma est à son tour dans le viseur des autorités chinoises, décidées à freiner le mastodonte technologique érigé par l'entrepreneur.

Jack Ma et ses activités ne semblent plus être en odeur de sainteté dans l'empire du Milieu. Alors que le groupe Alibaba , soupçonné de pratiques anticoncurrentielles, fait l'objet d'une enquête du régulateur du marché chinois, Pékin s'intéresse désormais à la Fintech fondée par le milliardaire, Ant Group, qui fut longtemps rattachée au géant du e-commerce, en tant que filiale.

La banque centrale chinoise veut pousser Ant Group à « revenir à ses origines »

Le 26 décembre, plusieurs autorités chinoises, parmi lesquelles la Banque centrale de Chine, la Commission chinoise de réglementation bancaire ou la Commission de réglementation des valeurs mobilières, se sont réunies pour discuter du cas d'Ant Group. Le lendemain, le 27 décembre, le vice-gouverneur de la banque centrale de Chine, Pan Gongsheng, a dressé un tableau peu reluisant de l'entreprise financière devant les journalistes de l'empire du Milieu.

La Chine reproche à Ant Group de s'être trop éloignée de son cœur d'activité : le paiement en ligne, dont elle est un leader. Car ces dernières années, la firme de Hangzhou a aussi fait dans l'assurance ou dans le crédit. Les autorités chinoises veulent ainsi que le groupe en revienne à ses « origines », à savoir le paiement en ligne, pour ainsi renforcer la transparence des différentes opérations qui transitent par lui. C'est en tout cas ce qui a été indiqué aux représentants d'Ant, qui ont rencontré les régulateurs ce week-end à Pékin.

La banque centrale chinoise considère qu'Ant Group adopte un comportement illégal arbitraire, outre la critique portée à la gouvernance de l'entreprise, jugée « fragile ». Elle profite, selon les autorités, de son statut sur le marché pour exclure les opérateurs commerciaux concurrents, portant atteinte aux intérêts des consommateurs. Pékin veut ainsi « interdire strictement la concurrence déloyale » à laquelle se livrerait la Fintech.

Jack Ma, toujours si loin mais si près de la galaxie Alibaba

Outre le focus souhaité sur le paiement en ligne, la banque centrale de Chine demande à Ant Group de se conformer aux lois et règlements protégeant la confidentialité et les données personnelles des Chinois s'agissant des crédits personnels. « Le groupe doit pleinement prendre conscience de la gravité et de la nécessité de satisfaire aux exigences de régulation, établir un plan de rectification et un calendrier de mise en œuvre dès que possible », indiquent les autorités chinoises.

Ant Group, de son côté, indique vouloir créer un groupe de travail de rectification et promet de coopérer avec les régulateurs durant leur enquête. La Fintech avait vu son introduction en Bourse bloquée tout récemment, à quelques heures de son lancement officiel à Shanghai et Hong Kong. S'il a quitté ses responsabilités de dirigeant pour se consacrer à la philanthropie, Jack Ma demeure toujours très proche de l'empire qu'il a créé, au travers des actions qu'il possède.

La Chine, elle, entend aller plus loin qu'une simple invective. De manière générale, Pékin veut maintenir une concurrence loyale sur le marché de la Fintech et prône désormais une « tolérance zéro » pour toutes les violations de lois ou de règlements.

Modifié le 30/12/2020 à 09h15
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