Test du kit Bluetens : l'objet connecté qui remplace le kiné ?

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Le 18 octobre 2016
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Les objets connectés dont nous avons le plus parlé dans nos colonnes sont essentiellement des équipements pour la maison et des accessoires de mesure de soi (montres, bracelets et autres appareils pour sportifs). Mais il y a une troisième catégorie qui rassemble de plus en plus d'acteurs : la santé (et le bien-être). C'est assurément à cette famille qu'appartient le français Bluetens, et son appareil « d'électrostimulation connectée », du même nom. Un kiné à domicile ?

Ce test étant assez personnel, j'emploierai la première personne. Lorsque Bluetens m'a proposé de tester sa solution d'électrothérapie, je me suis senti un peu désemparé. A quoi ça sert ? Suis-je légitime ? Puis le caractère grand-public de l'offre - et ma curiosité titillée - m'ont décidé. Bluetens a commencé par me demander de remplir un questionnaire plutôt dense, afin que les kinésithérapeutes de l'équipe me concoctent une ordonnance sur-mesure : âge, port ou non d'un pacemaker, épilepsie, contre-indications, douleurs existantes et périodicité (permanentes ou ponctuelles), pratique sportive, niveau, blessures, etc. Comprenez bien que Bluetens ne pourra pas appliquer ce traitement de faveur réservé aux testeurs à tous les futurs clients du « kiné connecté ». Les utilisateurs pourront en revanche planifier des séances via l'application.

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Alors pour être parfaitement transparent, j'ai 35 ans, il m'arrive occasionnellement d'avoir des lombalgies ou douleurs cervicales et je ne suis pas spécialement sportif si ce n'est que je fais 17 km à vélo par jour travaillé. Mon ordonnance préconise alors ceci :

  • une séance de « Massage Sportif » ou « Massage détox » des mollets après chaque trajet
  • un « Massage détente » ou « Détente des tensions musculaires » ou encore « Détente et apaisement » du haut du dos en cas de douleurs cervicales
  • des séances « abdos en béton » régulières pour l'entretien musculaire

En dehors de l'aspect redondant des traitements de détente musculaire, les recommandations semblent pleines de bon sens. C'est l'heure de déballer le produit et de découvrir son fonctionnement.

Présentation du kiné connecté


Le Bluetens se compose d'un minuscule boîtier (4 x 6 x 1,2 cm et 25 grammes), d'un câble d'électrodes, d'électrodes autocollantes (qualifiées de consommables) et de l'application mobile Bluetens (iOS et Android). Rien de compliqué dans le fonctionnement : on raccorde le câble d'électrodes au boîtier, on dispose les quatre électrodes autocollantes sur la zone du corps voulue, on branche les têtes de câble aux électrodes (boutons pression) et on lance l'application. Attention à ne pas confondre le câble d'électrodes avec des écouteurs d'iPhone. Mais normalement, personne n'a quatre oreilles...

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Première précision : le boîtier, qui assure à la fois l'envoi des signaux électriques et la synchronisation des programmes avec l'application, fonctionne sur batterie. Et bonne nouvelle : le Bluetens ne sera pas un énième appareil connecté qu'il vous faudra recharger quotidiennement, puisqu'il dispose d'un mois d'autonomie. Deuxième point à signaler : Bluetens livre de base un sachet avec quatre électrodes carrées au format S (5 x 5 cm) et quatre au format M (5 x 10 cm). Mais il est possible d'acheter séparément des packs d'électrodes (12 S ou 8 M), pour 14,90 euros.

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Bluetens annonce même des électrodes « Papillon » et « Surf » pour décembre, fonctionnant avec le kit sans fil. On met le boîtier dans un petit support qui se fixe directement aux nouvelles électrodes, sans utiliser de câble.

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Ces électrodes sont bel et bien le consommable de la solution Bluetens, puisque même si elles sont lavables et leur face adhésive, gluante à souhait - ça me fait penser aux mains collantes, ces jouets de ma jeunesse -, elles finiront par ne plus coller à la peau au bout de 20 à 30 utilisations en moyenne. Bluetens a cependant fait le maximum pour préserver la durée de vie de ses électrodes, en employant notamment des feuilles de plastique où sont clairement indiqués le sens et l'endroit pour les repositionner. Le petit smiley côté glu ne sert à rien mais c'est une façon sympathique de faire vivre le logo de la marque.

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L'application au coeur du système


Difficile d'aller plus loin sans parler de l'application Bluetens, chef d'orchestre du dispositif. En effet, c'est l'application qui donne les ordres au boîtier, mais c'est aussi elle qui permet de savoir où est-ce qu'il faut positionner les électrodes et quel type de massage choisir. Après une installation toute simple (identifiant, mot de passe), me voilà propulsé dans le vif du sujet. Et là encore, c'est d'une simplicité enfantine : choix de la zone, type d'action (relaxer, renforcer ou soigner) et « Go ! ».

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Les quinze zones couvrent l'essentiel de l'anatomie.


Une fois la zone et le type d'action déterminés, l'application propose différents programmes parmi lesquels il n'est pas toujours simple de choisir. Dans mon cas de figure, pour soulager mes cervicales, j'ai le choix entre six massages d'après l'effort (détox, intense, sportif, tonus, récupération active, récupération intense) et quatre relaxations quotidiennes (massage confort, détente, no stress et relax). Et ça, ce n'est que la partie relaxation. Dans « soigner » et « renforcer », l'application recense jusqu'à dix-sept exercices de travail musculaire plus six programmes « esthétiques » !

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Cependant, aucun risque de se laisser embarquer à l'aveugle sur une séance inadaptée : pour chaque combinaison envisagée, un petit descriptif précise la durée du programme, l'intensité à paramétrer, l'utilité et la récurrence. La description des « abdos en béton » m'angoisse légèrement, mais je tente. A ce stade, en appuyant sur « Go », j'arrive à l'avant-dernière étape : la disposition des électrodes, montrée par un schéma. C'est là qu'il reste à indiquer le type d'électrodes (S ou M) et le recto ou le verso (sur les parties du corps qui s'y prêtent). J'appuie sur « Go » à nouveau, puis sur le bouton bleu du Bluetens et c'est parti !

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Le Bluetens à l'usage


Le Bluetens est simple à utiliser, mais pas forcément évident à mettre en place. En effet, coller les électrodes dans le dos sans l'aide d'une tierce personne requiert soit des aptitudes particulières, soit une ingéniosité débridée. J'ai opté pour la deuxième méthode en m'aidant d'un miroir, ce qui, quand on a déjà mal aux cervicales, devient particulièrement périlleux comme exercice. Au moins, j'avais une vraie bonne raison de me faire masser. La pose est d'autant plus délicate que sur le schéma de l'application, le dos de gladiateur romain entraîne un espacement des électrodes que bizarrement, je ne retrouve pas appliqué à ma propre morphologie. Sûrement un miroir déformant...

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Chez moi, ça ne fait pas ça quand je mets quatre électrodes M


A force de tentatives motivées, on finit par y arriver. J'ai par la suite sollicité l'aide de ma compagne, c'est nettement plus efficace, même si tant qu'à faire, j'aurais préféré qu'elle me prodigue elle-même les soins. Toujours dans le même registre : quand on pose une électrode - à plus forte raison, une neuve qui colle bien - sur une zone du corps poilue (le mollet par exemple), il faut bien avoir en tête que son retrait embarquera quelques poils au passage. Enfin, on ne sait pas toujours où faire passer ou pendre les câbles, ni ce qu'on doit faire du boîtier. Il est tellement léger qu'il a vite fait de valdinguer.

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Les électrodes neuves collent très fort


Sur le fond, l'électrothérapie en soi est plutôt étonnante, avec un bienfait - ou en tout cas sa perception - qui va dépendre du type de programme choisi. Là où l'expérience surprend réellement, c'est dans la variété des effets reproduits. Il y a la petite impulsion, qui provoque une contraction rapide et ponctuelle du muscle. Mais également des impulsions plus longues qui donnent le sentiment d'une pression, un courant plus diffus qui provoque les picotements d'une friction ou encore une sorte d'onde qui simule un pétrissage du muscle. Troublant la première fois, parce qu'on ne s'attend pas à autant de réalisme, et assez plaisant par la suite, sous réserve de bien doser l'intensité. Celle-ci va du courant quasi-imperceptible qui chatouille le derme à la « décharge » qui fait bouger les muscles. On peut la moduler depuis l'application mais aussi en tournant la molette du Bluetens : attention à ne pas la manipuler par erreur, ça peut surprendre.

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En ce qui me concerne, l'aspect renfort musculaire ne m'intéresse pas. Non pas que je n'en aie pas besoin, mais si je veux me gainer le torse en faisant des abdos, je ne vais pas le faire en regardant le JT de 20 h dans mon canapé. En revanche, la relaxation et le soin sont deux propositions qui me parlent. Sur la relaxation, j'avoue que je préfère encore (et de loin) un vrai massage. Se détendre avec les fils qui pendouillent n'est pas non plus l'idéal. Néanmoins, l'aspect « c'est quand et où je veux » n'est pas déplaisant. Et les petites frictions sur les trapèzes ou sous les pieds - d'où l'intérêt d'avoir des électrodes lavables - ne sont pas désagréables.

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Mais le plus efficace à mon sens, ce sont les programmes de type récupération après un effort. Sur les mollets après un trajet à vélo, le « massage sportif » est un régal ! Le seul hic, c'est qu'il va falloir disposer d'un peu de temps, notamment pour les membres qui vont par paire comme les mollets, précisément. En effet, un programme de récupération peut facilement durer 20 à 30 minutes, donc 40 à 60 minutes au total. Notez qu'il est tout de même possible d'agir sur deux membres simultanément, en utilisant les électrodes M.

La question qu'il convient de se poser, c'est : « Qu'apporte le Bluetens par rapport à un kit Sport Elec ? » Je suis allé voir ce que proposait Sport Elec et les réponses qui me viennent sont celles-ci : de l'ergonomie (l'application permet une approche plus conviviale), de la discrétion (les solutions Sport Elec sont encombrantes) et surtout de l'évolutivité (Bluetens ajoute des nouveaux programmes au fil de l'eau). Personnellement, je ne me sens pas du tout concerné par le matériel de Sport Elec, plus orienté culturisme (en tout cas dans mon esprit), alors que cette approche « bien-être » de Bluetens m'interpelle.

Conclusion


Le Bluetens a une réelle utilité (l'électrothérapie n'est pas nouvelle), mais un potentiel qui sera variable selon les personnes. Ce n'est pas que le sujet abordé par la solution Bluetens soit trop particulier - qui n'a jamais de courbatures, de stress ou de douleurs musculaires ? - mais la méthode proposée exige une implication que tout le monde ne sera pas prêt à fournir.

Par exemple, le massage du mollet après un trajet à vélo du domicile au travail est génial, mais il faut avoir le temps et la volonté de sortir l'appareil, relever le bas de pantalon, coller les électrodes et lancer le programme. Le tout, deux fois, sauf à utiliser des électrodes M. Et encore, les mollets c'est un des cas de figure les plus simples. Quand il s'agit d'aller masser le dos, la pose des électrodes, sans aide extérieure, impose des contorsions vraiment peu commodes.

Ceci étant, pour quelqu'un qui a cette volonté d'entreprendre un travail de fond sur son corps, soit en musculation, soit en soin de douleurs ponctuelles ou chroniques, ou encore dans une quête plus large de quiétude, alors le Bluetens devient un allié précieux. Il est pratique à transporter, autonome, polyvalent et surtout, il fait du bien une fois qu'on a identifié les programmes adaptés à ses maux. Son prix n'est ni excessif, ni donné, tout dépendra ensuite de la cadence à laquelle vous écoulerez les électrodes, c'est-à-dire le consommable. Un allié qui ne vous affranchira cependant pas de consultations médicales (kinésithérapeute ou ostéopathe) en cas de problème avéré.

Je n'attribuerai pas de note au Bluetens, faute d'éléments de comparaison avec d'autres appareils équivalents. Ceci étant, dans le classique rituel des plus et des moins, j'aurais inscrit la simplicité d'utilisation, l'évolutivité, la simulation des différentes sensations de massage et la discrétion en atouts, et peut-être la complexité de pose des électrodes (seul), le coût du consommable à la longue (avec un point d'interrogation) et la quantité parfois excessive des programmes dans les bémols.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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