L’électrique vient de franchir un nouveau cap dans l’Union européenne avec 22,7% des immatriculations neuves depuis janvier. La France et l’Allemagne tirent cette croissance, portées par la hausse des prix des carburants, les aides à l’achat et des modèles enfin plus accessibles.

La bascule est en train de se produire sur le marché automobile européen. Sur les neuf premiers mois de 2026, les voitures 100% électriques devancent les modèles essence sans hybridation dans les immatriculations neuves de l’Union européenne. Selon les chiffres publiés ce 22 octobre par l’Association des constructeurs européens (ACEA), elles représentent 22,7% du marché, contre 16,1% sur la même période de 2025, tandis que l’essence recule à 21,2%.
Un changement de hiérarchie spectaculaire, même si les hybrides non rechargeables restent les voitures les plus achetées, avec 36,3% du marché.
La France et l’Allemagne accélèrent, l’Italie reste à la traîne
L’engouement est particulièrement visible chez les deux poids lourds de l’automobile européenne. En septembre, 41,7% des voitures neuves immatriculées en France étaient électriques, contre 34,6% en Allemagne. À eux deux, les pays représentent plus de la moitié des ventes de véhicules électriques recensées ce mois-là sur les 17 marchés étudiés par New AutoMotive et E-Mobility Europe.
Mais tous les Européens ne roulent pas à la même vitesse. Le Danemark atteint déjà 88,8% de part de marché, tandis que l’Espagne est à 18,2% et l’Italie plafonne à seulement 7,6%. La transition progresse dans la plupart des marchés étudiés, mais les écarts restent quand même considérables.
Carburants chers et batteries moins coûteuses changent la donne
La flambée des prix à la pompe joue évidemment en faveur de l’électrique. Mais elle n’explique pas tout. L’offre s’est considérablement étoffée, les modèles deviennent plus accessibles et les aides publiques continuent de soutenir les ventes.
En France, le leasing social contribue également à cette accélération. Selon l’Avere, ses livraisons ont commencé dès juillet cette année, contre octobre en 2025, ce qui favorise mécaniquement les chiffres de septembre.
Les progrès techniques participent aussi à la baisse des prix. La nouvelle Renault Twingo électrique utilise, par exemple, une batterie LFP de 27,5 kWh, dont les cellules sont directement intégrées au pack. L’association de cette chimie LFP et de l’architecture cell-to-pack permet, selon Renault, de réduire d’environ 20% le coût total de la batterie. La citadine annonce jusqu’à 263 km d’autonomie WLTP.
Tesla domine les ventes, mais les Européens ripostent
Les derniers chiffres de septembre confirment le retour en force de Tesla. Avec 40 971 immatriculations pour le Model Y et 25 057 pour la Model 3, le constructeur américain occupe les deux premières places du classement européen, toutes motorisations confondues, selon les données provisoires de Dataforce.
La concurrence n’est pourtant pas à la traîne. Le Škoda Elroq poursuit sa progression avec 12 129 exemplaires écoulés sur le mois, tandis que les immatriculations de la Renault 5 bondissent de 42% sur un an, à 9 048 unités.
À l’échelle des groupes, Volkswagen conserve d’ailleurs la première place européenne sur le marché du tout-électrique avec des livraisons en hausse de 20% au troisième trimestre.
La voiture électrique n’a donc plus seulement ses performances ou ses arguments écologiques pour convaincre. Face à la flambée des prix à la pompe, elle tient désormais l’un de ses meilleurs arguments commerciaux, celui d’un coût à l’usage bien plus avantageux.