C’est un fait, la galette noire a le vent en poupe. Le marché, toujours très loin de son pic du milieu-fin des années 70, connaît une croissance quasi inaltérable depuis presque 20 ans. Mais plus que la qualité technique du média, c’est avant tout l’objet qui fascine, le vinyle étant l’une des rares reliques matérielles dans un monde 100% numérique. Un objet qui se possède et s’admire, plus qu’il ne se consomme ?

En effet, si 2025 constitue la meilleure année pour les ventes de vinyles aux USA (pays de l’étude) depuis la fin des années 80, cette statistique cache un point intéressant bien qu’assez connu : 50% des utilisateurs ayant acheté des vinyles récemment n’ont pas de platines.
Une croissance non-explosive, mais régulière
Comme chaque année, nous pouvons encore parler de la croissance des ventes de vinyles en 2025. Pour les USA, puisque les chiffres ont été communiqués par le RIAA (Recording Industry Association of America), nous parlons de 46,8 millions d’exemplaires (contre plus de 300 millions à son pic historique), soit une hausse de 9,3 % entre 2024 et 2025, ce qui donne la 19ᵉ année consécutive de progression. Un cap symbolique a même été franchi, puisque ce marché dépasse à présent le milliard de dollars. Une paille par rapport aux 9,5 milliards du streaming musical ? Tout dépend du point de vue.

À l’heure où les ventes d’album sont devenues rares face aux abonnements premium, le microsillon représente la moitié desdites ventes. Posséder un vinyle devient une sorte de réaction à ces plateformes, une manière de posséder une œuvre et non plus de la louer.
Une inconnue subsiste : cette étude ne précise pas si le chiffre compte uniquement la vente de vinyles neufs, ou intègre (même partiellement) également le marché de l’occasion, qui pour beaucoup reste l’âme de ce marché.
Un marché de collectionneurs, plus que d’auditeurs ?
Autre particularité, qui remontait déjà dans une étude de Luminate portant sur 2022 : 50 % des personnes ayant acheté des vinyles dans les 12 derniers mois ne possèderaient pas de platines. En d’autres termes, le vinyle est pour beaucoup un objet de collection, une manière de soutenir ses artistes, ou une façon de posséder physiquement une œuvre. De fait, le marché de la platine a encore de la marge.
Cette tendance n’est pas uniquement américaine, et montre que la mode autour de la galette noire n’a pas une origine audiophile, l’échec du très prometteur mais très éphémère vinyle HD lancé en 2016 (gravé au laser) en est une illustration. Oui, l’écoute est une partie de l’expérience, mais cette expérience vient de la beauté de l’objet, du plaisir de chiner chez le petit disquaire du coin, de contempler une belle pochette, etc. Finalement, les années se suivent et se ressemblent pour le vinyle, et sa belle renaissance n’est sans doute pas terminée.
Source : Statista