Dans le cadre de l'exercice interarmées ORION 2026, le COMCYBER (le Commandement de la cyberdéfense) a déployé pour la première fois une capacité de commandement et de contrôle (C2) de niveau opératif spécifiquement dédiée au domaine électromagnétique. C'est une première : auparavant, la surveillance du cyberespace et celle du champ électromagnétique étaient traitées séparément.

Avec ce déploiement, la France s'entraîne désormais à "maîtriser les champs cyber, informationnels et électromagnétiques", comme l'a formulé le vice-amiral Xavier Royer de Véricourt, commandant du centre expert du commandement interarmées.
Connaître et planifier dans le champ électromagnétique
Le champ électromagnétique regroupe toutes les ondes radio utilisées par les forces armées : communications entre unités, guidage de drones, réseaux radar, liaisons satellites, ou encore GPS. Une prise de contrôle de ce spectre peut donc brouiller l'adversaire, intercepter ses échanges ou rendre ses capteurs aveugles.
La nouveauté d'ORION 2026, c'est qu'une structure C2 de niveau opératif - c'est-à-dire un échelon de commandement intermédiaire entre la stratégie globale et les unités au sol - est désormais chargée de "connaître, analyser et planifier des opérations dans et par le champ électromagnétique'"
Concrètement, un état-major dédié surveille en temps réel les activités électromagnétiques sur le théâtre d'opérations et coordonne des équipements capables de détecter ou de perturber les communications adverses. Jusqu'ici, ces fonctions n'étaient pas coordonnées à ce niveau de commandement.
Le cyber et l'électromagnétique : deux domaines qui convergent
ORION 2026 poursuit deux objectifs : intégrer les effets cyber dans les opérations militaires, et entraîner les forces à "opérer sous stress cyber-électromagnétique". Dans les conflits contemporains, une attaque cyber peut passer par une interférence électromagnétique, et inversement.
Plus de 600 cybercombattants sont mobilisés sur les trois modes d'action du COMCYBER : lutte défensive (LID), offensive (LIO) et d'influence (L2I). Une trentaine d'incidents sont simulés. En juin dernier, nous rapportions que la Communauté cyber des armées s'était renforcée de dix nouvelles unités opérationnelles, avec pour objectif d'optimiser la coordination entre le COMCYBER et les cybercombattants déployés sur le terrain.