Un ancien technicien Enedis a été condamné à rembourser 450 000 euros en début de semaine, pour avoir trafiqué 206 compteurs Linky. Le tribunal de Bordeaux a rendu son verdict, assorti de 18 mois de prison avec sursis.

Un technicien modifiait les compteurs Linky contre rémunération. Enedis a obtenu gain de cause. © Alexandre Boero / Clubic
Un technicien modifiait les compteurs Linky contre rémunération. Enedis a obtenu gain de cause. © Alexandre Boero / Clubic

Le tribunal judiciaire de Bordeaux a tranché une affaire dans laquelle était mis en cause monsieur Eric B, un retraité d'Enedis. Le sexagénaire a été reconnu coupable, lundi 19 janvier, d'avoir bidouillé plus de 200 compteurs Linky, pour alléger les factures de ses « clients ». Le juge l'a condamné à rembourser l'équivalent de trois fois la semaine qu'il a perçu à se livrant à ses méfaits. Retour sur une nouvelle affaire rocambolesque.

Un business (très) lucratif basé sur la modification de compteurs Linky

Comme le rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine, Eric B comparaissait devant le tribunal judiciaire de Bordeaux pour complicité d'escroquerie. Ce retraité d'Enedis s'était reconverti en « docteur des compteurs ». Dans les faits, il intervenait chez des particuliers pour trafiquer les fameux boîtiers verts communicants Linky et leur permettre d'échapper à la réalité de leur consommation électrique. Une activité parallèle bien rodée.

Il a au total modifié 206 compteurs. Et ce n'était pas par philanthropie. En épluchant ses relevés bancaires et ses dépenses, dont quelques notes de restaurant révélatrices, le tribunal a estimé que le technicien à la retraite avait empoché au bas mot 155 000 euros. Un petit pactole constitué intervention après intervention, client après client.

Les manipulations du retraité permettaient de minorer la consommation réelle des foyers concernés parfois de 80%. Forcément impacté, Enedis, qui réclamait initialement 1,2 million d'euros de réparation, dénonçait non seulement le préjudice financier mais aussi les risques électriques inhérents à ces bidouillages sauvages. Quand on touche aux installations électriques sans précaution, le danger n'est jamais loin.

Une condamnation plus clémente que les réquisitions du parquet, Enedis réfléchit à faire appel

Le couperet est tombé le 19 janvier, avec une peine de 18 mois de prison avec sursis pour Eric B, assortie d'amendes et d'une ardoise de 457 538 euros à rembourser à Enedis. S'ajoutent la saisie de 70 000 euros sur ses comptes, la confiscation d'un véhicule utilitaire, d'une voiture personnelle et de la moitié d'un bien immobilier.

Le prévenu peut s'estimer heureux, car le verdict auraitpu être pire. Le parquet réclamait en effet deux ans de prison avec sursis et la confiscation totale de son patrimoine immobilier, évalué autour du million d'euros. Le tribunal a choisi la modération. Maître Lucie Teynié, l'avocate de la défense, affirme que le nombre de faits retenus a été divisé par trois par rapport aux poursuites initiales. Surtout, la famille garde sa maison familiale.

Du côté d'Enedis, on reste relativement soulagé. Eric Van Der Vliet, directeur territorial à Bordeaux au sein du distributeur, voit dans ce jugement un avertissement clair pour tous les fraudeurs potentiels. Trafiquer son compteur, c'est s'exposer à une convocation de police, un passage devant le tribunal, une condamnation et des remboursements conséquents. Enedis ne compte pas en rester là et envisage de faire appel pour augmenter les montants. L'entreprise poursuit également les clients qui ont bénéficié de l'escroquerie.