Elle a explosé, en 2001.
Elle a redémarré autour de 2010, avec l’avènement des plateformes de vidéos, puis de réseaux “sociaux”, puis de streaming… Ensuite une autre est arrivée avec les cryptos, et une troisième plus récemment avec l’IA.
L’intérêt de la chose pour les industriels et les financiers est de concentrer les plus d’argent possible dans un minimum de mains possibles, afin que les projets qu’ils considèrent comme “dissidents” ne puissent plus être alimentés (ou le moins possible).
C’est comme les trois~quatre meilleures équipes de foot qui concentrent à elles seules quasi-tous les meilleurs joueurs de la planète tout en étant dans l’incapacité de tous les faire jouer en même temps. Le but non avoué : qu’aucun de ces joueurs ne puissent être au service de la concurrence. Et ça marche ! D’ailleurs, personne ne s’en plaint, ou si peu.
Spoilers
Ces industriels ont tous leur propre projet sociétal, le seul clairement visible étant celui d’un certain Elon : fasciste (pour le dire gentiment), suprémaciste, ségrégationniste, paternaliste (il est issu d’une famille qui a de très bonnes dispositions de ce côté là : son grand-père d’abord puis son père ; ce dernier a d’ailleurs déclaré n’avoir pas appelé son fils “Elon” par hasard). Le retour aux baronnies industrielles du 19è siècle.
Tous ses confrères “tech-bros” ont des objectifs similaires : l’argent, le pouvoir, la domination, la chute des états (libertarianisme ; bien qu’ayant des choses en commun, les libertariens ne sont pas des libertaires).
Pourquoi le “Muskounet” demande des avances financières considérables qu’il “vend” à gros renforts de promesses et de menaces ? Pour se payer des entreprises clés, ou au minimum des participations bien placées avec droits de décisions, pour développer son projet global. Ses confrères font pareil mais plus discrètement. Jeff Bezos a d’ailleurs une devise : « lentement mais férocement ». Et les gens de la Heritage Foundation préfèrent rester dans l’ombre. Même Google avait une devise : « Don’t be Evil ». Aujourd’hui, on pourrait ajouter : « Be worst ».
En France, on en a aussi quelques-uns. Deux se montrent clairement avec des projets identitaires et catholiques : Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin, dont les achats de médias confirment leurs directions politiques via leurs choix éditoriaux. À travers ces actions, ils ont le pouvoir d’orienter une part de l’électorat dans leur direction. D’autres “capitaines d’industrie” français sont plus discrets (Rodolphe Saadé, Xavier Niel, …) mais ils sont très nombreux à flirter plus ou moins avec le libertarianisme et le paternalisme.
Tous les outils (y compris la démocratie) ont un côté intéressant et utile et un autre gentiment dangereux. Tout est de savoir ce qu’on fait avec quoi.
D'ailleurs, en parlant de démocratie...
Il ne faut pas confondre vote blanc et abstention :
- L’abstention c’est « faites ce que vous voulez, moi j’en fous ».
- Le vote blanc c’est « je fais l’effort d’examiner vos propositions ET d’aller voter pour vous demander, à travers une feuille blanche, de me proposer autre chose que vos programmes que je considère non satisfaisants ».
Ce n’est pas un hasard si le vote blanc n’est toujours pas pris en compte. Un exemple : le second tour de la présidentielle, où seuls restent lice les deux candidats arrivés en tête du premier tour :
- En cas de victoire à 51% contre 49% (des résultats aussi serrés sont arrivés plusieurs fois), le vainqueur est considéré comme “légitime”, ayant reçu une majorité absolue. Les votes autres (blancs et nuls) ne sont pas pris en compte.
- Comptez dans le résultat final 5% de votes blancs officiellement pris en compte (aux dernières législatives, mon secteur a totalisé 2,8% de votes blancs, pourtant pas pris en compte), vous retirez mécaniquement 2,5% à chaque candidat. La victoire est donc à 48,5% contre 46,5%… Une majorité, certes, mais pas absolue. La légitimité devient discutable.
- Je rappelle que de parler de légitimité en se basant sur les scores au premier tour est idiot : les scores de TOUS les candidats sont faibles et pas plus légitimes les uns que les autres !
- Et, non, les abstentionnistes ont choisi de ne pas participer, ils ne sont donc pas considérés. C’est leur choix.
- L’abstention au Parlement et au Sénat est différente : c’est une posture politique et stratégique : elle permet de faire passer ou de refuser des textes sans avoir la charge d’assumer le choix auprès de ses électeurs.
On comprend pourquoi les politiques ne veulent pas entendre parler d’une réelle prise en compte du vote blanc : ils ont trop à perdre.
Au passage, vous croyez encore que la Révolution Française a été faite par le peuple pour se libérer lui-même ? Non, c’est la bourgeoisie d’affaires et de commerce qui a compris l’opportunité de faire tomber le pouvoir royaliste et aristocrate en utilisant le peuple, alors prêt à tout, pour faire le coup de main. Ça fonctionné et on y est toujours.
N’empêche, je n’ai aucunement envie de revenir à une monarchie “de droit divin” et officiellement népotiste, pas plus que je n’ai l’envie de me retrouver au service des baronnies industrielles type 19è siècle. On se fait déjà assez chier avec les oligarques et autres courtisans mais ça fait partie de l’Être Humain (tout comme le culte du chef qui reste majoritaire, quoi qu’on en dise, qu’on aime … ou pas ; et que les libertariens adorent, du moment que le chef c’est eux)…
(Pardon, je me suis lâché, très loin d’AMD et de ses Ryzen)
