Stadia, Shadow, GeForce Now : le grand dossier du cloud gaming en France

Pierre Crochart
Spécialiste smartphone & gaming
01 mai 2019 à 18h30
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Shadow cloud computing test
Crédits : Blade

Le service de la start-up française Blade occupe une place un peu particulière dans notre comparatif en cela qu'il ne s'agit pas d'une plate-forme de cloud gaming à proprement parler. Pourtant, Shadow a su séduire de nombreux joueurs qui le préfèrent à des solutions concurrentes.

Shadow : qu'est-ce que c'est ?

Shadow (lire le test complet) est un service de cloud computing français lancé en 2015 et depuis quelques mois aux États-Unis. Blade, la société éditrice de la solution, met à disposition un véritable ordinateur dans le nuage grâce auquel on peut faire absolument tout ce que l'on veut. Naviguer sur Internet, tâches bureautiques, montage vidéo, création graphique, et bien entendu jouer.

Un service de Desktop as a Service donc, qui offre à ses abonnés une plus grande polyvalence que les plates-formes de cloud gaming que nous abordions jusqu'à présent.

Accessible sur PC, Mac, iOS, Android et Linux, le client Shadow peut aussi s'accompagner de la Shadow Ghost : un boîtier permettant d'y brancher ses périphériques et moniteurs si vous ne disposez déjà d'un ordinateur.

Le bureau de Shadow est accessible sans problème à partir de 2 Mb/s. Mais pour jouer dans de bonnes conditions, la start-up recommande une connexion Internet d'au moins 15 Mb/s.

Shadow : combien ça coûte ?

Shadow est le service le plus cher de ce comparatif, et de loin. Un coup prohibitif, à mettre sur le compte de l'essence même du produit, qui ne saurait se limiter à du jeu dans le nuage.

Blade propose deux formules d'abonnement pour son Shadow. La première, sans engagement, vous coûtera 39, 95€ par mois. Si vous décidez de souscrire à un engagement de 12 mois, la facture s'allège à 29,95€ par mois.

Shadow cloud computing test
Crédits : Blade

Notez que dans un cas comme dans l'autre, Shadow offre 30 jours d'essai sans engagement pour vous faire une idée sur la qualité du service, et se propose de vous rappeler l'échéance de votre offre trois jours avant son terme. Plutôt fair-play.

Les avantages de Shadow

Nous en parlions plus haut : Shadow n'est pas qu'un service de jeu dans le cloud. Ce véritable "PC Gamer à télécharger", comme le clame Shadow sur sa page d'accueil, vous permet finalement d'obtenir un vrai ordinateur dans le cloud, sans avoir à vous encombrer d'une tour énorme ou de racheter un ordinateur portable.

Idéal pour recycler un laptop vieillissant, Shadow vous permet en outre de bénéficier d'un matériel évolutif. Les abonnés ont ainsi eu droit à une mise à jour de la carte graphique qui leur était dédiée l'an passé, en troquant la GTX 1070 pour une GTX 1080. Une carte graphique haut de gamme, couplée à quatre coeurs d'un processeur Xeon et à 12 Go de RAM : soit un joli attirail technique pour vous permettre de jouer (ou de faire quoi que ce soit d'autre) dans les meilleures conditions possible.

Aussi, comme dans le cas de GeForce Now, Shadow vous fait profiter de sa fibre optique à 1 Gb/s lorsque vous utilisez son service. Télécharger et installer vos logiciels n'aura sans doute jamais été aussi rapide, quel que soit le terminal que vous utilisez.

On applaudit aussi la présence d'un mode privilégiant l'encodage du flux vidéo en H.265 permettant aux joueurs à petite connexion de profiter malgré tout de leurs titres favoris.

Les inconvénients de Shadow

Très vite, néanmoins, se posera le problème du stockage. Dans l'offre de base, seuls 256 Go de stockage hybride vous est alloué. Un rapide passage dans votre espace client vous permet d'augmenter la limite à 1 To, mais cela vous coûtera 3,95€ supplémentaire chaque mois. Un impôt que l'on accepte de payer de bon coeur au vu du confort qu'il octroie, mais qui fait s'alourdir une facture déjà bien salée.

Seconde ombre au tableau : la relative instabilité de l'infrastructure. Si l'input lag est imperceptible pour un oeil non entrainé, nous avons été confrontés pendant nos tests à quelques lags et autres effets de stuttering aussi intempestifs qu'imprévisibles. Rien de gênant sur les jeux solo, mais dérangeant dans les jeux en ligne compétitifs !

Enfin, les utilisateurs les plus pointilleux pourront pester contre le partage des ressources du processeur entre plusieurs utilisateurs. En effet le CPU Xeon dont nous parlions plus haut voit ses performances réparties sur plusieurs machines. En d'autres termes : seule une partie de sa puissance vous est réellement dédiée. Cela s'est révélé suffisant lors de nos tests sur des jeux, mais pourrait alourdir certaines tâches de création sur des logiciels plus gourmands par exemple.

Shadow : l'avis de Clubic

Shadow est un produit mûr, qui a beaucoup appris de ses erreurs depuis son lancement il y a quatre ans. La solution de Blade fonctionne très bien, et répond à une grande variété d'usages avec brio.

Idéal pour réhabiliter une machine vieillissante, ou pour les joueurs occasionnels ayant envie de se faire un petit plaisir, Shadow est un service parfaitement instinctif qui nous fait souvent oublier que la machine avec lequel on interagit ne se trouve pas réellement sous nos yeux.

D'un autre côté, on ne peut qu'en remettre une couche sur le côté particulièrement onéreux du service (grosso modo le prix d'un abonnement Internet), et sur la relative inconstance de la stabilité du réseau sur les jeux en ligne. Mais pour un service proposé sans engagement, et donc fatalement voué à voir vivoter sa base d'abonnés, Shadow tient là une véritable perle qui fait exactement ce qu'on lui demande. Cocorico.
Modifié le 11/06/2019 à 14h13
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