Après eBay et HP, Symantec se scinde en deux (màj)

Thomas Pontiroli
10 octobre 2014 à 08h33
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L'antivirus Norton pâtit du déclin des ventes de PC et souffre de la comparaison avec les solutions de backup, plus rentables pour leur éditeur, Symantec, qui pourrait choisir de les séparer en deux sociétés.

L'heure est aux scissions de grandes entreprises high-tech. Bloomberg rapporte des informations de sources proches du dossier selon lesquelles Symantec pourrait se séparer en deux entreprises. L'une dévolue à son métier historique, la sécurité. L'autre, au stockage des données. « La société est engagée dans des discussions avancées », écrit l'agence, selon laquelle une annonce officielle sera faite dans quelques semaines.



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L'éditeur de sécurité souffre du déclin des livraisons de PC, qui signifie pour lui une baisse de recettes pour ses antivirus. Au dernier trimestre, les ventes de licences ont chuté de 16% sur un an, confirmant le manque de perspective de croissance dans ce domaine. Ce constat, effectué il y a plus d'un an, avait contraint l'entreprise à se réorganiser en mai 2013 en supprimant des postes de cadre pour fluidifier les décisions.

Changement de tête



En mars de cette année, c'est finalement Steve Bennett, le PDG, qui a été poussé vers la sortie par le conseil d'administration - c'est le deuxième patron à se faire évincer en moins de deux ans. Le nouveau responsable de Symantec, Michael Brown, a été officialisé à la fin du mois dernier. Il soutient l'idée de la scission.

Symantec voudrait émanciper ses activités d'archivage et de stockage. Leur avantage : les marges restent confortables comparé aux antivirus, ces solutions ne sont pas dépendantes d'un ordinateur fixe et enfin, elles surfent entièrement sur la mode du stockage dans le cloud, popularisé par Google, Box et d'autres. Au printemps 2013 déjà, c'est cette division qui comptait le plus dans le chiffre d'affaires de l'éditeur américain.

Privilégier la rentabilité



Au dernier trimestre, Symantec afirmait vouloir tourner le plus gros de ses investissements vers les applications de backup, mais aussi le mobile et la prévention de perte des données. Michael Brown se félicitait que les outils d'archivage Trust Services enregistraient de solides revenus, tirant la croissance.

Tout comme HP en 2011 - qui a annoncé lundi 6 octobre, séparer ses activités PC et imprimantes de ses serveurs et services aux entreprises -, Symantec explore la piste de la scission depuis plusieurs années, ajoute l'agence. Acquéreur en 2005 du spécialiste du stockage Veritas Software pour 10 milliards de dollars, Symantec aurait depuis ce temps hésité à isoler cette activité au sein d'une entreprise lui étant dédiée.

Mais comme pour HP et eBay - qui a annoncé son divorce avec PayPal fin septembre -, la différence de rentabilité entre une activité et l'autre, combinée à la pression des actionnaires, pourraient être décisifs.





Mise à jour le 10/10/2014 à 08h33

L'éditeur de sécurité confirme sa stratégie de scission. Symantec sera donc divisé en deux sociétés distinctes. La première restera chargée des traditionnelles solutions de sécurité, la seconde de la gestion des données pour l'IT.

Quant à Michael Brown, il conservera son poste à la tête de la société. La scission devrait être finalisée d'ici la fin 2015.

Publication initiale le 08/10/2014 à 08h52
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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