Spam, SMS, ping call, scam : le fléau des arnaques téléphoniques et comment s'en protéger

21 janvier 2016 à 11h38
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Qui n'a jamais été victime d'appels téléphoniques ou de SMS frauduleux ? Toute personne munie d'un téléphone portable y est malheureusement confrontée à un moment ou à un autre. Les escrocs redoublent d'imagination et emploient des techniques de plus en plus élaborées pour inciter les abonnés à rappeler des numéros surtaxés. Un business juteux qui existe depuis plusieurs années, mais qui tend à s'amplifier ces derniers mois.

D'après la Fédération Française des Télécoms (FFT), les victimes des arnaques téléphoniques se comptent par milliers chaque année en France. Pour l'heure, les différentes mesures prises par les autorités pour lutter contre le spam téléphonique ne sont pas parvenues à endiguer ce phénomène. Fin octobre 2015, la police nationale a publié un communiqué pour alerter les consommateurs sur la recrudescence de ces arnaques ces derniers mois.

Sur les mobiles, ces attaques de masse se présentent le plus souvent sous la forme d'appels en absence ou de textos : les spams vocaux ou ping call (appel à rebond en français) et les spams SMS. Par le biais de prétextes quelconques, ces messages vocaux ou textuels vous exhortent à rappeler un numéro surtaxé pouvant coûter jusqu'à 3 euros l'appel et 80 centimes la minute. Pour ne pas susciter la méfiance, les escrocs passent désormais leurs appels depuis des numéros en 01, 02, 03, etc. plutôt que des 0899 connus pour être surtaxés.

Tout comme les portables, les lignes fixes font également l'objet d'appels en absence intempestifs et de ce qu'on appelle des « scam » : des appels de faux conseillers ou agents techniques visant à extorquer les données confidentielles des abonnés. Que font les opérateurs pour lutter contre ce phénomène ? Qui se cache derrière ces pratiques frauduleuses ? Comment identifier et se prémunir de ces arnaques ? Voici quelques éléments de réponse...

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Que font les opérateurs ?

Des milliers de victimes de spams téléphoniques se voient contraintes de régler chaque mois une somme plus ou moins importante à leur... opérateur. De quoi exaspérer de nombreux consommateurs qui n'ont pas d'autres choix que celui de payer. Nous avons contacté les principaux opérateurs français Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free pour savoir ce qu'ils font pour lutter contre ce phénomène et protéger leurs clients. Mais visiblement le sujet dérange... Aucun d'entre eux n'a souhaité s'exprimer, à l'exception de SFR. L'opérateur au carré rouge reconnaît que le phénomène s'est accru au fil des années avec le développement des services surtaxés qui se voient détournés par une poignée d'acteurs peu scrupuleux. « La législation a dû évoluer et continue d'évoluer pour faire face à ce phénomène et pour permettre aux opérateurs de boucle locale de lutter efficacement et légalement contre cette pratique » déclare SFR.

En dehors de quelques recommandations sur leur site Internet, les opérateurs qui perçoivent une commission sur chaque appel frauduleux semblent peu préoccupés par la situation. Ils estiment que les spams téléphoniques constituent une problématique commune à tous les opérateurs. C'est d'ailleurs à la demande du gouvernement que Bouygues Telecom, Orange et SFR ont fondé en 2008 la plateforme antispam « 33 700 » gérée par l'AFMM (Association Française du Multimédia Mobile). Celle-ci permet aux clients de signaler les numéros des spams SMS et vocaux qu'ils reçoivent. Pour signaler un spam vocal, il suffit d'envoyer un SMS au 33 700 en saisissant « spamvocal » suivi du numéro. La procédure pour les spams SMS nécessite de transférer dans un premier temps le message tel quel, puis dans un second temps, le numéro sans aucun commentaire. Le service est gratuit pour les clients des trois opérateurs précités et au tarif en vigueur pour les autres.

Rien que pour l'année 2013, 1,2 million de spams SMS et 700 000 spams vocaux y ont été signalés. La plate-forme, qui vient d'être complètement refondue, délivre de nombreux conseils pour identifier et se prémunir des spams, et fournit notamment de nombreux exemples d'attaques en cours. L'ARCEP (L'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes) vient par ailleurs d'imposer aux opérateurs et aux éditeurs de services de mettre en place un annuaire inversé des numéros SVA (Services à Valeur Ajoutée) commençant par 08 et suivi de 8 chiffres.

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Lancé le 1er octobre 2015, ce service baptisé SVA+ permet de savoir combien coûte un numéro et à qui il appartient en effectuant une recherche sur infosva. La plupart des opérateurs proposent des applications antispam notamment pour Android, à l'instar de SFR Anti-spam+. Compatible avec tous les opérateurs, cette application est censée bloquer les numéros commençant par 0899 ainsi que les spams SMS et vocaux incitant à rappeler un numéro surtaxé et renvoyer les appels anonymes sur la boite vocale. À l'usage, ces applications ne tiennent pas toujours complètement leurs promesses, car des appels et des SMS frauduleux n'ayant pas encore été signalés parviennent parfois à passer. Pour gagner en efficacité, elles intègrent une fonction qui permet aux utilisateurs de signaler très facilement leurs numéros sur le service 33 700.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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