VPN gratuit ou VPN payant, la différence ne se joue pas seulement sur le prix. Données limitées, serveurs restreints, débits en retrait, modèle économique parfois flou… la gratuité a presque toujours une contrepartie.

On trouve aujourd’hui un très large choix de services VPN sur Internet. Bien que la plupart des fournisseurs VPN de confiance imposent de souscrire un abonnement payant pour accéder à l’ensemble de leur parc de serveurs, de leurs fonctions de sécurité et de leurs options de confidentialité, on peut être tenté de se tourner vers des services gratuits.
Toutefois, face aux scandales réguliers de collecte abusive et de commercialisation des données privées par des fournisseurs peu scrupuleux, peut-on réellement faire confiance à un VPN gratuit pour protéger ses informations personnelles et préserver une partie de sa confidentialité en ligne ?
Pourquoi choisir un VPN payant plutôt qu’un VPN gratuit ?
Si, aujourd’hui, les meilleures offres VPN sont accessibles après souscription d’un abonnement payant, ce n’est pas sans raison. Acquérir, étendre, améliorer et mettre à jour régulièrement un réseau de serveurs VPN coûte beaucoup d’argent. On parle bien évidemment des frais de maintenance imputés aux serveurs VPN en tant que tels, mais également de la rémunération de l’ensemble des équipes techniques, commerciales ou support qui maintiennent le service à flot, lui permettent d’évoluer sur un marché dense et garantissent la qualité des fonctionnalités proposées.
Il va sans dire qu’un abonnement VPN payant peut vite représenter un budget. Les prix varient fortement selon les fournisseurs, les formules, la durée d’engagement et les promotions en cours, mais les abonnements mensuels hors réduction dépassent souvent la dizaine d’euros chez les acteurs les plus connus. Les tarifs baissent en général pour les abonnements longue durée, parfois de manière très forte, ce qui rend les comparaisons plus délicates qu’il n’y paraît.
Considérant les prix parfois élevés pratiqués par des entreprises VPN installées depuis longtemps sur le marché, de nombreux utilisateurs et utilisatrices préfèrent sacrifier une partie de la qualité du service fourni, comme le nombre de serveurs disponibles, la réactivité de l’assistance technique, la vitesse de connexion ou la quantité de données utilisables, au profit de la gratuité.
Or, il ne faut pas oublier que lorsque vous utilisez un VPN, vos requêtes transitent par l’infrastructure du fournisseur choisi. Adresse IP, dates et heures de connexion, volume de données échangé, informations de compte en cas d’inscription obligatoire, autant d’éléments qui peuvent entrer dans le champ de ce que le service est techniquement capable de voir ou de journaliser. Si vous vous tournez vers un fournisseur VPN gratuit, gardez donc à l’esprit que la gratuité doit toujours être expliquée. Certains services freemium financent leur offre gratuite grâce aux abonnements payants. D’autres reposent sur la publicité, la collecte de données, des partenariats peu clairs ou des pratiques plus discutables.
Nous avons rapidement évoqué les possibles limites de fonctionnalités, de vitesse et de bande passante, mais il faut aussi penser aux dysfonctionnements, aux failles d’infrastructure rarement corrigées, aux politiques de confidentialité floues, ou encore à la collecte, au stockage, au traitement et à la revente de données privées par le fournisseur VPN lui-même.
Il est donc important d’opter pour un fournisseur VPN et un réseau de serveurs de confiance afin de limiter les risques de compromission de ses données privées, plus encore si l’on décide de se tourner vers un outil gratuit.

VPN gratuit : un service partiellement limité
Quand on utilise un VPN gratuit, on est parfois limité en quantité de bande passante. Il s’agit de la quantité totale de données que vous pouvez transférer via les serveurs du VPN lors de l’utilisation du service. Cette limite varie fortement d’un fournisseur à l’autre. TunnelBear propose par exemple 2 Go de données par mois sur son offre gratuite. Hide.me et Windscribe montent à 10 Go mensuels. Proton VPN, de son côté, ne limite pas la quantité de données sur son offre gratuite, mais restreint d’autres paramètres du service.
Une fois cette limite dépassée, lorsque le fournisseur en applique une, le service VPN peut se bloquer, réduire les débits ou inviter l’utilisateur à souscrire une offre payante pour poursuivre dans de meilleures conditions.
Au-delà de la quantité de données, il est également important de prendre en compte la vitesse de téléchargement desdites données. Un VPN gratuit limite bien souvent l’accès au service à un nombre de pays et de serveurs restreints. Ainsi, le forfait gratuit de Proton VPN donne désormais accès à des serveurs gratuits dans une sélection de pays, mais ne permet pas le même niveau de choix et de contrôle que l’abonnement payant. Chez d’autres fournisseurs, il faut parfois se contenter d’un seul pays ou d’une sélection très réduite d’emplacements.
Outre le fait qu’il soit donc plus difficile de masquer son IP derrière un pays virtuel précisément choisi, ces limites d’accès au réseau de serveurs VPN engendrent régulièrement une baisse des débits. En cause, la surcharge des serveurs gratuits sur lesquels se retrouvent l’ensemble des utilisateurs et utilisatrices ayant opté pour un forfait gratuit. Il arrive également que les fournisseurs brident eux-mêmes la vitesse de connexion, afin de réserver les meilleures performances aux abonnements payants.
Enfin, en plus de ces restrictions de transferts de données, d’accès aux serveurs VPN et de vitesse de connexion, certains VPN gratuits imposent des limites techniques. Dans ce cas, les utilisateurs doivent faire une croix sur un certain nombre de fonctionnalités spécifiques, comme les serveurs optimisés pour le streaming, le P2P, le jeu en ligne, le multi-hop, l’IP dédiée ou la prise en charge de plusieurs appareils connectés en même temps.
VPN gratuit, illimité et sécurisé : le mouton à cinq pattes
Nous l’avons vu, trouver un VPN gratuit ne pose pas de difficulté majeure mais impose presque toujours de faire des concessions sur les options disponibles.
En revanche, mettre la main sur un service VPN gratuit, illimité, rapide, fiable, sans publicité, sans collecte de données et correctement maintenu relève d’un pari beaucoup plus risqué au regard de la sécurité et de l’intégrité des données privées. L’adage est certes galvaudé, mais il garde ici une part de vérité : si un service gratuit ne dit pas clairement comment il se finance, il faut chercher où se trouve la contrepartie.
Comme expliqué ci-dessus, un VPN gratuit pour l’utilisateur ne l’est jamais pour le fournisseur. Développer et maintenir un réseau de serveurs VPN coûte de l’argent, tant en frais techniques qu’en dépenses salariales. Pour continuer à proposer un service gratuit aussi complet que possible, certains fournisseurs font le choix du modèle freemium et financent l’offre gratuite grâce aux abonnements payants. D’autres monétisent davantage l’attention, la publicité, les données techniques ou les usages.
Méfiez-vous donc systématiquement des offres VPN trop alléchantes qui semblent donner satisfaction en tous points. Pensez, par ailleurs, à toujours lire les conditions générales d’utilisation et la politique de confidentialité des VPN en apparence complets et performants afin de prendre connaissance de leur stratégie concernant la collecte, le traitement et l’éventuelle revente des données privées ou des journaux d’activité. C’est également l’occasion de contrôler la juridiction dont dépend le VPN et de vérifier quelles obligations légales peuvent s’appliquer à l’entreprise.
Attention aux services VPN gratuits malveillants
Au cours de la rédaction et de la mise à jour de nos contenus VPN, nous avons été amenés à consulter et tester de nombreux services gratuits. Plusieurs d’entre eux se sont révélés problématiques pour la sécurité et l’intégrité des données personnelles, en particulier lorsqu’ils étaient édités par des entreprises peu identifiables, très opaques sur leur modèle économique ou installées dans des juridictions peu protectrices.
On tombe également régulièrement sur de fausses applications VPN ou sur des services malveillants, capables d’injecter de la publicité agressive, d’intégrer des traqueurs, voire de déposer des composants indésirables sur le système en vue de siphonner des données personnelles directement sur le PC ou le smartphone.
Enfin, une troisième catégorie de VPN à fuir se détache du lot : celle des services insuffisamment sécurisés, compromettant malgré eux les données personnelles et de navigation des utilisateurs. Faible niveau de chiffrement, protocoles obsolètes, absence de kill switch, fuites DNS, proxys déguisés en VPN complets, les signaux d’alerte ne manquent pas.
L'offre d'essai gratuit pour profiter d'un VPN payant
ous l’aurez compris, pour préserver la sécurité de vos données personnelles tout en profitant d’une expérience utilisateur optimale, mieux vaut se tourner vers des VPN payants ou, à défaut, vers des offres gratuites clairement encadrées par des fournisseurs reconnus.
Certains fournisseurs VPN de confiance proposent des périodes d’essai gratuites pour leurs abonnements payants. Ce type d’offre limitée dans le temps permet de tester l’intégralité des fonctionnalités du VPN, d’accéder à l’ensemble des serveurs disponibles, de profiter d’une vitesse de connexion optimale et de transférer autant de données que nécessaire. Les durées, les conditions d’accès et les modalités d’annulation varient toutefois beaucoup selon les services. Il faut donc les vérifier avant de renseigner un moyen de paiement.
À défaut d’une offre d’essai gratuite au sens littéral du terme, la plupart des VPN fiables payants proposent une politique satisfait ou remboursé, souvent autour de 30 jours. Il faut alors avancer les frais d’abonnement pour la formule souscrite et réclamer un remboursement auprès du service client avant la fin du délai prévu.
L'alternative : payer une fois pour une utilisation VPN à vie
Depuis quelques années maintenant, certains fournisseurs VPN ou plateformes de bons plans mettent en avant des abonnements à vie. Vous payez une fois et profitez du service aussi longtemps que l’offre existe.
Attention, toutefois : ces formules ne garantissent ni le maintien du service VPN dans la durée, ni la qualité future du réseau de serveurs, ni le remboursement de votre achat en cas de cessation d’activité de l’entreprise. Un VPN demande des coûts d’infrastructure constants, des mises à jour régulières et une vraie maintenance technique. Un paiement unique finance mal un service censé durer plusieurs années.
Veillez donc à choisir un service VPN sérieux et fiable si vous souscrivez ce type de forfait, et gardez en tête qu’il s’agit davantage d’un pari que d’une garantie durable.
À quel VPN gratuit et (presque) illimité faire confiance ?
Au regard des problèmes de sécurité et de confidentialité soulevés dans le paragraphe précédent, impossible de conseiller un VPN gratuit et illimité sans prendre le risque de passer sous silence les contreparties du modèle.
En revanche, sans transiger sur la sécurité des données personnelles, nous pouvons vous aiguiller dans le choix d’un VPN de confiance gratuit ou presque illimité. Comme évoqué plus haut, ces solutions impliquent nécessairement des limites en fonctionnalités, réseau de serveurs ou performances. C’est le prix à payer pour utiliser un service gratuit dont le modèle économique reste compréhensible.
Parmi les fournisseurs VPN vraiment gratuits les plus recommandables, vous pourrez notamment trouver votre bonheur avec :
- Proton VPN : basé en Suisse, le fournisseur VPN ne limite pas la quantité de données téléchargées dans son offre gratuite. En revanche, le service gratuit reste plus restreint que la version payante, notamment sur le choix des serveurs, les fonctions avancées et le nombre d’appareils utilisables en même temps.
- Hide.me : basé en Malaisie, le fournisseur limite les transferts de données à 10 Go par mois dans son offre gratuite et ne prend en charge qu’un seul appareil à la fois. Les fonctionnalités restent assez généreuses pour une version gratuite, mais les performances sont nettement moins convaincantes que sur l’abonnement payant, avec des débits parfois poussifs dès que l’on sort d’un usage très basique.
- Windscribe : basé au Canada, le forfait gratuit du VPN propose 10 Go de transferts de données par mois avec une adresse mail confirmée. C’est suffisant pour une navigation régulière, mais trop peu pour un usage intensif, du streaming ou de gros téléchargements.
- TunnelBear : basé au Canada, le service VPN gratuit limite la quantité de données transférées à 2 Go par mois. C’est suffisant pour tester le service ou sécuriser quelques connexions ponctuelles, mais trop peu pour espérer l’utiliser comme VPN principal au quotidien.
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