Avis sur TunnelBear : que vaut le VPN à la mascotte d’ours ?

24 novembre 2020 à 16h36
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Racheté par le spécialiste américain de la cybersécurité McAfee en 2019, TunnelBear est un fournisseur VPN basé au Canada. Relativement peu connu en France, ce service qui s’adresse essentiellement aux novices se distingue par une simplicité d’utilisation poussée à l’extrême et une sécurité renforcée. Comme HMA, la société met en avant sa mascotte et une bonne dose d’humour via son site web pour séduire les internautes.

Avis TunnelBear VPN
  • Simplicité d'utilisation
  • Politique de confidentialité transparente
  • Accès Netflix USA
  • Version Android optimisée
  • Stabilité de la connexion
  • Absence de nombreuses fonctionnalités
  • Performances moyennes
  • Couverture multiplateforme limitée
  • Support client décevant
  • Torrenting impossible

Fondé en 2011 à Toronto au Canada, TunnelBear est l’un des rares services VPN sérieux à proposer une offre gratuite comprenant 500 Mo de données par mois. Le fournisseur qui revendique plus de 21 millions d’utilisateurs propose également des formules payantes illimitées dont ils vantent les mérites à travers une mascotte de Grizzly omniprésente. L’un de ses principaux arguments est d’avoir fait auditer son service à plusieurs reprises par des sociétés indépendantes. Il n’hésite d’ailleurs pas à marteler sur son site web qu’il est le seul VPN au monde à avoir entrepris cette démarche. Une déclaration inexacte, car de nombreux autres VPN font régulièrement appel à des cabinets d'audit de sécurité.

Pour le reste, le service de TunnelBear possède une approche radicalement différente des autres services VPN. Le fournisseur emploie un ton humoristique pour présenter uniquement les principes de base d’un VPN et ses avantages. Il met également en avant un haut niveau de cryptage et une politique de non-journalisation stricte. Une promesse à moitiée tenue, car si le fournisseur n'enregistre pas de journal d'activité sur ses utilisateurs, il collecte en revanche des informations dites opérationnelles.

Infrastructure

Malgré son rachat par le géant McAfee, l’infrastructure de TunnelBear demeure vraiment très modeste. Habituellement, on a pour coutume de dire qu’une grande infrastructure n’est pas un gage de performances accrues, mais avec seulement 23 emplacements dans le monde, TunnelBear est loin de pouvoir rivaliser avec les ténors du marché. Le service couvre tout de même les destinations parmi les plus recherchées sur quatre continents, dont les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Finlande, la Suisse, Singapour, le Japon, ou encore l’Australie. En raison de nouvelles réglementations sur la sécurité imposées par la Chine, le fournisseur a récemment fermé son emplacement à Hong-kong.

Celui-ci a été remplacé par un nouveau serveur basé en Argentine. Contrairement à d’autres VPN, il n’y a pas de serveurs spécifiquement dédiés au Peer To Peer ou à l’accès à des services de streaming bloqués géographiquement. À condition qu’ils soient suffisamment rapides, tous les serveurs de TunnelBear peuvent potentiellement servir à contourner des plateformes de contenus géobloquées telles que Netflix, Dysney + ou Prime Video. Impossible en revanche de télécharger des torrents, quel que soit le serveur utilisé.

Couverture multiplateforme et connexions simultanées

Le fournisseur ne se démarque pas vraiment par sa couverture multiplateforme. Il se contente de prendre en charge les plateformes les plus populaires (Windows, macOS, Android, et iOS), ainsi que les navigateurs Chrome, Firefox et Opera. Les utilisateurs les plus exigeants passeront donc leur chemin. Le VPN ne fournit aucune application ni aucun tutoriel que cela soit pour Linux, les box TV (Android TV, Amazon FireTV, Apple TV…), les consoles de jeux, les smart TV, les Chromebooks, ou encore les routeurs.

Bien qu’il soit très simple à utiliser, le service ne propose aucune documentation en Français. En cas de difficultés, il dispose d’une FAQ en ligne avec quelques tutoriels basiques uniquement en anglais. Avec les clients disponibles, TunnelBear autorise jusqu’à 5 connexions simultanées contre 6 pour NordVPN, 7 pour CyberGhost, 10 pour PIA, ou illimitées pour Surfshark.

Sécurité et confidentialité

Comme la plupart des VPN modernes, TunnelBear utilise le cryptage AES-256 de haut niveau. Pour rappel, cette technologie génère des clés 256 bits qui permettent de masquer l’adresse IP d’origine, mélanger le trafic avec celui des autres utilisateurs, et chiffrer les communications entre les serveurs VPN et l’ordinateur. Le VPN intègre également une fonctionnalité « Kill Switch » baptisée « VigilantBear » chargée de bloquer le trafic Internet au cas où la connexion décroche. Plus étonnant sur un VPN destiné au débutant, il propose une fonction de double VPN. Appelée « GhostBear », elle permet de faire transiter la connexion non pas par un, mais par deux serveurs VPN simultanément (ex. : France et Royaume-Uni, Espagne et Brésil, etc.). Disponible uniquement sur Android, la fonction « SplitBear » offre la possibilité d’exclure telles ou telles applications de la protection VPN.

Basé au Canada, TunnelBear fait partie de l’Alliance Five Eyes qui comprend également les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Les gouvernements respectifs de ces pays se sont entendus de longue date pour surveiller les activités en ligne de leurs citoyens et partager au besoin leurs informations. Malgré cela, le fournisseur assure pratiquer une politique de non-journalisation qu’il détaille très précisément sur son site (en anglais uniquement). En résumé, il explique qu’il ne collecte pas les adresses IP, les requêtes DNS ou encore les activités en ligne (applications utilisées, sites web visités…) de ses utilisateurs lorsqu’ils se connectent à son service.

Par contre, il enregistre des données opérationnelles telles que le système d'exploitation, la version de l'application TunnelBear, ou encore le temps passé mois par mois sur son service et la bande passante utilisée. Même si l’enregistrement de ces données ne peut pas permettre d’identifier les utilisateurs ou de savoir ce qu’ils ont fait en ligne, le fournisseur n’offre pas un niveau de confidentialité maximal. On ne peut toutefois que saluer sa transparence sur ce point, d’autant que TunnelBear fait appel chaque année à des spécialistes indépendants pour auditer son service sous toutes les coutures.

Les utilisateurs peuvent en outre obtenir via un formulaire en ligne une copie des données qu’il recueille. Pour cela, il suffit de se rendre sur son compte TunnelBear en ligne et de cliquer sur l’onglet « Privacy » puis sur « Download a copy of your data » (télécharger une copie de vos données en français) et enfin « Continue » pour recevoir un rapport par email du fournisseur. Les paiements par PayPal sont autorisés, mais le service n’accepte pas les cryptomonnaies.

Interface et fonctionnalités

L’interface de TunnelBear est sans nul doute l’une des plus dépouillées et simples du marché. La page d’accueil se présente sous la forme d’une carte géographique du monde permettant de visualiser les différents emplacements disponibles. En cliquant sur l’une des localisations représentées par un petit pot jaune, un ours surgit et grogne pour avertir l’utilisateur que le VPN est connecté. Il est également possible de cliquer sur le menu déroulant (en haut à gauche de la page d’accueil) pour visualiser la liste des destinations et s’y connecter.

Le service ne donne absolument aucune information relative à l’adresse IP du VPN, la distance du serveur, ou encore son taux d’occupation. L’icône en forme de trois petits traits horizontaux permet d’accéder au menu des « Paramètres ». Outre les fonctions de sécurité VigilantBear et GhostBear précitées, l’onglet « Réseaux de confiance » permet de définir des réseaux de confiance afin que le VPN se désactive lorsqu’on s’y connecte.

Il peut s’agir d’un réseau domestique ou d’entreprise que l’on considère comme suffisamment fiable pour ne pas avoir à activer le VPN. Lorsque cette fonction est activée, le service se reconnecte automatiquement sur tous les autres réseaux Wi-Fi. Comme son nom l’indique, le dernier onglet « Compte Utilisateur » du menu des « Paramètres » comprend des liens pour accéder à la console de gestion web ou le support en ligne. L’interface web offre uniquement la possibilité de visualiser son historique de facturation, et de demander une copie des données récoltées par le fournisseur. L’accès aux différentes applications est rattaché au site du fournisseur. Difficile de faire moins…

L’application mobile (Android et iOS) affiche un look quasi identique à celui du client pour PC. Particulièrement pauvre, la version iOS dispose uniquement de la fonction de sécurité « Réseaux de confiance ». Celle-ci fait l’impasse sur le Kill Switch ainsi que le double VPN. Pour le reste il est possible de choisir parmi différentes icônes d’ours, de désactiver le grognement audio qui s’active à chaque connexion du VPN, ou encore d’accéder au support et des tutoriels en anglais.

Application TunneBear iOS

La version Android est beaucoup mieux lotie. Elle intègre toutes les fonctions de sécurité de la version bureau (GhostBear, VigilantBear, Réseaux de confiance…) avec en prime le « SplitBear » permettant d’exclure les applications de son choix de la protection VPN. À l’usage, l’interface simpliste du VPN se révèle plus intuitive et agréable à utiliser sur mobile que sur grand écran. Une app noté 4,3/5 sur le Play Store.

Application TunneBear Android

Accès aux services de streaming et de téléchargements P2P/torrents

L’accès aux services de streaming et de TV géobloqués constitue l’un des principaux arguments de vente des fournisseurs VPN. TunnelBear ne déroge pas à cette règle, même s’il reste assez discret sur ce sujet. Lors de nos différents tests, nous avons pu accéder sans aucun problème aux catalogues de Netflix que cela soit au Canada, aux États-Unis ou encore au Royaume-Uni. De même, le VPN parvient à contourner sans sourciller les blocages de HBO, YouTube, Disney + ou encore Pandora aux États-Unis. Malgré les performances moyennes du VPN, nous n’avons eu aucun mal à lancer des vidéos en haute définition sur une connexion en fibre optique. Le fournisseur a vraisemblablement fait de gros efforts ces derniers temps pour optimiser ses serveurs au pays de l’Oncle Sam.

HBO USA
BBC iPlayer Royaume-Uni

Sans surprise, Amazon Prime Video a systématiquement repéré le VPN et bloqué l’accès à ses contenus en affichant son message d’erreur : « Votre appareil est connecté à Internet par l’intermédiaire d’un proxy. » Il ne nous a même pas été possible d’accéder au catalogue français avec le VPN en utilisant notre compte français ! Même constat lorsqu’on a tenté de se connecter sur BBC iPlayer via le serveur basé au Royaume-Uni du VPN. À chaque tentative, le service TV a détecté le VPN et indiqué que ses contenus n’étaient pas disponibles dans notre région. Soulignons également que les téléchargements de torrents sont proscrits sur TunnelBear. Des limites et des lacunes à prendre en compte avant de s’engager avec le service canadien.

Netflix USA
Amazon Prime Video France

Performances

TunnelBear qui possède l’une des plus petites infrastructures du marché ne communique pas le nombre de serveurs qu’il possède dans le monde. À titre de comparaison, il compte seulement 23 emplacements, contre 59 pour NordVPN (5 514 serveurs), 90 pour CyberGhost (6 591) ou encore 98 pour ExpressVPN (3 000). Comme en témoignent les tests réalisés avec l’outil de mesure de référence Speedtest sur une connexion en fibre optique, le VPN canadien n’est pas vraiment de taille à pouvoir rivaliser avec les ténors du marché.

  • Rappelons que le PING permet de mesurer (en millisecondes) le temps réalisé par des paquets de données pour faire l’aller-retour entre un terminal et le réseau Internet. Plus il est faible, plus la connexion réseau est bonne. Concernant les débits descendants (download) et ascendants (upload), plus ils sont élevés, plus la connexion Internet est rapide.
Sans VPN
Etats-Unis
Australie
France
Canada
Japon

Outre les importants, mais inévitables, écarts de PING entre certaines destinations, les résultats sont très moyens. En sélectionnant le serveur français, on constate une perte de vitesse d’environ 50 % par rapport à la connexion d’origine (Sans VPN). Les résultats montrent que le service concentre surtout ses efforts aux États-Unis où les performances sont plus élevées que dans les autres localisations éloignées. Que cela soit au Royaume-Uni, au Japon, ou en Australie, les niveaux de vitesse de connexion sont les plus faibles que nous avons relevés cette année sur un VPN.

Malgré ces performances, le VPN permet de surfer confortablement sur le web et même accéder à des plateformes de streaming géobloquées sur une connexion en fibre optique. Pas sur en revanche que le service soit satisfaisant sur une connexion ADSL ou un réseau Wi-Fi peu performant. Pour terminer sur une note positive, TunnelBear a le mérite d’offrir une connexion très stable.

Support technique

Le fournisseur propose un support technique exclusivement en anglais accessible 24h/24 et 7j/7 via un live chat animé par un chatbot (agent conversationnel virtuel). À l’usage, celui-ci ne répond pas vraiment aux questions qu’on lui pose et ne sert donc pas à grand-chose. Un système de ticket permet d’envoyer une demande en anglais à l’assistance technique (Paramètres/Compte utilisateur/Aide) censée répondre sous 24 heures. En pratique, le service nous a répondu effectivement 24 heures plus tard, mais pour nous annoncer qu’une réponse sous 72 heures nous serait faite… Celle-ci s'est avérée in fine peu pertinente. Décevant pour un service VPN qui s'adresse aux novices.

Tarifs

Si certains VPN compensent leur manque de performances et de fonctionnalités par rapport à la concurrence en cassant les prix, ce n’est pas le cas de TunnelBear. Le fournisseur canadien affiche un tarif mensuel de 9,99 $ aussi élevé que les meilleurs VPN du marché. Fort heureusement, les tarifs des plans à long terme sont un peu plus attractifs. L’abonnement annuel revient à 4,99 $/mois, soit 59,88 $ payable en une seule fois, ou à 3,33 $/mois sur 3 ans (120 $).

Pour comparaison, des acteurs tels que NordVPN et Surfshark proposent respectivement des formules à 4,92 $/mois sur 1 an et 2,49 $ sur 2 ans. Aucune période d’essai n’est disponible pour les formules payantes, mais il est possible d’utiliser la version gratuite limitée à 500 Mo/mois pour tester le service.

Faut-il craquer pour TunnelBear ?

La version gratuite qui fait la popularité de TunnelBear demeure l’une des plus sérieuses du marché. C’est sans aucun doute un excellent moyen pour le fournisseur de promouvoir ses offres payantes, mais celles-ci se révèlent assez limitées. En dehors de sa simplicité d’utilisation, TunnelBear a peu d’arguments à faire valoir à l’heure actuelle par rapport à la concurrence. Le service peut surtout convenir à des utilisateurs débutants peu regardants sur les performances et les fonctionnalités.

Pour l’heure, le rachat du géant de la cybersécurité McAfee ne semble pas avoir porté ses fruits. Difficile de conseiller TunnelBear face à une concurrence qui multiplie les innovations et qui propose des tarifs plus attractifs…

TunnelBear VPN

5

Sans être un "mauvais" VPN, TunnelBear comporte trop de lacunes pour être concurrentiel. Doté de seulement 23 emplacements, ses performances ne sont pas à la hauteur de celles des principaux VPN du marché. Le service qui cible essentiellement les débutants devra faire mieux pour convaincre.

Les plus

  • Simplicité d'utilisation
  • Politique de confidentialité transparente
  • Accès Netflix USA
  • Version Android optimisée
  • Stabilité de la connexion

Les moins

  • Absence de nombreuses fonctionnalités
  • Performances moyennes
  • Couverture multiplateforme limitée
  • Support client décevant
  • Torrenting impossible
Modifié le 25/11/2020 à 16h23

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