Les néobanques se démocratisent, mais ne gagnent pas (encore) d'argent

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Le 11 octobre 2018
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Les banques en ligne sont apparues dans le paysage financier depuis plusieurs années, et côtoient désormais les réseaux bancaires dits « traditionnels ». L'engouement rencontré par les néobanques leur permet de se démocratiser... mais leur modèle économique reste encore fragile.

L'ACPR - l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution - a mené une étude sur les modèles d'affaires des néobanques.

6,5% des français clients des banques en ligne

On y apprend notamment que 6,5% des français sont aujourd'hui clients des banques en ligne, et surtout un tiers des conquêtes client ont été réalisées par ces nouveaux acteurs en 2017. La performance de ces néobanques sur le plan commercial est donc excellente, car du statut de solution complémentaire et confidentielle, les banques en ligne émergent comme réponse pour le grand public.

Une conquête liée notamment au fait que certaines de ces banques sont des filiales de grands groupes, qui leur apportent une assise financière mais également des outils de promotion puissants. C'est le cas par exemple avec BforBank (groupe Crédit Agricole), Boursorama (groupe Société Générale) et Fortuneo (groupe Crédit Mutuel).


Un modèle économique en construction

L'étude menée par l'APCR s'attarde sur le modèle de rémunération des banques en ligne. Ainsi, on y apprend que « les incertitudes restent nombreuses quant à la capacité des nouveaux acteurs bancaires à construire un modèle d'affaires rentable ». Avec la concurrence du secteur bancaire traditionnel qui a retrouvé des couleurs et a entamé sa transformation numérique, les banques en ligne doivent se défendre. Et elles ne sont que très peu à dégager des résultats positifs.

Le revenu net moyen par client est de 138 € pour les banques en ligne. Cela s'explique notamment par le fort pourcentage de clients inactifs (14 %) et le faible taux de clients qui choisissent la banque en ligne comme banque principale (seulement 23 %). De plus, on apprend que les dépenses en service clientèle et marketing sont plus importantes dans les établissements en ligne, et que les offres commerciales de bienvenue viennent plomber les marges.

Le rapport précise que de nombreux établissements sont encore en phase de lancement ou de croissance, et que la moitié d'entre eux vise la rentabilité à l'horizon 2020. Pourtant, le marché français est déjà très bien occupé. La croissance peut-elle y être suffisante pour améliorer les performances financières ?

Le rapport complet de 19 pages est à télécharger sur le site de l'ACPR : étude sur les modèles d'affaires des banques en ligne et des néobanques.
Modifié le 10/10/2018 à 17h47
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