Virtualisation au quotidien : 3 solutions en test

Stéphane Ruscher
Spécialiste informatique
13 octobre 2006 à 09h54
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Un système peut en cacher un autre

Pour faire tourner des applications spécifiques, maintenir une compatibilité ascendante avec d'autres ordinateurs utilisant un système d'exploitation plus ancien, pour tester une application ou un site web sur un autre système ou tout simplement par curiosité, l'intérêt de faire cohabiter deux systèmes d'exploitation (ou plus) sur la même machine est évident. Plateforme commune oblige, Linux et Windows sont les deux exemples les plus évidents. Dans nos articles précédents, nous avons abordé les Live CD, distributions Linux ne nécessitant aucune installation, puis l'art de faire cohabiter Windows et Linux en « dual boot », c'est à dire sur deux partitions ou deux disques, avec une partition commune permettant d'échanger les fichiers. C'est désormais possible sur les Mac équipés de Processeurs Intel, pour lesquels fournit Bootcamp, un logiciel permettant d'installer Windows XP aux côtés de Mac OS X et de choisir entre les deux systèmes au démarrage.

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Trois systèmes : plusieurs possibilités de cohabitation

Il existe pourtant une autre voie, qui consiste à faire tourner, à l'intérieur même d'un système d'exploitation, un autre système sur une machine virtuelle, comme s'il s'agissait d'un PC « physique ». Une, ou plusieurs, d'ailleurs puisque tel est l'intérêt de cette solution : au sein d'un même environnement, il est possible de créer autant de machines virtuelles que les performances de votre système le permettent. On parle alors d'émulation ou de virtualisation, deux concepts partant de la même idée, mais utilisant des méthodes assez différentes.

Les logiciels permettant de faire tourner un autre système d'exploitation sur une même machine ne sont pas nouveaux. L'émulation a longtemps été l'apanage des nostalgiques de l'ère des ordinateurs 8 ou 16 bits, mais d'autres éditeurs ont vite compris l'intérêt de faire fonctionner plusieurs systèmes sur le même ordinateur dans un but plus « productif ». Ainsi, Virtual PC, créé par Connectix en 1998 et racheté depuis par Microsoft, permet de faire tourner Windows sur Mac OS depuis longtemps. Néanmoins, ces solutions d'émulation ont leurs limites : un émulateur reproduit de manière logicielle toute l'architecture d'une machine différente. Elle demande donc énormément de ressources puisqu'il lui faut assez de puissance pour faire tourner de manière fluide un système basé sur une architecture complètement différente, sans pour autant pénaliser le système d'exploitation lui même. Ce n'est certes pas un problème pour émuler un Commodore 64 ou un Atari ST, mais ça le devient pour faire fonctionner correctement Windows XP sur un Mac équipé d'un processeur PowerPC. Conséquence de cela, VirtualPC a toujours été « réputé » pour ses performances laborieuses.

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La virtualisation, quant à elle, utilise l'architecture de la machine et permet donc des performances nettement supérieures, puisque le système n'a pas à mobiliser d'importantes ressources pour reproduire le fonctionnement d'une autre architecture : il utilise directement les cycles disponibles du processeur et une partie du matériel, notamment la connexion réseau ou (parfois) les périphériques USB. Les besoins sont tout de même conséquents, notamment en mémoire vive, mais les performances sont sans commune mesure avec ce que propose l'émulation. La version Windows de VirtualPC, ainsi que d'autres solutions que nous allons découvrir, utilisent cette technologie de partage des ressources et s'avèrent de plus en plus intéressantes à mesure que la puissance des processeurs augmente.
Modifié le 20/09/2018 à 15h38
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