Gen, la maison mère de Norton et d’Avast, a lancé en bêta l’AI Data Checker. À partir d’une adresse e-mail, l’outil retrouve les services d’IA que vous utilisez et note la façon dont ils traitent vos données.

L’éditeur des solutions antivirus explique que près d’un utilisateur d’ordinateur sur trois interagit déjà avec des services d’IA agentique, des assistants capables d’agir à notre place pour acheter, préparer un voyage ou gérer ses finances. Reste à savoir ce que ces outils font des données auxquelles ils ont accès.
15 questions, une lettre : comment Gen note la confidentialité des IA
Il suffit de saisir son adresse e-mail ou son nom d’utilisateur. L'outil affiche alors les applications d’IA liées à cet identifiant, ainsi que des comptes hors IA où des informations personnelles ont pu être partagées. Chaque service a son rapport sur la collecte des données, l’usage pour l'entraînement des LLM, le temps de conservation de ces données et la présence de réglages de confidentialité. Notons que pour lancer la recherche, il est nécessaire de confirmer avoir 18 ans ou plus et prendre connaissance de la notice de confidentialité de Gen.
Gen explique vouloir simplifier les recherches pour les utilisateurs et notamment leur éviter d’avoir à lire de longues politiques de confidentialité. Pour établir ses notes, l’entreprise analyse la politique de confidentialité et les conditions d’utilisation de chaque application. Elle répond ensuite à 15 questions. Chacune des réponses cite précisément le texte, que Gen dit vérifier mot pour mot. Il en résulte une lettre de A+ à F. Une application sans politique de confidentialité reçoit d’office un F. Pour les assistants capables d’acheter, de réserver ou d’envoyer des messages, 10 % de la note porte sur la sécurité, et notamment le comportement du chatbot face aux sites potentiellement dangereux.

Sur la page d’accueil, chaque application affiche aussi un niveau de risque. ChatGPT est en risque moyen, avec la mention d’une publicité personnalisée possible sur les offres Free et Go. Claude et Gemini sont en risque faible, même si l’outil précise qu’ils s’entraînent par défaut sur les données des utilisateurs. L’entraînement n’est donc pas le seul critère retenu. Notons qu’ironiquement l'outil de Gen s’appuie lui-même sur l’IA, qu’il peut se tromper et que ses rapports sont à vérifier.
L’AI Data Checker est le dernier outil de l’Agent Trust Hub, lancé en février par Gen. Celui-ci compte aussi un VPN pour agents et Sage, une couche de sécurité accessible via Norton AI Agent Protection. Cette dernière a été lancée en bêta dans Norton 360. Elle s’intercale entre l'agent et ce qu’il veut faire, laisse passer une action normale, bloque une action dangereuse et demande une validation humaine en cas de doute.
Reste que dans les faits, Gen nous demande de saisir notre adresse email pour opérer une vérification. Côté confidentialité, l’éditeur antivirus affirme ne pas vendre les données personnelles. L’adresse e-mail saisie est conservée en clair sur les serveurs, séparément des données de l’analyse. En revanche, les durées de conservation restent vagues. Les résultats sont supprimés après une durée limitée, sans délai précis. Une connexion Gmail facultative permet de chercher, sur deux ans, les e-mails envoyés par des applications connues. Gen n’en lit que les métadonnées (expéditeur, objet, date), mais Google demande la permission gmail.modify, qui autorise la modification de la boîte. Gen dit ne pas pouvoir demander une lecture seule et compte s’en servir plus tard pour effectuer des demandes de retrait ou de suppression au nom des utilisateurs. L’adresse Gmail connectée est enregistrée sur les serveurs, et l’accès est révoqué à la fin du scan. La politique de confidentialité cite aussi plusieurs prestataires, dont xAI pour analyser les politiques des applications. La politique de confidentialité ne précise pas si des données quittent l’Union européenne.