World, la société cofondée par Sam Altman, lance World ID for Zoom. L'outil affiche un badge sur la vignette d'un participant dont l'"humanité" a été vérifiée (oui, on en est là). Il est proposé aux clients professionnels de Zoom via la Zoom Marketplace.

World, de Sam Altman, veut protéger les réunions Zoom grâce au scan de l’iris
World, de Sam Altman, veut protéger les réunions Zoom grâce au scan de l’iris

Nous sommes arrivés à un stade où voir un visage en visioconférence ne garantit plus que la personne est celle qu'elle prétend être. Selon une enquête Gartner de septembre 2025, 62% des responsables cybersécurité interrogés avaient vu leur organisation subir une attaque par deepfake (une vidéo ou une voix truquée par IA) l'année précédente.

Trois images à faire concorder pour décrocher le badge

Nous rapportions en octobre 2024 que World, anciennement Worldcoin, dévoilait son Orb 2.0 et un service baptisé World ID Deep Faces contre les deepfakes en ligne. Deux ans plus tard, elle s'attaque aux réunions Zoom. Bain Capital, OpenExchange, Outtake, Pantera Capital et VanEck Funds font partie des premiers partenaires.

Tout part de l'Orb, l'appareil de World qui scanne l'iris. Chacun peut y obtenir une "Proof of Human", une preuve d'humanité. Il peut être installé au bureau ou apporté à domicile. Son image est signée cryptographiquement, un peu comme un sceau numérique, ce qui empêche de la modifier, affirme World. Le participant relie ensuite son World ID à son compte Zoom. Pendant une réunion, une notification arrive sur son téléphone et il prend un selfie dans l'application. Ce contrôle permet donc qu'une personne bien vivante est devant l'appareil. Trois images sont alors comparées : celle de l'Orb, le selfie et le flux vidéo que voient les autres invités. Si elles concordent, le badge s'affiche pour tous.

World insiste sur la différence avec la détection classique. Celle-ci analyse les images pour deviner si elles sont truquées. Résultat, une course entre faussaires et détecteurs, où un seul faux non repéré peut coûter cher. Ici, on compare à une référence signée. L'intégration repose sur les Realtime Media Streams de Zoom, une interface donnant accès au flux vidéo en direct. Elle tourne sur AWS et n'analyse que la vidéo, pas l'audio ni les transcriptions. la validité du badge est fixée par les organisateurs. Par la suite, la vérification s'effectuera au sein d'une salle d'attente virtuelle.

Reste la vie privée. Selon heise, World affirme chiffrer l'identité des personnes scannées, si bien que l'entreprise ne peut pas la lire. Tiago Sada, directeur produit, explique que le protocole de World ID repose sur du code open source. Les concurrents peuvent donc le reprendre à leur compte. Pour décentraliser et chiffrer les données, il s’appuie sur la blockchain, un registre numérique partagé. Plusieurs banques et prestataires financiers déploient aussi l'outil, sans passer systématiquement par l'iris. L'application propose trois niveaux. Le premier vérifie un document officiel, le deuxième demande un selfie, le troisième, la Proof of Human, passe par l'Orb. C'est donc celui qu'utilise Zoom.