Des jeux Nintendo Switch commencent à fonctionner sur Xbox Series X grâce à un émulateur expérimental. Une prouesse rendue possible par le mode développeur de Microsoft, qui accueille déjà plusieurs grands noms de l’émulation.

Voir Super Mario Odyssey démarrer sur une Xbox Series X a quelque chose d’assez savoureux. C’est ce que montrent une vidéo et plusieurs captures relayées par Windows Central. Quelques semaines après les premières démonstrations d’un émulateur PlayStation 5 sur la console de Microsoft, c'est donc au tour de Nintendo de s’inviter à la fête.

Derrière cette nouvelle expérience se trouverait un portage d’Eden, un émulateur Switch déjà connu des joueurs PC. Le projet demeure toutefois expérimental et ses performances demandent encore à être vérifiées.

Une Xbox en mode développeur pour accueillir Mario

Les premières images montrent Super Mario Odyssey, Super Mario Bros. Wonder et Metroid Prime 4: Beyond démarrer sur Xbox Series X. Une étape encourageante, même si des visuels ne suffisent pas à garantir que ces jeux fonctionnent correctement du début à la fin.

Pour réaliser cette petite prouesse, les développeurs exploitent le mode développeur de la console. Officiellement prévu par Microsoft pour tester des applications, il permet aussi d’exécuter des programmes non distribués sur le Xbox Store, notamment sous la forme d’applications UWP.

Pour tenter l’expérience chez soi, il faut donc basculer en mode développeur et quitter l’environnement dans lequel on lance habituellement ses jeux Xbox. Le projet reste toutefois peu documenté, notamment sur la manière d’accéder à l’émulateur et de l’utiliser.

Microsoft Xbox Series X
  • La rétrocompatibilité au top
  • Le Quick Resume, difficile de revenir en arrière
  • Taillée pour l'avenir (HDMI 2.1, dolby vision/atmos, VRR)
9 / 10

La PS5 avait déjà ouvert la voie

L’arrivée d’un émulateur Switch intervient peu après celle de PS5X, un portage expérimental de KytyPS5 réalisé par Devran Cosmo Uenal.

Ce dernier avait notamment réussi à lancer GEX Trilogy, Hellboy: Web of Wyrd, Marvel Cosmic Invasion et Quake II. Dans cette première démonstration, les performances étaient encore modestes avec environ 25 à 45 images par seconde sur certaines séquences de Quake II et des passages sous les 20 images par seconde.

L'un des obstacles tient aux différences entre les interfaces graphiques. Les émulateurs conçus pour exploiter Vulkan sur PC doivent être adaptés à DirectX 12 sur Xbox, ce qui complique considérablement leur portage.

Sony PlayStation 5 Slim
Sony PlayStation 5 Slim
  • Une PS5 plus compacte, plus légère
  • Le repositionnement du bouton Eject
  • Un SSD de 1 To (822 Go d’espace disponible au déballage)
Sony PlayStation 5
  • La DualSense qui pourrait changer la donne si les jeux l'exploitent
  • L'interface efficace tout en étant belle et futuriste
  • Une console très silencieuse et bien refroidie
9  / 10
Sony PlayStation 5 Pro
  • Améliorations graphiques significatives
  • Technologie PSSR efficace quand bien implémentée
  • Efficacité énergétique
8  / 10

De RetroArch à Dolphin, la Xbox accueille déjà les légendes de l’émulation

La console de Microsoft n’a pourtant pas attendu les projets Switch et PS5 pour faire le bonheur des amateurs de rétrogaming. RetroArch permet depuis longtemps de retrouver de nombreuses anciennes machines grâce à ses différents cœurs d’émulation. Dolphin s’occupe des jeux GameCube et Wii, tandis que PPSSPP redonne vie au catalogue de la PSP. Les amateurs de PlayStation 2 connaissent également XBSX2, adaptation de PCSX2 pour Xbox.

Ces émulateurs fonctionnent déjà sur Xbox Series X|S en mode développeur avec une maturité très variable selon les machines et les jeux. L’émulation elle-même n’est pas illégale, mais cela n’autorise pas pour autant à télécharger librement les jeux commerciaux, les BIOS ou les clés de chiffrement nécessaires à certains systèmes. La Switch représente aujourd’hui une étape supplémentaire avec des jeux bien plus récents et des contraintes techniques autrement plus exigeantes.

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À quoi sert le mode développeur (Dev Mode) sur Xbox Series X|S, et pourquoi facilite-t-il l’émulation ?

Le mode développeur est un environnement séparé du mode « retail » (celui des jeux du Xbox Store) qui sert à tester et déployer des applications sans passer par la chaîne de validation grand public. Il autorise l’exécution de logiciels installés manuellement, ce qui rend possible le lancement d’émulateurs non distribués sur le store. En contrepartie, l’accès demande une activation spécifique et l’expérience n’est pas pensée pour un usage « plug and play ». Techniquement, ce mode expose un cadre plus proche du développement Windows, avec des restrictions et des API différentes de celles utilisées par les jeux Xbox classiques.

Qu’est-ce que le format UWP (Universal Windows Platform) et quel lien avec les émulateurs sur Xbox ?

UWP est un modèle d’applications Windows conçu pour fonctionner sur plusieurs appareils Microsoft (PC, Xbox, etc.) avec un même socle d’API. Sur Xbox, beaucoup d’outils et d’émulateurs en mode développeur sont empaquetés en UWP parce que c’est la voie la plus directe pour exécuter une app « type Windows » sur la console. L’approche impose un bac à sable (sandbox) avec des limites d’accès aux ressources, ce qui peut brider certaines optimisations bas niveau. Résultat : porter un émulateur en UWP est souvent plus simple à démarrer, mais pas forcément idéal pour atteindre des performances maximales.

Pourquoi adapter un émulateur de Vulkan vers DirectX 12 est-il compliqué ?

Vulkan et DirectX 12 sont deux API graphiques bas niveau qui donnent un contrôle fin du GPU, mais avec des concepts, outils et comportements qui ne se recouvrent pas parfaitement. Un émulateur moderne s’appuie souvent sur des shaders, une gestion mémoire et des synchronisations très spécifiques à l’API ciblée, ce qui rend un « simple switch » impossible. Sur Xbox, l’environnement favorise DirectX, donc un projet pensé pour Vulkan sur PC doit réécrire sa couche graphique ou passer par une translation coûteuse. Ces écarts se traduisent vite par des bugs de rendu, des crashes ou une chute de performances, surtout sur des jeux récents très exigeants.