Malgré les progrès des détecteurs, il est toujours difficile de savoir si un texte a été rédigé par une IA. SlopTotal adopte une méthode prudente : il soumet le contenu à 23 détecteurs différents et affiche leurs résultats séparément. Un fonctionnement qui permet de repérer les désaccords plutôt que de transformer un simple pourcentage en verdict définitif.

Les détecteurs d'IA présentent tous des limites : leurs résultats dépendent notamment du texte analysé, de sa longueur et de la méthode employée. Un contenu court, très formel ou légèrement retouché peut ainsi compliquer leur travail. SlopTotal combine plusieurs approches de détection et publie également les résultats de ses propres évaluations pour permettre aux utilisateurs de mieux interpréter les scores obtenus.

Sloptotal, ce sont 23 moteurs au service de la détection d'IA ! © SpaceX
Sloptotal, ce sont 23 moteurs au service de la détection d'IA ! © SpaceX

23 analyses pour voir quand les détecteurs ne sont pas d’accord

Il suffit de coller un texte, de renseigner l'URL d'une page Web ou d'importer un document pour lancer l'analyse. SlopTotal mobilise 23 moteurs répartis en trois catégories : 9 classifieurs neuronaux, 7 tests statistiques et 7 analyses linguistiques. Certains s'appuient sur des modèles entraînés à distinguer les textes humains des contenus générés par IA, tandis que d'autres examinent notamment la perplexité, la structure des phrases ou différents marqueurs linguistiques.

Chaque moteur fournit son propre résultat, que SlopTotal rassemble ensuite pour produire un score global. Celui-ci ne correspond pas à une simple moyenne des 23 analyses : le service utilise un modèle de calibration qui combine leurs résultats en tenant compte de leurs performances mesurées.

L'intérêt réside surtout dans la possibilité d'examiner les désaccords. Un même texte peut être fortement signalé par certains moteurs et considéré comme humain par d'autres. Plutôt que de masquer ces écarts derrière un chiffre unique, SlopTotal permet de consulter les résultats individuels et de mieux comprendre les incertitudes de la détection.

Le service est accessible gratuitement, sans création de compte et sans limite d'analyses annoncée pour le moment.

SlopTotal
  • Vingt-trois moteurs de détection
  • Analyse de textes et URL
  • Gratuit, open source et auto-hébergeable

Des tests publics pour mesurer les performances et les erreurs

SlopTotal ne se contente pas de réunir plusieurs détecteurs : son développeur publie également les résultats de ses propres évaluations. Son benchmark, baptisé SlopBench, comprend 3 252 textes, répartis à parts égales entre contenus humains et textes générés par 14 modèles d'intelligence artificielle.

Parmi les contenus humains figurent notamment 87 passages littéraires publiés entre 1532 et 1915. Leur présence permet d'évaluer les risques de faux positifs, notamment lorsque les détecteurs rencontrent des styles d'écriture anciens ou inhabituels.

Sur ce jeu de tests, le développeur annonce un taux de faux positifs de 1,7 % au seuil « Likely AI », mais seulement 67 % des textes générés par IA sont détectés à ce même seuil. Autrement dit, le système cherche à limiter les accusations injustifiées, quitte à laisser passer une partie des contenus artificiels. Ces chiffres proviennent toutefois des évaluations du projet lui-même et ne garantissent pas des performances identiques dans toutes les situations.

Le projet est open source et peut être auto-hébergé, ce qui permet d'analyser des textes localement sans les transmettre au service en ligne. L'installation depuis les sources nécessite Python 3.10 au minimum, environ 2 Go d'espace pour les modèles et au moins 4 Go de mémoire vive. Une installation via Docker est également proposée, sans nécessiter de carte graphique dédiée.

SlopTotal reste néanmoins un outil d'aide à l'analyse, pas une solution capable de prouver qu'un texte a été généré par une IA. Les résultats sont notamment moins fiables sur les contenus très courts ou réécrits par un humain. La langue constitue également un facteur important : le français est pris en charge, mais les performances peuvent varier selon les langues et les types de contenus.

Pour un enseignant, un recruteur ou un éditeur, les 23 analyses constituent donc avant tout un point de départ pour examiner un texte. Même lorsque plusieurs détecteurs s'accordent, leur verdict ne saurait suffire, à lui seul, à établir l'origine d'un contenu.