L'annonce a duré à peine 20 secondes hier lors de la WWDC, et pourtant, elle pourrait radicalement changer la donne pour Safari. Apple a peut-être trouvé le moyen d'enfin faire de l'ombre aux autres navigateurs Web.

Apple vient de trouver comment rivaliser avec Chrome : vibe coder vos extensions pour Safari ©Unsplash
Apple vient de trouver comment rivaliser avec Chrome : vibe coder vos extensions pour Safari ©Unsplash

Apple continue de travailler sur son navigateur Safari et parie sur l'intelligence artificielle pour développer son catalogue d'extensions, avec une approche bien particulière.

Une situation qui perdure depuis trop longtemps

63. C'est le nombre d'extensions disponibles pour le navigateur Safari au sein du Mac App Store à l'heure où nous écrivons ces lignes. Et pourtant, c'est sans doute deux fois plus que l'année dernière. À titre de comparaison, le site chrome-stats.com répertorie 262 566 modules publiés au sein de la plateforme de téléchargement de Google. Et non, cela n'incluait pas les thèmes, ni les applications Web.

Apple a beau encourager les développeurs à porter leurs extensions pour son navigateur maison, rien n'y fait. Il semblerait que quelque chose coince. Pourtant, en février dernier, nous rapportions que le moteur de rendu WebKit de Safari avait largement progressé en matière de compatibilité avec les standards du Web en passant de 43% à 99% de réussite aux tests d'interopérabilité.

Selon StatCounter, l'édition bureau du navigateur web d'Apple n'enregistre que 5,32% de part de marché mondiale. Alors stratégiquement, mieux vaut sans doute se concentrer sur Google Chrome et son taux d'adoption frôlant désormais les 75%.

Aujourd'hui, si vous désirez utiliser Safari tout en bénéficiant d'une panoplie d'extensions, alors il faut se tourner vers Orion. Ce fork de Safari bénéficie de toutes les nouveautés de WebKit mais assure en plus la compatibilité avec les modules de Chrome et de Firefox tout en ajoutant plusieurs autres fonctionnalités visant précisément à moderniser le navigateur d'Apple. Comme quoi, quand on veut, c'est possible.

Mais la firme de Cupertino a autre chose en tête.

Safari extensions

Des extensions sur-mesure taillées pour vos favoris

Beth Dakin, Senior Manager au sein de l'équipe Safari Engineering, a présenté plusieurs nouveautés à venir pour le navigateur d'Apple. Bon, on passera sur la réorganisation automatique des onglets, certes pratique, mais largement adoptée par la concurrence, notamment chez Opera ou Firefox.

La fonctionnalité Notify Me permettra d'être automatiquement prévenu lorsqu'une page web a été modifiée. L'option est plutôt pratique si vous attendez l'ouverture d'une vente exclusive, la mise en ligne de places de concert, le restockage d'un produit particulièrement populaire ou si vous suivez l'évolution du prix d'un article en particulier.

Et puis, il y a la possibilité de vibe coder des extensions via l'Apple Intelligence. Bon, étant donné qu'Apple est toujours en discussion avec les autorités européennes, on ne se fait pas trop d'illusions sur une disponibilité fin septembre. Mais, le concept n'en reste pas moins intéressant.

Il y a quand même peu de chances que Safari finisse par combler l'écart avec Google Chrome en termes de volume. Apple ne semble d'ailleurs plus vouloir jouer sur ce terrain. Plutôt que de tenter de convaincre des développeurs tiers de porter leurs outils sur Safari, l'entreprise retourne le problème : c'est l'utilisateur qui crée ce dont il a besoin, en le décrivant simplement. Pas de code, pas d'attente, pas de validation. L'extension fait exactement ce qu'on lui a demandé, rien de plus.

Soulignons au passage que c'est précisément cette approche que semble avoir en tête l'équipe de SailFish OS pour son écosystème d'applications mobiles face à iOS et Android. D'ici à ce que Microsoft relance Windows Phone en pariant sur le vibe coding… Pardon, je m'égare.

Ce modèle pourrait en plus renforcer les aspects sécuritaires. Chaque semaine, les chercheurs en sécurité découvrent des dizaines d'extensions malveillantes publiées au sein du Chrome Web Store, et ce, malgré les dispositifs de sécurité mis en place par Google. A contrario, une extension générée localement par Apple Intelligence court-circuiterait toute la chaîne traditionnelle. Pas de tiers, pas de logique économique cachée, pas de distribution publique, pas de mise à jour vérolée. Le traitement on-device permet en plus d'éviter que la description et le code produit ne quittent la machine. Et avant d'activer quoi que ce soit, l'utilisateur spécifie exactement sur quels domaines l'extension va agir.

Bref, le concept est malin et c'est sans doute la meilleure chose à faire pour Safari au regard de la situation actuelle. Toutefois, on attend de voir ce que cela donnera en pratique, avant de tirer des conclusions sur une présentation de 20 secondes…